Jean-Jacques Goldman 20 ans après - Épisode 1

Jean-Jacques Goldman 20 ans après - Épisode 1

La Story Nostalgie, Nostalgie Belgique, 26 juin 2023 , 26 juin 2023

[Fond sonore : début de "Ensemble"]

Vingt ans, les amis ! Cela fait déjà vingt ans que Jean-Jacques Goldman a pris sa retraite. Et on se disait qu'un jour ou l'autre, il reviendrait, que la lumière allait lui manquer comme à tous les autres artistes qui se sont retirés avant lui et qui ont pourtant fait leur come-back. Et c'était bien mal connaître Jean-Jacques Goldman... Vingt ans plus tard, les espoirs se sont envolés avec cette certitude : l'annonce de sa retraite en 2003, alors qu'il était toujours au sommet de sa popularité, correspondait bien à ce que Jean-Jacques est depuis l'enfance, un timide effacé qui a réussi.

[Fond sonore : début de "Je voudrais vous revoir"]

Les rares journalistes qui l'ont interrogé sur son incroyable destin, ont reçu cette réponse étonnante : "On ne peut pas réussir si on n'est pas timide. Regardez, Cabrel, Souchon, Renaud... Si on n'est pas timide au départ, on ne passe pas des heures chez soi à travailler sa guitare, sa voix, à regarder les autres et à rêver. Donc je dis aux ados timides de ne pas trop admirer ces gars, champions du flipper, qui tombent les filles et ont une super moto. En général, ils finissent contremaître".

[Fond sonore : début de "Né en 17 à Leidenstadt"]

Alors on l'imagine, le jeune Jean-Jacques Goldman, seul dans la cour de récré, d'abord en culotte courte puis en pantalon-teeshirt, loin du tumulte du groupe. Et puis rentrer chez lui, passer des heures à travailler ses cours puis s'ennuyer, soir et weekend compris. Et donc, pour combler le vide, il se réfugie – comme beaucoup d'entre nous, pas vrai ? – dans la musique. En plus d'écouter des disques, il étudie le piano, puis le violon, mais se décourage au bout d'un certain temps, avant de découvrir la guitare.

[Fond sonore : début de "Je te donne"]

Et là, il réalise que c'est chouette pour attirer les filles sans avoir besoin de faire le premier pas. Ah, au début, ce n'est pas simple de se mettre à la six cordes mais il prend le temps, Jean-Jacques. Le temps, c'est son seul luxe, seul trésor. Pour travailler mille fois les mêmes accords, mêmes chorus, afin de jouer comme Jimmy Hendrickx, comme Eric Clapton. Alors oui, Jean-Jacques a, comme il s'est plu à le dire une fois devenu star, une infinie tendresse pour ce mal-être – cette enfance et adolescence malheureuses – qui l'a poussé à travailler un art jusqu'à en devenir celui qu'il est.

[Fond sonore : début de "C'est pas d'l'amour"]

Je vous ai déjà raconté que, de John Lennon à Freddy Mercury en passant par Bowie et Amy Winehouse, toutes les stars se sont bâties sur une fêlure. Et celle de Jean-Jacques Goldman est sûrement celle que la majorité d'entre nous a en commun avec lui. Sans doute la raison pour laquelle son répertoire nous touche plus que celui des autres. En effet, à défaut d'être bavard durant son adolescence, Jean-Jacques a écrit. Pour lui-même. Il a consigné chaque jour ou presque, tout ce qu'il vivait, ressentait, remplissant des dizaines de carnets. Et s'il les a malheureusement brûlés à 18 ans, un jour de colère et de désespoir, il n'en avait pas moins appris à mettre des mots sur son vécu, devenant ainsi l'auteur du quotidien de gens comme vous et moi. Et lui. Voilà la recette Goldman : transformer la banalité désespérante en chansons. De ces années où nous avons attendu le moment où, une fois adultes, nous pourrions enfin vivre, ignorant que nous allions metrre le reste de notree existence à nous en remettre.

[Diffusion de la chanson "Au bout de mes rêves"]

crédit Alexis Vassivière, Nostalgie Belgique

Infos pratiques
  • Retranscription : Luc Andries
  • Partager cet article

Page concernée :