Au centre de l'ouvrage, 20 photos, pour la plupart inédites, mettent des visages sur les noms des Phalansters, de Tai Phong, de Pierre, d'Alter et Ruth, de Robert, de Catherine et de Michael. Toutes sont des photos prises en public, loin des téléobjectifs des paparazzi.
Eric Le Bourhis consacre plus de 30 pages à Pierre Goldman. Sur le moment, cela m'a agacé tant de passionnants ouvrages sur l'histoire de Pierre sont disponibles par ailleurs (pour n'en citer qu'un : Pierre Goldman : le frère de l'ombre, de Michaël Prazan). Son parti pris est cependant de considérer que "Pierre, ce frère de feu (...) lui avait servi de contre-modèle, (...) le miroir inversé du jeune Jean-Jacques, si raisonnable". Selon Eric Le Bourhis, toujours, "si le propos est bien de percer la personnalité énigmatique de Jean-Jacques Goldman, ce triangle psychologique apparaît déterminant : d'un côté, Alter, le père, droit et intègre ; de l'autre, Pierre, ce frère de l'ombre, charismatique, intelligent, mais à la personnalité trouble et au destin sulfureux ; Jean-Jacques enfin, ou la raison silencieuse". J'avais toujours envisagé Robert comme le miroir de Jean-Jacques, mais jamais Pierre comme étant son miroir inversé. C'est effectivement une thèse séduisante. Lionel Giraud, fidèle lecteur de Parler d'sa vie, ajoute une citation d'André Comte-Sponville que je trouve fort pertinente, à propos de la différence entre Pierre et Jean-Jacques : "Nous avions l'utopie sans la morale, ils ont la morale sans l'utopie".
La lecture de "Jean-Jacques Goldman, un homme bien comme il faut", "Le vent de l’histoire" et "Le mystère Goldman" permet d’avoir une vue complète du destin de Jean-Jacques Goldman, depuis l’arrivée en France de ses parents à sa retraite marseillaise, en passant par son enfance et son adolescence, les années Tai Phong et les années succès, les chansons qu’il a écrites pour les autres et les autres qui ont refusé ses chansons quand il n’était pas encore connu. Loin d’être redondants, ces trois livres sont plutôt complémentaires.
Au-delà du récit narratif concernant la vie de Jean-Jacques Goldman et l’analyse de ses choix de carrière, ces trois ouvrages et, plus largement, toutes les biographies consacrées à Jean-Jacques Goldman, partagent un manque : l’interprétation de ses chansons. Car comme il l’a lui-même écrit, "les chansons sont souvent plus belles que ceux qui les chantent".