Master-class SACEM : "Télés-crochets, tremplins pour la jeune génération" (8/8)

Master-class SACEM : "Télés-crochets, tremplins pour la jeune génération" (8/8)

Master-class SACEM, 11 mars 2014 , 11 mars 2014

Jean-Jacques Goldman et Olivier Bas sont assis côte à côte sur une estrade, face aux participants de la Master-class.

La jeune génération

Olivier Bas : On ne parle presque plus, et ça me rend un peu triste, de ventes d’albums mais de nombre de clics YouTube. C’est quelque chose qui vous effraie ou trouvez-vous que c’est normal, que c’est la vie qui augmente comme cela ? C’est-à-dire que si vous avez fait un million de clics, ça devient intéressant ? C’est bizarre, non ?

Jean-Jacques Goldman : Je n’ai pas de jugement de valeur sur ceci, je le constate, je ne sais pas si c’est bien ou si c’est mal, je n’ai pas du tout, et ce n’est pas une question d’humilité, la prétention de dire : “Ça, ce n’est pas bien pour l’humanité ou ça, c’est bon pour l’humanité”, tout cela, c’est comme ça. Ca ne me déçoit pas trop vis-à-vis de la chanson parce que j’ai toujours défendu une conception de la chanson qui soit très pulsionnelle.

Olivier Bas : Que pensez-vous, à tout hasard, d’une émission comme par exemple “La nouvelle star” ? Vous pensez que c’est une émission de musique malgré tout, est-ce que ça peut faire avancer le “schmilblick” ou est-ce que ça vous dégoûte ?

Jean-Jacques Goldman : Non ça ne me dégoûte pas du tout. Je le constate depuis quinze ans en participant à l’émission “Les Enfoirés” où chaque année nous nous réunissons pour tenter de trouver une nouvelle vedette, et on se rend bien compte que neuf sur dix – et des vedettes qui, à mon avis, ont montré qu’elles étaient incontestables – venaient rarement des maisons de disques et beaucoup, soit de ces radios-crochets comme vous dites, soit des comédies musicales. Donc pour moi ce sont des passerelles qui sont, non seulement intéressantes, mais vitales.

Olivier Bas : Auriez-vous pu vous inscrire à “Nouvelle star” si l’émission avait existé avant, pour voir si votre voix et vos chansons plaisaient, sachant que ce sont essentiellement des reprises ?

Jean-Jacques Goldman : Je ne me suis jamais considéré comme un interprète fondamental donc je n’y serais pas allé tout simplement. Sans aucune fausse modestie, parce que je sais ce qu’est un bon chanteur et je ne me mets pas dans cette catégorie-là. Que ce soit dans “Star academy” ou “Nouvelle star” ou même d’autres, il y a de très bons interprètes dont je ne conteste pas le niveau. Mais s’il y avait eu une émission d’auteurs-compositeurs où on aurait dû faire en une demi-heure ou en une heure une chanson sur un thème précis, j’y serais allé.

Olivier Bas : Vous parliez de Stromae tout à l’heure, c’est quelqu’un qui vous touche ?

Jean-Jacques Goldman : Énormément.

Olivier Bas : Pourquoi ?

Jean-Jacques Goldman : Parce que c’est un artiste moderne. Franchement, je ne connais pas très bien ses chansons, enfin pas plus que tout le monde, mais sa démarche qui intègre, qui a compris l’importance de l’image me semble tout à fait à-propos. Alors, on peut le regretter ou pas, en tout cas c’est comme ça. Et je le trouve tout à fait neuf dans cet aspect-là.

[Il se tourne vers le public]

Quand on me pose la question sur le fait que mes chansons soient chantées par d’autres, je réponds toujours une explication qui me semble évidente : ”J’avais quinze ans, je jouais Bob Dylan, Jimmy Hendrix, James Brown et je ne suis pas sûr qu’ils auraient adoré mes versions”. Mais on le fait avec tellement de foi que je suis évidemment bouleversé quand j’entends mes chansons à la radio, dans un bal ou en passant devant une maison où quatre gamins sont en train de chanter une chanson. Je pense que tous les auteurs-compositeurs présents comprendront que c’est l’aboutissement, d’une certaine manière.

Infos pratiques
  • Auteur : Olivier Bas
  • Retranscription : Frédéric Bretones
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