40 ans de Jean-Jacques Goldman - Épisode 1

40 ans de Jean-Jacques Goldman - Épisode 1

La Story Nostalgie, Nostalgie Belgique, 30. août 2021 , 30 août 2021

[Fond sonore : "Il suffira d’un signe"]

Le croirez-vous ? Cela fait quarante ans que le premier album solo de Jean-Jacques Goldman est sorti. Oui, c’est en 1981 que nous voyons fleurir chez tous les disquaires cet album à fond jaune représentant quatre bustes d’un beau mec aux cheveux longs, qu’on commence à voir à la télé et qu’on entend partout à la radio. On le croit nouveau talent mais il n’en est rien. Il fallait le savoir, Jean-Jacques a déjà une solide carrière derrière lui avec un groupe : Taï Phong.

[Fond sonore : début de "Sister Jane"]

— Ah, bon ? C’est lui ? Il chantait en anglais, non ? J’ignorais que c’était un groupe français.

Et aussi une série de 45 tours dont certains très récents mais là, aucune honte, aucun d’eux n’a marché, seules quelques centaines de personnes en possèdent une copie.

— Alors, pourquoi est-ce maintenant que ce Jean-Jacques Goldman arrive jusqu’à nous avec cette musique ? Putain, elle est géniale ! Comment n’en a-t-on pas entendu parler plus tôt ?

[Fond sonore : "Il y avait quelque chose dans l’air, quelque chose de bizarre...", "Quelque chose de bizarre"]

Tout simplement, on aurait dû l’entendre. Car si vous écoutez aujourd’hui ces fameux singles qui ont fait un four, dont personne n’a voulu, tout ce qu’on aime chez Goldman s’y trouve déjà.

[Fond sonore : "C'est pas grave papa"]

Oui, s’il avait sorti ces chansons dans les années quatre-vingt ou nonante, on aurait adoré ça. Alors quoi ? Eh bien, tout simplement, le métier et une bonne partie du public n’étaient alors pas prêts à entendre ce qui était le credo de Jean-Jacques Goldman, soit faire du rock en français. Attention : Johnny, Eddy, Dutronc, Polnareff, Sanson le font déjà depuis longtemps mais Goldman, lui, a des racines beaucoup plus jeunes et ça, pas question d’écouter ça en français :

[Solo de guitare final de "C'est pas grave papa"] !

Ce qui a changé, c’est qu’en 1981, la brèche créée dans le monde par les liens de la musique par les groupes Trust et Téléphone, a changé la donne. Fini de jeter des pierres à ceux qui chantent le rock d’aujourd’hui en français. L’heure de Goldman a sonné. Mais voilà : si l’artiste trouve instantanément son public avec ce premier album en 1981, tout le monde n’est pas prêt à accepter cette irruption d’un rock actuel à la sauce variétés.

[Fond sonore : début de "Pas l'indifférence"]

Et donc, si nous, nous l’admirons, on ne peut pas en dire autant des journalistes musicaux – ou pas – de la grande presse parisienne qui alors se vend quotidiennement par millions. Autant vous dire que les maisons de disques craignent cette presse autant qu’elles en ont besoin. Et là, pour le coup, on ne peut pas dire que c’est la presse qui a fait le succès de Jean-Jacques Goldman et spécialement ce premier album ; à ce niveau, ce ne sont plus des critiques, c’est du tir à pipes : "textes médiocres et fausse modestie", "Jean-Jacques Goldman ? Un superbe paquet de lessive, mais un paquet de lessive quand même", ou encore "il est beau comme un chou-fleur de Bretagne". Bref, un massacre dont le seul point positif est qu’il fait parler de l’artiste et cimente les rangs de ceux qui l’aiment face à l’adversité de la presse écrite qui trouve de plus en plus de bon ton de se moquer de Jean-Jacques Goldman.

[Fond sonore : début de "A l'envers"]

Mais leurs mots ne sont rien et les ventes partent en vrille. Une nouvelle voix s’élève dans le milieu de la chanson française. C’était il y a quarante ans exactement.

[Diffusion de la chanson "A l'envers"]

crédit Alexis Vassivière, Nostalgie Belgique

Infos pratiques
  • Retranscription : Luc Andries
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