Master-class SACEM : "Les débuts" (3/8)

Master-class SACEM : "Les débuts" (3/8)

Master-class SACEM, 11 mars 2014 , 11 mars 2014

Jean-Jacques Goldman et Olivier Bas sont assis côte à côte sur une estrade, face aux participants de la Master-class.

Olivier Bas: Votre panthéon de petit garçon entre quinze et dix-huit ans, c’était Dylan et Aretha Franklin, je crois ?

Jean-Jacques Goldman : C’était une époque : “Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans …” ou vous voyez le top albums où en ce moment il y a Maître Gims, Stromae, les Stentor, à l’époque c'était Jimmy Hendrix premier, deuxièmes les Beatles, troisièmes les Stones, quatrième Otis Redding, cinquième Bob Dylan. Et la semaine d’après c’était : premier Eric Clapton et deuxième avec Cream [ancien groupe d'Eric Clapton de 1966 à 1968], c’était une époque absolument hallucinante. On écoutait beaucoup de variété. Ça allait de Aretha Franklin jusqu’à Pink Floyd. Jusqu’à Pink Floyd!

Olivier Bas : Vous avez fait beaucoup de violon. Comment passe-t-on du violon, qui était peut-être l’instrument obligatoire des parents, à la guitare ? Aviez-vous déjà des envies de musique à vous ?

Jean-Jacques Goldman : C’est très facile une fois que vous avez fait du violon.

Olivier Bas : Ah bon ? C’est le plus difficile le violon ?

Jean-Jacques Goldman : Je pense que oui. C’est un des instruments les plus contraignants. Et ensuite c’est simplement parce que tout à coup vous découvrez un autre style de musique, en l’occurrence je crois que c’était en classe de seconde donc je devais avoir 15 ans. Un copain m’avait fait écouter des disques de vieux blues : c’était Lightnin’ Hopkins. Et puis il y avait Hugues Aufray qui reprenait à peu près à la même époque les chansons de Bob Dylan donc on avait envie de les jouer. Il n’y avait pas internet donc il fallait qu’on s’y colle, il n'y avait pas de professeur qui savait jouer ça, donc on s’y mettait nous-mêmes.

Olivier Bas : A l’oreille ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, on prenait les disques phrase à phrase et puis on disait : "Comment fais- tu ? Tu fais comme ça ?” Et puis voilà. Dieu merci, il n’y avait ni les jeux vidéo, ni la télévision donc on avait beaucoup de temps pour faire ça.

Olivier Bas : Est-ce que vous avez toujours le 45T des Red Mountain Gospellers ?

Jean-Jacques Goldman [répondant avec un sourire] : Oui je dois en avoir.

Olivier Bas : Super !

Jean-Jacques Goldman : Oui [Répété quatre fois avec un sourire].

Olivier Bas [s’adressant aux participants] : Alors les Red Mountain Gospellers est le premier groupe que Jean-Jacques Goldman a fait avec la paroisse de Montrouge. Donc Red Mountain, était-ce déjà de la professionnalisation, une envie de faire de la musique ?

Jean-Jacques Goldman : Non... Une envie de faire de la musique, oui. Peut-être même une envie de faire de la musique la plus pure et la plus violente, celle quand on a quinze ans, lorsqu’on écoute des vieux disques de blues et de gospel, c’était ça à l’époque. Et tout à coup on rencontre des amis qui ont la même passion et puis ça débouche sur un petit 45T de reprises de gospel. Je crois qu’il y avait “Go Down Moses ” ou des chansons comme… ou “ Jericho” [titre complet : “Joshua fit the battle of Jericho”] par exemple, et puis il y avait aussi une reprise d’une chanson de Donovan. Ca n’était évidemment pas dans un but professionnel mais c’était une première expérience qui est parmi les plus mémorables pour tous ceux qui ont eu quinze ans et qui ont enregistré ensemble. Voilà.

Olivier Bas : J’ai lu que c’était un concert de Léo Ferré qui vous avait fait tilt ?

Jean-Jacques Goldman : Ce n’était pas un concert de Léo Ferré, c’était un concert du groupe Zoo dont j’étais fan et qui chantait en anglais. Mais ils étaient en première partie de Léo Ferré. Je suis resté après leur passage. Je suis resté parce que c’était chauffé à la deuxième partie et là j’avoue que… et il était accompagné par le groupe Zoo, c’était une tournée qu’ils faisaient.

Olivier Bas : Zoo, c’était un groupe de rock progressiste c’est ca ?

Jean-Jacques Goldman : C’est un peu ça oui.

Olivier Bas : Genesis et toute la clique ?

Jean-Jacques Goldman : Voilà : Genesis, Yes, Gentle Giant, tout ça. Et j’avoue que là, j’ai pris une claque. Tout à coup je me suis dit - et évidemment ensuite avec Michel Berger - que les mots français étaient possibles sur la musique que j'aimais, ce qui a beaucoup changé les choses.

Infos pratiques
  • Auteur : Olivier Bas
  • Retranscription : Frédéric Bretones
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