Jean-Jacques Goldman 20 ans après - Épisode 3
La Story Nostalgie, Nostalgie Belgique, 28 juin 2023 , 28 juin 2023
[Fond sonore : début de "Appartenir"]
Je me suis souvent demandé si dans cette commune au bord du périphérique parisien, nommée Montrouge, on croisait souvent des fans sur les traces de Jean-Jacques Goldman. C'est vrai : à la grosse louche, écrasée entre l'ultra-célèbre quartier de Montparnasse et la route vers Orly, pourquoi s'arrêter à Montrouge ? Et encore moins y vivre plus de vingt ans ? Car il n'y a rien pour la jeunesse à Montrouge. La musique est la seule échappatoire. Bon, rien à voir avec aujourd'hui, hein ! À part la variété, le métier français, à l'époque, ne croit pas, comme en Angleterre, en tous ces petits groupes comme celui dans lequel joue Jean-Jacques Goldman.
[Fond sonore : début de "Cry For A Shadow" des Beatles]
De celui de son lycée, qui anime les fêtes locales et répète dans la salle de cours de sciences naturelles, Jean-Jacques se retrouve bien vite dans celui de la paroisse, beaucoup plus expérimenté.
[Fond sonore : "Nobody knows"]
Et s'il s'agit de jouer du gospel à la messe le dimanche (ça tombe bien : Jean-Jacques est fan d'Aretha Franklin), les Red Mountain Gospellers – ainsi se sont-ils nommés – jouent aussi dans les bals et les MJC, des reprises des Beatles et des Rolling Stones.
C'est dans une ambiance genre "La Boum" de Pinoteau, que Jean-Jacques connaît ses premiers succès publics. Et avec les filles... S'il n'est plus timide mais toujours très réservé, Jean-Jacques, seize ans, n'en trouve pas moins le culot de venir demander au curé de la paroisse, de lui prêter l'argent pour enregistrer un disque.
[Fond sonore : début de "Colours"]
Vous vous rendez compte ? Les voilà au studio Blanqui, celui où Johnny a enregistré "Le pénitencier", France Gall "Poupée de cire" ou Gainsbourg "Couleur café" ! Et les trois titres de gospel sont gravés à 1.000 exemplaires. Qu'il va falloir vendre à présent... C'est là que Jean-Jacques imagine proposer gratuitement les services de son groupe à toutes les paroisses, en échange de pouvoir vendre leur disque à la sortie de la messe. Et c'est un succès ! À raison de parfois trois offices par dimanche, tous les 45 tours sont vendus et même réédités. Sans savoir qu'ils vont un jour devenir collector et se revendre à prix d'or...
Après avoir remboursé l'abbé, voilà donc les lycéens à la tête d'une belle somme. Avec un Jean-Jacques qui peut se permettre d'acheter sa première guitare électrique Gibson.
[Fond sonore : début de "Revolution" des Beatles]
Mais nous sommes arrivés en 1968. Les temps changent. Les jeunes lancent des pavés au Quartier Latin, animés par des idéaux anti-bourgeois, anti-croulants, que Jean-Jacques ne partage pas. Et si on ajoute les copains qui partent au service militaire, il se retrouve seul dans son groupe. C'est pas grave, puisqu'il va passer son bac et faire des études supérieures pour faire plaisir à ses parents, même s'il n'en a pas vraiment conscience.
[Fond sonore : début de "Children of the Revolution" de T.Rex]
Ce n'est toutefois pas le cas de son frère aîné Pierre qui, lui, est animé par un idéal révolutionnaire et armé. On sait comment cela finira : dans la violence et le sang. Faut-il y voir, dans la douleur que va ressentir la famille Goldman, la raison de l'éternelle sagesse et prudence de Jean-Jacques, même devenu super-star ? Elles résonnent en tous cas dans beaucoup de ses chansons...
[Diffusion de la chanson "Petite fille"]
