Minoritaire
- CD EPC 25 089
- K7 40-25089
- LP 28-3P-476
- LP EPC 25 089
- LP PFC 90 976
K7 Les amours cassées
Sony Music 93065 4
CD Les amours cassées
Sony Music 93065 2
45 T
Sony Music 990 607
CD 2 titres
Sony Music 990 605
CD Eric Landman chante Jean-Jacques Goldman
02000EL26E49
1 000 choristes rendent hommage à Jean-Jacques Goldman
05082000
CD Jusqu'au bout de nos rêves...
-
CD Chaque instant
Disques office
CD Les enchaînés
Disques Office DO 65299
livre + cd "Jean-Jacques Goldman : Voyage en guitare"
Hit Diffusion HD/CD 42
Français / Corse
I muvrini et les 500 choristes; Achim Meier
Auteur :
2007_i_muvrini_veiller_tard_300.jpg
Les lueurs immobiles d'un jour qui s'achève
La plainte douloureuse d'un chien qui aboie
Le silence inquiétant qui précède les rêves
Quand le monde a disparu l'on est face à soi
Les frissons où l'amour et l'automne s'emmêlent
Le noir où s'engloutissent notre foi, nos lois
Cette inquiètude sourde qui coule en nos veines
Qui nous saisit même après les plus grandes joies
Ces visages oubliés qui reviennent à la charge
Ces étreintes qu'en rêve on peut vivre cent fois
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Ces paroles enfermées que l'on n'a pas pu dire
Ces regards insistants que l'on n'a pas compris
Ces appels évidents, ces lueurs tardives
Ces morsures aux regrets qui se livrent à la nuit
Ces solitudes dignes au milieu des silences
Ces larmes si paisibles qui coulent inexpliquées
Ces ambitions passées mais auxquelles on repense
Comme un vieux coffre plein de vieux jouets cassés
Ces liens que l'on sécrète et qui joignent les êtres
Ces désirs évadés qui nous feront aimer
Ces raisons-là qui font que nos raisons sont vaines
Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard
Numéro 1 magazine n°4, juillet 1983
Numéro 1 : Dans "Veiller tard", ta plus belle chanson à mon avis, tu ne parais pas spécialement optimiste. Est-elle autobiographique ?
Jean-Jacques Goldman : Oui, je crois effectivement que c'est la mieux écrite des deux albums. Dans cette chanson, c'est un peu le côté désespéré de l'optimisme qui est évoqué. Il y a toujours un moment où le soir arrive, et où l'on se retrouve seul face à soi-même, on le sait. Donc, à la limite, je suis optimiste mais je sais que ça ne sert pas à grand chose. La fin est toujours la même.
Ok Magazine, 1984
Maxime Chavanne : Bon, alors celle que tu préfères, toi, c'est laquelle, en toute franchise ?
Jean-Jacques Goldman : Je crois que la mieux écrite , c'est "Veiller tard". Autrement c'est "Je ne vous parlerai pas d'elle", il me semble.
Christian Page et Dider Varrod, 1987
Jean-Jacques Goldman : Dans cette chanson, c'est un peu le côté désespéré de l'optimisme qui est évoqué. Il y a toujours un moment où le soir arrive et où l'on se retrouve seul face à soi-même... ça on le sait.
Podium, 1991
Marc Thirion : Pourquoi écrire si peu de chansons totalement autobiographiques ?
Jean-Jacques Goldman : Il y en a : "Veiller tard", "Tu manques", "Je ne vous parlerai pas d'elle", si l'on veut bien lire entre les lignes..
RTL, 15-19 novembre 1991
Christophe Nicolas : Ce deuxième album est une mine de tubes. (...) On trouve des chansons comme "Veiller tard", qui deviendra un standard...
Jean-Jacques Goldman : ... Sans avoir jamais été un simple !
Christophe Nicolas : Chanson d'album.
Jean-Jacques Goldman : Ça fait partie de ce genre de chansons que les gens vont chercher et en général, ils ne se trompent pas.
RTL, 5 juillet 2003
Anthony Martin : Autant lorsqu'on écoute "Envole-moi", on se prend ça en pleine figure, mais quand on écoute "Veiller tard", moi je la prends en plein cœur, cette chanson ! On imagine que vous l'avez écrite un soir de blues, il faisait nuit, ça c'est passé comment ?
Jean-Jacques Goldman : Oui c'est ça, il suffit d'être seul un jour et puis tout à coup de regarder par la fenêtre et de voir les autres lumières allumées... Quand on voit les grands ensembles, c'est super impressionnant. Quand il est 3-4 heures du matin, il y en a 4, et l'on se dit que les 4 qui sont là ressentent tout à fait la même chose ! Mais ce qu'il y a de particulier sur cette chanson, c'est que c'est la chanson qui a été choisie par les gens qui m'appréciaient. C'est-à-dire qu'à cette époque là, (...) il y avait déjà eu "Il suffira d'un signe", il y avait "Comme toi", il y avait "Quand la musique est bonne", il y avait "Encore un matin", enfin des trucs comme ça. Et les gens, quand ils m'écrivaient, il y avait 9 lettres sur 10 qui étaient sur "Veiller tard". C'est-à-dire que c'est une chanson qui n'est jamais sortie en 45 tours, enfin qui n'est jamais sortie en radio, et qui a tout de suite été adoptée et ressentie plus que les autres par les gens qui m'aimaient bien.
Anthony Martin : Certainement parce qu'à l'époque vous aviez encore l'image du chanteur pour ados, certains vous qualifiait même encore à l'époque de chanteur éphémère ! Et là, avec des chansons comme ça, ouf, ça vous asseyait quand même, ça donnait du poids à votre style...
Jean-Jacques Goldman : Pas de la part des gens qui me préjugeaient. En fait ce sont les gens qui m'avaient adopté au départ qui trouvaient du poids, éventuellement dans ces chansons, mais comme ils en avaient trouvé dans d'autres chansons, même du premier album ! Comme "Une autre histoire" ou "A l'envers"... enfin qui n'ont jamais été dupes du côté chanteur à minettes, parce qu'ils écoutaient profondément des disques qu'ils avaient achetés. [rires] Donc effectivement ils étaient plus concernés ! Ça les a simplement confortés dans leur attachement. Quant aux autres je pense qu'ils ne les écoutaient pas, ces chansons-là ! [rires]
Anthony Martin : Les paroles de "Veiller tard" sont fortes, on le disait. "Ces choses au fond de nous qui nous font veiller tard", quelles sont ces choses au fond de vous qui vous font veiller tard encore aujourd'hui ?
Jean-Jacques Goldman : Plein de choses ! Des angoisses qu'on ne comprend pas, des espèces de coup de blues alors que la journée a été magnifique, des espèces de tristesse alors qu'on vient de gagner quelque chose... Bon, je pense que ça n'a rien d'original ! C'est juste, tout à coup, ces petites phases de gris qui font partie de notre condition, et qu'on ne peut pas expliquer sans être spécialement triste, mais il y a toujours un petit peu... Je me rappelle de ce film de Truffaut où il y a une petite fille qui pleure, et puis il lui dit : "Tu es triste ?" – "Oui". – "Mais au fond de ta tristesse il n'y a pas un tout petit peu de plaisir ?" Et elle, en larmes, elle dit "Si !" [rires] Voilà c'est ça, c'est notre nature humaine !
O'FM, 29 décembre 1993
Animateur : Il y a des chansons comme ça qui passent inaperçues finalement dans les albums parce qu'elles ne sont pas jouées sur les radios. Vous regrettez ensuite ?
Jean-Jacques Goldman : Elles ne passent pas inaperçues. Au bout d'un certain temps, on se rend compte que pour les gens qui nous suivent et qui sont les gens les plus importants, pour ceux qui nous suivent vraiment, qui vont au concert et tout ça, il n'y a plus de différence entre les chansons qui sont sorties en radio et celles qui ne sont pas sorties. Et souvent, celles qu'ils aiment bien, ça va être des chansons comme "Veiller tard", des chansons comme "Tu manques", comme "Famille", qui ne sont pas forcément des chansons qui sont sorties en single.