Goldman, Sardou, Hallyday, trois biographies par Frédéric Quinonero

Goldman, Sardou, Hallyday, trois biographies par Frédéric Quinonero

Le 8/9, Vivacité, RTBF radio, 4 juillet 2018 , 4 juillet 2018

[Bruno Tummers interviewe Frédéric Quinonero sur les trois biographies musicales qu’il conseille d’emmener en vacances pour l’été 2018 : "Goldman : Vivre sa vie" (paru le 8 novembre 2017 chez City), "Michel Sardou, sur des airs populaires" (paru le 4 avril 2018 chez City également) et "Johnny immortel" (paru le 13 décembre 2017 aux Éditions de l’Archipel).]

Sara De Paduwa : Bruno Tummers, vous êtes là, on parle musique mais en bouquins.

Bruno Tummers : Et bien oui, parce que depuis quelques années, vous le savez peut-être mais les bouquins sur les chanteurs, c'est devenu un bizness assez juteux. On en trouve partout dans les librairies. Parfois, ces bouquins sont écrits par les chanteurs eux-mêmes et parfois par des journalistes. Il faut parfois bien les choisir parce que souvent - et c'est souvent le cas quand c'est les chanteurs eux-mêmes qui les écrivent - les bouquins sont un peu truffés d'erreurs. Alors, si vous aimez Jean-Jacques Goldman, si vous aimez Michel Sardou, si vous aimez Johnny Hallyday, j'ai la solution pour vous : ce sont trois bouquins de Frédéric Quinonero. Je vous les conseille vraiment parce que ceux-là, ce sont des bibles et Frédéric est avec nous ce matin. Bonjour, Frédéric.

Frédéric Quinonero : Bonjour, Bruno.

Bruno Tummers : Trois bouquins pour trois chanteurs populaires qui se sont fait descendre, quand même, par les critiques, au début ?

Frédéric Quinonero : Oui, ça doit être le propre des chanteurs populaires de se faire descendre. À partir du moment où ça marche, à un moment donné, forcément, ça déplaît.

Sara De Paduwa : Et vous, votre job à vous, c'était quoi ? De casser ça, justement, de dire : voilà, ce n’était pas la peine de le faire, finalement, au départ ?

Frédéric Quinonero : De faire quoi ?

Sara De Paduwa : De critiquer.

Frédéric Quinonero : Ah ! Non, non, non. Il faut savoir aussi être objectif et considérer que certaines choses peuvent plaire ou déplaire. Non, c'est tout à fait dans l'ordre des choses.

Bruno Tummers : Et surtout quand on voit la carrière que ces trois artistes, Sardou, Goldman et Hallyday, ont faite par la suite. Il y a quand même un événement qui les réunit, Frédéric, c'est à la fin des années 80, le premier spectacle, le premier show des Restos du Cœur, dont on va fêter les 30 ans l'année prochaine.

Frédéric Quinonero : C'est ça, oui. En 89, la première tournée des Enfoirés, c'était Michel Sardou, Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday, il y avait Véronique Sanson et Eddy Mitchell, donc ils étaient tous les cinq. C'était la toute première et c'est à ce moment-là que Jean-Jacques Goldman, justement, a décidé de prendre les rênes de ce spectacle qui est devenu annuel par la suite et qui a eu le succès qu'on connaît mais effectivement, les pionniers, les tout premiers, il avait réuni autour de lui les cinq artistes qu'il considérait comme, en dehors de lui, bien sûr, qu'il considérait comme majeurs à ce moment-là.

Sara De Paduwa : On parle de son retour pour cette 30ème édition des Restos du Cœur. Vous avez des infos, vous, par rapport à Jean-Jacques Goldman ?

Frédéric Quinonero : Écoutez, les dernières infos, ce sont certainement les mêmes que les vôtres. C'est-à-dire qu'à partir du moment où Jean-Jacques décide d'arrêter quelque chose, il ne revient pas sur sa décision. On l'a vu pour ses adieux à la chanson : ça fait 15 ans qu'il n'a plus fait d'album. Pour Les Restos du Cœur, au bout de 30 ans, il a décidé de confier, de laisser ça à des gens de la nouvelle génération et puis de se retirer. Je pense qu'il va en rester là. Il a simplement dit : "si jamais on m'invite pour faire un duo ou deux, je viendrai avec plaisir" mais voilà, c'est tout.

Bruno Tummers : Frédéric, la grosse différence qu'il y a entre ces trois chanteurs, Michel Sardou, Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday, c'est que Johnny n'a été qu'un interprète, alors que Sardou et Goldman, ils écrivaient leurs chansons eux-mêmes.

Frédéric Quinonero : Ce n'est pas tout à fait exact. Johnny est un musicien, il a appris la guitare tout jeune et il a composé une centaine de chansons, ce que les gens savent peu.

Bruno Tummers : "La musique que j'aime", notamment.

Frédéric Quinonero : "La musique que j'aime", entre autres, qui est sans doute la plus connue. Mais je vous accorde qu'en fait, il est surtout, effectivement, un interprète, ce qui n'est pas du tout péjoratif. Il y a des passeurs de génie et il en est un.

Bruno Tummers : Johnny Hallyday, il y a eu une période de creux aussi dans sa carrière, il y a eu le Johnny Circus, qui était une tournée au début des années 70, qui s'était un peu plantée. Les albums, au début des années 80, ne se vendaient pas très bien, alors que Sardou et Goldman, finalement, ils ont toujours été sur une pente ascendante. Les albums se sont toujours très bien vendus et de mieux en mieux.

Frédéric Quinonero : C'est-à-dire que Sardou et Goldman, c'est au début qu'ils ont ramé. Ensuite, Sardou, par exemple, il a eu les années Barclay au tout début, entre 65 et 70, ça ne marchait pas du tout. Il a fallu "Les bals populaires" en 70 pour faire décoller sa carrière. Jean-Jacques, lui, c'est après Taï Phong, il a eu une période comme ça, de creux avant qu'il n'explose en 80 avec "Il suffira d'un signe". Donc eux, en fait, ils ont eu leur période creuse au départ, leur période difficile au départ. Johnny en a eu trois, en fait, de traversées du désert, qui n'ont pas duré très longtemps parce qu'il a toujours eu le génie de savoir rebondir très vite et de choisir les personnes qu'il fallait pour le faire. Il y a eu 65 quand il est revenu de l'armée, où Antoine, Jacques Dutronc, Michel Polnareff, une nouvelle scène comme ça avait pris la place. Il y a eu effectivement 72, le Johnny Circus qui a été un gouffre financier pour des raisons très compliquées (je n'aurais pas le temps de vous les expliquer) et début des années 80, effectivement, où les albums se vendaient un petit peu moins mais les spectacles marchaient très bien. Mais il lui fallait effectivement un nouveau souffle et c'est grâce à Nathalie Baye, qui a eu l'idée de le mettre en relation avec Michel Berger.

Bruno Tummers : Frédéric, finalement, quand on parcourt vos trois livres, c'est 50 ans des plus gros vendeurs de France, finalement. Ça a été les plus gros chanteurs populaires sur les 50 dernières années, ici.

Frédéric Quinonero : Oui, tous les trois, ce sont des recordmen à la fois de ventes de disques et ce sont les trois chanteurs, je crois, qui sont encore dans le cœur des gens.

Sara De Paduwa : Oh oui !

Bruno Tummers : On vous conseille, en tout cas, de prendre ces bouquins, de partir à la plage avec - ce sont des briques, hein, pour les valises. On a un exemplaire de chacun des livres, Sardou, Goldman et Johnny, pour vous ce matin.

Sara De Paduwa : Merci beaucoup Frédéric. Bonne journée.

Frédéric Quinonero : Merci à vous. Bonne journée.

Sara De Paduwa : Merci d'avoir été avec nous en direct depuis votre maison à 7h25 du matin. Merci beaucoup. Cadeau donc, si ça vous dit, un gagnant sera tiré au sort avec trois bouquins qui vont arriver chez vous.

Bruno Tummers : On vous fait un pack avec les trois.

Sara De Paduwa : C'est un package.

Bruno Tummers : Comme ça, vous aurez un supplément bagage dans l'avion. Faites attention.

Sara De Paduwa : Le poids ! Il faudra peser la valise aussi.

crédits RTBF, capture d’écran

Infos pratiques
  • Retranscription : Luc Andries
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