Rediffusion : en 1986, interview de Jean-Jacques Goldman
Le 6/8, Vivacité, RTBF radio, 9 mars 2021 , 9 mars 2021
[Afin d’inciter la population à continuer à rester chez elle autant que possible en ce début de déconfinement post-Covid, la RTBF rediffuse des extraits de ses émissions emblématiques, tirés des archives numériques de la Sonuma. Ici, l’interview de Jean-Jacques Goldman par Philippe Luthers dans l’émission Swing, tournée en public en 1986.]
Sara De Paduwa : On ouvre le grand livre du temps et on remonte le temps en images avec vous, Hugues.
Hugues Hamelynck : Oui, on va en 1986. Pour se remettre dans l'ambiance, il y a des partenaires particuliers...
[Illustration sonore : "Partenaire particulier", Partenaire Particulier]
Sara De Paduwa : Et sinon, à la télé ?
Hugues Hamelynck : Eh bien, à la télé, il y a également une interview de Jean-Jacques Goldman, qui est évidemment au sommet du début de sa très grande carrière. Autant vous dire qu'après la sortie de l'album "Non homologué", ça cartonne pour lui. Il est dans l'émission Swing et se confie donc au micro de la RTBF.
[Lancement de l'archive vidéo de la Sonuma]
Philippe Luthers : Jean-Jacques Goldman, phénomène sociologique [rire]. Ça l'impressionne très fort... [Jean-Jacques Goldman fait mine de quitter le plateau.] J'ai lu avec attention l'article dont je parlais tout à l'heure dans Parlez Musique, et il y a des termes qui reviennent souvent: simplicité, humour, tendresse, pudeur, solitude. C'est une étiquette qu'on vous colle, ça vous gêne parfois tout cela ?
Jean-Jacques Goldman : Ben non. C'est difficile de parler de soi, c'est le rôle des journalistes de parler de la personne en question.
Philippe Luthers : Et puis, tout à l'heure, en répétition, ce qui était un peu amusant à voir, c'est qu'avec Michael Jones, votre guitariste qui est votre compère depuis pas mal d'années, vous interprétiez des tas de standards...
[Ils sont interrompus par une petite fille venue du public et qui apporte un bouquet de fleurs à Jean-Jacques Goldman, sous les applaudissements. J’en-Jacques Goldman lui fait signe puis l’embrasse pour la remercier.]
Philippe Luthers : Dans votre enfance à vous, justement, c'était "Hey Joe", c'était "The Letter" dont on parlait tout à l'heure, c'étaient les Beatles, etc.
Jean-Jacques Goldman : Oui, c'était... Moi, j'ai eu la chance d'avoir 20 ans dans les années 70, 80 et il s'est vraiment passé quelque chose d'exceptionnel musicalement, une espèce de révolution qui n'est pas près de revenir bientôt. Et ça, c'est une grande chance d'avoir vécu ça de plein fouet.
Philippe Luthers : Ce sont vos racines à vous, sur le plan musical ?
Jean-Jacques Goldman : Oui. En fait, il n'y a plus tellement de racines nationales ; musicalement, elles sont internationales. Les gens qui ont 10 ans, 15 ans maintenant, la musique qu'ils connaissent, c'est celle des transistors. Et elle n'est pas tellement marquée folkloriquement ou nationalement.
Philippe Luthers : Et puis, dans les paroles, dans les textes qu'on entend de vous, il y a beaucoup de vous-même. Il y a beaucoup aussi d'observations d'une espèce de chroniqueur lucide du monde qui nous entoure, des gens qui nous entourent en même temps.
Jean-Jacques Goldman : Ça, je crois que c'est le cas de tout le monde. Quand on écrit un texte, il y a beaucoup de soi-même.
Philippe Luthers : C'est très personnel, souvent.
Jean-Jacques Goldman : Même si ce n'est pas autobiographique, c'est des choses qu'on a rêvées ou qu'on aurait aimé vivre. Et de cette façon, ça nous appartient très bien.
[La diffusion de l'archive est arrêtée.]
