La reprise de "Là-bas" avec Céline Dion

La reprise de "Là-bas" avec Céline Dion

Nos chansons ont une histoire, Vivacité, RTBF radio, 16 septembre 2024 , 16 septembre 2024

Hughes Hamelynck : Un des nouveaux rendez-vous de "Nos chansons ont une histoire" depuis la rentrée, c'est qu'à 11h30, on s'intéresse aux reprises - ces tubes qui ont été interprétés par différents artistes. Ici, il y a toute une petite subtilité avec le fameux "Là-bas" de Jean-Jacques Goldman.

["C'est pour ça que j'irai... là-bas – N'y va pas", extrait de "Là-bas" par Jean-Jacques Goldman et Céline Dion, Les Enfoirés au Grand Rex, 1994].

Hughes Hamelynck : Je dis "une petite subtilité" parce que...

Bruno Tummers : Oui, c'est l'interprète d'origine qui reprend.

Hughes Hamelynck : Mais qui change sa partenaire.

Bruno Tummers : Qui change sa partenaire, exactement. Un extrait des Enfoirés. Jean-Jacques Goldman interprète "Là-bas" en compagnie de Céline Don. Il y a une histoire autour de la chanson "Là-bas" et cette rencontre entre les deux artistes va donner naissance à d'autres chansons, d'autres tubes. On vous explique ça dans quelques instants.

Hughes Hamelynck : J'ai déjà des frissons, moi.

Bruno Tummers : Mais c'est vrai... Non mais cette version est dingue.

Hughes Hamelynck : Oui mais toute l'histoire – parce que je sais ce que vous allez nous raconter – est assez touchante.

[...]

Hughes Hamelynck : À 11h30 dans "Nos chansons ont une histoire", c'est un rendez-vous qu'on va vous fixer régulièrement. On s'intéresse aux reprises de grands tubes de la chanson. Alors ici, vous avez forcément reconnu Jean-Jacques Goldman et la chanson "Là-bas", la reprise, c'est Céline Dion.

Bruno Tummers : La reprise, c'est Céline Dion, exactement, extraite d'un album et d'un spectacle des Enfoirés. Il y a toute une histoire autour de "Là-bas", autour de cette reprise. On vous l'explique dans quelques instants.

["C'est pour ça que j'irai là-bas. – N'y va pas. Y a des tempêtes et des naufrages, Le feu, les diables et les mirages...", extrait de "Là-bas" par Jean-Jacques Goldman et Céline Dion, Les Enfoirés au Grand Rex, 1994].

Hughes Hamelynck : La reprise, en l'occurrence, elle est de Céline Dion d'une certaine façon, mais toujours en duo avec Jean-Jacques Goldman.

Bruno Tummers : Oui, c'est vrai que la reprise qu'on vous propose aujourd'hui, l'un des interprètes d'origine figure également sur cette deuxième interprétation. "Là- bas", c'est une chanson qui sort sur un album qui s'appelle "Entre gris clair et gris foncé", qui est un double album de Jean-Jacques Goldman, qui arrive à la fin des années 80. Il avait eu l'idée de proposer un premier disque avec des chansons très orchestrées. Et puis, le deuxième disque était beaucoup plus folk, acoustique, guitare, avec des vrais instruments. Et au départ, "Là-bas" est interprété par Jean-Jacques Goldman et une jeune artiste qu'il a croisée dans le métro, qui n'était absolument pas connue, qui s'appelle Sirima.

["Là-bas. - Tout est neuf et tout est sauvage. - N'y va pas. - Libre continent sans grillages. - Là-bas. - Beau comme on n'imagine pas. - N'y va pas. - Ici, même nos rêves sont étroits. - Là-bas. - C'est pour ça que j'irai là-bas...", extrait de "Là-bas" par Jean-Jacques Goldman et Sirima, 1987].

Bruno Tummers : C'est donc la voix qui répond à Jean-Jacques Goldman. Chanson qui parle de l'exil et de l'ailleurs, qui est un thème que Jean-Jacques a beaucoup exploité dans les paroles de ses chansons. Et il se fait que Sirima est partout à ce moment-là : on l'entend en radio, Jean-Jacques fait quelques télés avec elle.

Hughes Hamelynck : La chanson est un immense succès.

Bruno Tummers : La chanson est un carton. Il y a un clip qui est tourné, qui a été très marquant pour toute une génération aussi. Sirima va sortir un premier album, qui est un album entièrement en anglais, qui ne rencontre pas vraiment le succès. Et il se fait que, très peu de temps après, elle sera assassinée par son compagnon. Et donc, Jean-Jacques se retrouve sans interprète pour chanter "Là-bas". Évidemment, c'est un choc énorme pour Jean-Jacques et pour tous ses amis, toute l'équipe qui avait enregistré l'album. Jean-Jacques va toujours garder la chanson à son répertoire de scène, mais sur scène, la deuxième voix sera toujours interprétée par le public.

Hughes Hamelynck : Oui, personne ne remplacera jamais Sirima.

Bruno Tummers : Personne n'a jamais remplacé Sirima. Jusqu'en 1994, où lors d'un show des Enfoirés, Jean-Jacques a entendu une voix très particulière qu'il connaît déjà depuis quelques années, c'est celle de Céline Dion. Parce que Céline Dion, elle est déjà sur le marché français depuis le début des années 80, elle a fait la première partie d'un spectacle de Patrick Sébastien à l'Olympia...

Hughes Hamelynck : Il y a eu l'Eurovision aussi ?

Bruno Tummers : Il y a eu l'Eurovision, bien sûr. Et il se dit : "Moi, j'ai très très envie de travailler avec Céline Dion. Quelle chanson pourrait servir sa voix d'exception ?" Et à ce moment-là, il va décider de faire une entorse à la règle qui est de ne pas reprendre une interprète pour "Là-bas". Il se dit : "Ben oui, avec Céline Dion, je vais chanter Là-bas." C'est un moment dingue dans le show. Il faut rappeler qu'à l'époque, il y a vraiment des millions de téléspectateurs devant la télé, il y a l'album qui sort. Et c'est cette rencontre entre Jean-Jacques Goldman et Céline Dion sur ce titre "Là-bas" qui va donner naissance à l'album D'eux et à "Pour que tu m'aimes encore", parce que ce duo a donné l'envie à Jean-Jacques de travailler avec Céline sur tout un album.

Hughes Hamelynck : C'est vraiment la genèse de leur collaboration, qui sera décisive pour le parcours de Céline Dion. On réécoute donc cette reprise.

Bruno Tummers : La deuxième version de "Là-bas", Jean-Jacques Goldman avec Céline Dion, extrait d'un spectacle des Enfoirés. Ça va vous mettre le frisson, assurément.

crédit RTBF

Infos pratiques
  • Retranscription : Luc Andries
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