1995
Albin Michel
2-226-07936-X
98 FF
Mon avis : Comment qualifier cet "ouvrage", si ce n'est par l'expression "foutage de gueule" ? Patrick Amine s'est simplement contenté de rajouter 17 pages (dont une dizaine de photos !) qui décrivent l'aventure Fredericks - Goldman - Jones et la rencontre avec Céline Dion, à sa première biographie, qui elle-même était un plagiat d'un livre paru deux ans auparavant...
Avant de relever un certain nombre d’erreurs (non exhaustives, car certains détails sur le début des années me paraissent suspects, mais je n’en suis pas sûr non plus), voici un petit commentaire sur le livre lui-même : on dirait une thèse un peu bâclée, pleine de références pseudo-littéraires sorties des rebuts de Bernard Pivot : Bret Easton Ellis (p 14), Soseki (p 32), Bernard-Henri Lévy (!) (p 32), Charles Fourier (p 35), William S. Burroughs (p 67), Greil Marcus (p 95), Thomas Wolfe (p 100), Marek Halter (p 132).
AVERTISSEMENT “(...) des premières années du chanteur (fin 1988) jusqu’à l’année 1995”. Amine aurait pu relire, quand même.
“(...) en duo avec son compère anglais Michael Jones.” Michael, qui est Gallois, appréciera sûrement. Non, Monsieur, l’Angleterre, la Grande-Bretagne et le Royaume-Uni, cela n’est pas pareil.
“Phalanster mourra quand la mode de la dance music éclatera dans les annees 77 et 78.” Il me semblait que la dance music était née dans les annees 80, et que durant les 70’s, cela s’apppelait le disco...
“aujourd’hui en 1988”. Visiblement, un oubli dans la mise à jour ! Il y en a plus d’une demi-douzaine, ce que je trouve particulièrement blessant pour ceux qui font l’effort d’acheter le livre.
“Black to the City Again” (une chanson sur les ghettos noirs sans doute ! ! !)
Les années Tai Phong (p. 43 à 53) sont bien présentées, en revanche.
“il a de nombreux fans en province” Ce parisianisme exacerbe me met hors de moi. Pourquoi seuls les Parisiens seraient-ils en mesure d’avoir du goût ? Je suis certain que nos amis québécois, belges et suisses ne me contrediront pas...
Patrick Amine fait référence à un titre, “SOS Ecologique”, qui est en fait “Tout petit monde”. Visiblement, ce texte (deuxième et début du troisième paragraphes de la page) a été écrit avant la sortie de l’album, et n’a pas été réactualisé depuis. C’était quand même il y a plus de sept ans !
“Cet album (NDJM : Entre gris clair et gris foncé...) a atteint plus de 600 000 exemplaires vendus”. Encore un exemple de la non mise a jour de ce livre. Jean-Jacques Goldman a obtenu un album de diamant (plus d’un million d’albums) en 1988 pour ce double album.
“On peut dire sans conteste que JJG a renouvelé l’image du chanteur dans un pays ou le succès n’est pas toujours reconnu. Nous ne sommes pas en Amérique ni en Angleterre ou la réussite impose le respect.” Sans doute la phrase la mieux écrite de ce livre.
Encore SOS Ecologique dans la chronologie. Décidément !
Je m’étonne de ce que l’on ne cite nulle part la bande originale de l’Union Sacrée, bien plus marquante que celle de Pacific Palisades, à mon avis.
De même, nulle mention des titres plus rares de Jean-Jacques Goldman…
Par ailleurs, je regrette que Patrick Amine implique que JJG ait pu soutenir Michel Rocard (à propos de l’interview qu’il a réalisée de lui) et Lionel Jospin (qui a utilisé “il changeait la vie” pour sa campagne présidentielle). Apres tout, Johnny chantait une version très engagée de “je t’attends” (écrit par Jean-Jacques Goldman) en 1988 pour la campagne présidentielle de Jacques Chirac. Or, que je sache, je n’ai jamais vu nulle part que JJ soit de droite. JJ est apolitique, point. Et il a bien raison. Quant on voit ce qu’il dit sur François Mitterrand (on n’a pas changé) ou sur Tapie (opp. cit.), ou sur la “bande à Mitterrand” (dans le livre Rouge, avant “on n’a pas change”), on peut difficilement croire qu’il ait soutenu des hommes politiques. Attention, il y a une différence entre croire à des idéaux (comme c’est notre cas à tous) et croire à des hommes. Mais je m’égare...
Que peut-on penser des biographies, finalement ? Le parcours de quelqu’un peut faire comprendre ses aspirations et ses inspirations (texte de “Pas l’indifférence”, après le refus de ses textes pendant plusieurs années, par exemple). La vie d’un artiste, même réservé comme JJ, est indissociable de son œuvre. Apres tout, “Je ne vous parlerai pas d’elle”, “Dors, bébé dors”, “Parler de ma vie”, ça parle de quoi ? Retour à la page précédente