[On ira]
[Alors que les premières notes commencent, on voit une route qui défile, puis le public qui attend devant une salle, vu du chauffeur du bus. Jean-Jacques Goldman est en train de regarder la scène sur un moniteur devant lui. Il est dans un bureau avec en arrière-plan une bibliothèque. On entend l'introduction de "On ira" tout au long de son intervention]
Jean-Jacques Goldman : En fait on commence à penser au prochain spectacle à la fin du spectacle précédent : c'est-à-dire tu es en train de terminer - en l'occurrence, c'était les concerts de "Rouge" - et là on se demande : "Mais qu'est-ce que je vais va bien pouvoir faire la prochaine fois". On pensait bien déjà que... il fallait pas faire... mieux, mais en tous cas différent. Et de là est venue l'idée de quelque chose de beaucoup plus intime, beaucoup plus acoustique, avec une équipe plus réduite.
[Première réunion à Montrouge, le 22 octobre 1997 : on voit l'équipe travailler, échanger des idées. Les phrases sont parfois coupées. Les plans apparaissent dans un cache en forme de négatif ; "On ira" en fond]
Jean-Jacques Goldman : Je commence par "On ira", je me vois très bien arriver en marchant, comme ça, extrêmement simplement.
[Jean-Jacques Goldman esquisse un croquis]
Jean-Jacques Goldman : …voyez une scène, plus comme ça, à mon avis faut un chemin qui traverse derrière, comme ça, peut-être en biais ou pas…
[?] : Ouais, là il n'y a pas forcément un passage comme ça…
Jean-Jacques Goldman : … pour moi il y a 15 chansons sur 20 que je fais assis. Ça, ça donne aussi un autre état d'esprit au concert.
Michael Jones : …par exemple la batterie elle va pas bouger alors…
Jean-Jacques Goldman : Ben si on le souhaite, dans ce cas-là, la batterie sera là… Donc, moi je vois très bien une batterie ici et ici un kit percussions.
Gilbert Namiand : On peut le mettre dans un coin et puis qu'il se passe autre chose sur l'écran.
Jean-Jacques Goldman : … Un noir et il y a marqué : "mise en place du détecteur de mensonges"…
[?] : C'est impossible de monter un écran comme ça !
Jean-Jacques Goldman : …Et là je commence à parler, et derrière, dès que je mens ça devient rouge comme ça, tu sais comme des diodes…
Fred Peveri : …simplement des lumières qui passent à n'importe quel niveau, qui traversent le rideau…
Jean-Jacques Goldman : …ça serait bien qu'y ait un piano qui à un moment apparaît…
Fred Peveri : (???)
[?] : (???)
Jean-Jacques Goldman : …quand l'orchestre arrive, qu'ils arrivent du fond, mais comme sur un radeau…
[Sur scène : "On ira" ; la caméra est dans le public, et se rapproche de la scène, en se frayant un chemin]
[Jean-Jacques Goldman est toujours dans la même pièce et regarde l'extrait de "On ira" où Christophe Nègre joue le solo]
Jean-Jacques Goldman : Une des questions qu'on se pose chaque fois, c'est comment va être le public, est-ce qu'il aura changé, est-ce qu'il sera plus sage, est-ce qu'il aura vieilli, est-ce qu'on va faire des concerts où les gens sont assis au spectacle ou est-ce qu'ils vont participer comme avant, est qu'ils vont être dans le spectacle comme avant ? Et on a... On a longtemps hésité, puis il y a eu la première à Rennes, et là, la réponse a été immédiate, et on a tous un souvenir vraiment très ému de cette première où on s'est rendu compte que... que c'était comme avant, quoi..."
[Suite de "On ira" sur scène : la caméra se promène le long de la scène, puis le cadreur monte sur scène, continue à filmer Jean-Jacques Goldman de dos]
[Deuxième réunion, toujours à Montrouge, le 22 octobre 1997 : l'équipe travaille toujours sur le projet de scène, mais déjà d'une manière plus concrète]
Jean-Jacques Goldman (s'adressant à une personne en train de dessiner la scène sur un ordinateur) : … Ben ouais mais toi tu les a déjà fait les trous derrière…
[?] (l'homme schématisant une scène sur l'écran de l'ordinateur) : En fait, j'ai commencé à surélever déjà, et j'ai donné déjà du volume…
Jean-Jacques Goldman : En tous cas jepense que l'idée de départ, c'est de voir un truc plat, avec un peu de ... tu vois on peut mettre un peu de fumée ou un truc comme ça et tout à coup, on voit les mecs qui arrivent comme ça, on sait pas où ils vont aller, quoi, on sait simplement qu'ils sont en train de glisser…
[Réunion plus limitée autour d'une table dans une véranda, toujours à Montrouge]
[?] : La scène est dans les gens, quoi... La force est là aussi, c'est-à-dire de rentrer chez les... de rentrer dans les gens et d'être avec eux et au milieu d'eux, quoi…
[?] : J'ai vu tous les gens rentrer comme ça. Est-ce qu'on fait pas un truc où on les ... où on les bluffe, où il y a une première... un truc comme ça qui rentre, on ne sait pas quoi…
Robert Goldman : Ça vaut la peine de se poser la question avant de se laisser embringuer.
Jean-Jacques Goldman : "Bonne idée" pour moi je la fais peut-être juste avec un... probablement, seul avec un percussionniste là qui est juste à côté de moi..."
[Sur scène, "Bonne idée" : Jean-Jacques Goldman est à la guitare, juste accompagné par Christophe Deschamps aux percussions. La caméra est juste à côté d'eux. La chanson se termine juste avec Jean-Jacques Goldman à la guitare, la caméra recule dans le public]
Séquence Question-Réponses (chaque interviewé apparaît successivement dans un négatif de photo dessiné à l'écran) : Les plaisirs de la vie (Bordeaux, le 5 novembre 1998)
[à l'arrière, une photo de Jean-Jacques Goldman et de ses musiciens en joueurs de foot]
Claude Le Péron : Le bon vin.
Jacky Mascarel : la camaraderie, l'amitié.
[?] : Ou les friandises.
Christophe Nègre : Est-ce qu'il parle de sexe à un moment, là-dedans ?
[?] : Oui, l'érotisme.
[?] : Bah… pourquoi pas…
[?] : Et Lara Croft aussi.
Le cuisinier : La soupe.
[?] : La musique certainement.
Jean-Rémy Mazenc : Une équipe comme celle-là.
[?] : (rires)
Richard Rémy : L'OM.
[?] : Clint Eastwood.
[?] : Alors là… pot de colle là…
[?] : Les enfants.
[?] : Un raton-laveur ?
[?] : Et puis moi aussi.
Robert Goldman : Le travail.
[?] : Les vacances.
[?] : Le travail, et le travail dans ce cadre-là.
[?] : Et les bus.
[?] : L'amitié.
Andy Scott : Le vélo.
[?] : Les tournées.
[?] : Et Dédé Mallet aussi.
Jean-Jacques Goldman (assis dans un compartiment de train, en première classe) : Ce que j'aime essentiellement dans la vie de tournée, c'est que ça vient après les enregistrements. La vie de tournée, t'es dehors, tu rencontres des gens, tu vis des choses, et une fois que c'est fini, c'est fini. C'est-à-dire, le mot il était peut-être pas bon mais c'est trop tard, t'as peut-être bafouillé ou t'as peut-être fait une fausse note, mais c'est trop tard, et puis ça s'est fait quand même, quoi. J'adore être avec les musiciens, j'adore être avec les techniciens, j'adore ces voyages.
[Séquence délire dans un photomaton avec Michaël Jones, Claude Le Péron, Jacky Mascarel et Christophe Nègre]
[Séquence délire dans un train : les quatre compère chantent la chanson de la pub "Belle des champs" tout en jouant aux cartes]
Jean-Jacques Goldman : J'ai l'impression que c'est, c'est de la vie adolescente à laquelle on n'avait plus droit, quoi...
[Sur scène "La vie par procuration" : la caméra longe la scène et recule dans le public qui frappe des mains et chante. Jean-Jacques Goldman, seul à la guitare, commence l'intro de la chanson, puis dit au public : "Vous voyez, on en connaît tous au moins une"]
Jean-Jacques Goldman (toujours dans le bureau, commente les images qui défilent sur son moniteur) : Par rapport à "Rouge", on voulait quelque chose de plus dépouillé, de plus simple, avec une équipe plus restreinte, mais il y avait aussi le fait de se retrouver seul avec l'instrument, de se mettre un peu plus en danger que quand on est cinquante sur scène. Donc il y a des moments dans ce concert de guitare seule, des moments de violon presque seul, ou avec des grands silences, il y a vraiment une vraie notion de danger et aussi une vraie notion de plaisir à ce moment-là.
[Sur scène, "La vie par procuration", fin de la chanson]
["Ne lui dis pas" : seul un spot éclaire Jean-Jacques Goldman seul sur scène avec sa guitare. En arrière-plan apparaît Christophe Nègre quand la flûte répond à la guitare. A la fin de la chanson, sortis du dessous de la scène, apparaissent les musiciens dans un halo de lumière verte. Jean-Jacques Goldman passe derrière ses musiciens pour échanger sa guitare contre son violon que lui apporte Jean-Rémy Mazenc. La chanson se finit par un dialogue entre le violon de Jean-Jacques Goldman et la flûte de Christophe Nègre, accompagnés par les autres musiciens]
Séquence Question-Réponses : C'était quoi la question ? (Paris-Zénith, le 18 mai 1998)
Christophe Nègre : Moi, je me sens libre de jouer comme dans un petit club devant 50 personnes.
Christophe Deschamps : Ici, on a tout. Si on ne montre pas le meilleur de nous, bon, c'est qu'on... c'est qu'il y a un problème.
Jean-Jacques Goldman (assis dans un compartiment de train) : Moi, j'ai choisi des musiciens avec un certain état d'esprit et leur état d'esprit fait qu'ils ne peuvent pas avoir d'autres types de relations.
Jacky Mascarel : Hors de scène, c'est la rigolade. On est là pour rire.
Jean-Jacques Goldman : Je n'ai pas imposé qu'ils aient des relations comme ça, presque tendres, quoi, avec les gars avec qui ils travaillent. Il se trouve que j'ai choisi des mecs comme ça.
Jacky Mascarel (en riant) : Euh... c'était quoi la question ?
[Disposition des musiciens sur la scène pour la suite du concert :]
Arrière : Christophe Deschamps (batterie) / Jacky Mascarel (claviers) / Christophe Nègre (flûte/saxo/percussions)
Avant : Michael Jones (assis) / Jean-Jacques Goldman (assis) / Claude Le Péron (assis)
[Sur scène "Tout était dit". La fin de la chanson est illustrée sur les écrans par le clip vidéo "Tout était dit". Goldman ajoute les paroles suivantes : "Sauf cette fois-ci, tout n'était pas tout à fait dit", il finit à l'harmonica et sort de sa poche un foulard identique à celui du clip vidéo]
[La retranscription continue sur plusieurs pages avec toutes les séquences Q&R, interviews et moments sur scène...]
Retranscription de Valérie Augey, Chrystèle, Vélina Raillère, Corinne Russier, Ismaël Simoes
Corrections et commentaires additionnels de Jean-Michel Fontaine et Monique Hudlot