Studio 22
RTL , 8 novembre 2003
Salut à tous. On est ensemble pour une émission extrêmement particulière car c'est notre invité vedette qui en a fait le menu, autant vous dire que les gens qui vont venir sur cette scène lui tiennent à cœur, je vous demande donc de les applaudir tout de suite... Il y aura tout à l'heure Michaël Jones et Tanya Saint-Val [applaudissements], un jeune groupe de power-rock qui s'appelle Jaho [applaudissements], une jeune chanteuse qui vient pour la première fois dans ce studio, elle est jolie comme tout elle chante bien elle écrit elle compose, elle s'appelle Audrey Sara [applaudissements], un habitué de cette émission et un ami de la maison, Cédric Atlan [applaudissements], enfin dans le rôle du maître de cérémonie, celui qui a fait le programme et qui va en partie vous en interpréter, je dirais les deux tiers, je vous demande d'applaudir comme vous savez le faire... Jean-Jacques Goldman !
["Envole-moi", version acoustique de la tournée 2003, en duo avec Michaël Jones]
Jacky Mascarel est aux claviers, Michaël Jones à la guitare et Jean-Jacques Goldman : "Envole-moi". Et d'ailleurs, ce que les auditeurs de RTL, puisque nous sommes à la radio, n'ont pas pu voir, c'est qu'au moment où vous chantiez cette chanson, la scène s'est levée, nous étions sur...
Tout à fait oui.
...tu avais amené l'équipement de la tournée, on était donc sur vérins hydrauliques, et vous vous êtes retrouvés à quoi... 45° à peu près ?
A la fin, presque perpendiculaire !
C'est vrai ?
Oui...
On parle pour ceux qui n'ont pas vu le spectacle de la scène au moment où...
C'est la force de la radio par rapport à la réalité, c'est qu'on peut l'imaginer, donc c'est encore mieux.
C'est pas mal. Ça faisait combien de temps que vous n'aviez pas joué ensemble là ? Depuis cet été ?
On a répété hier ! Enfin Michaël je le vois assez régulièrement, et Jacky je lui avais envoyé chaque chanson, ce qu'il devait faire, parce qu'il fallait penser à des arrangements disons un peu plus simples. Et on s'est vu hier, on a répété toute l'après-midi, voilà.
D'accord, pour venir ici à la radio, et ça nous fait plaisir. Alors on va parler notamment de la sortie de ce DVD qui arrive, je dirais, "enfin" ! [rires] T'as pas revu les images ?
Si, j'ai revu les images puisque en plus il a fallu aussi rajouter des choses, des interviews, des choses comme ça, donc je suis un peu obligé d'y travailler cette fois-ci.
Alors il y a le concert bien sûr...
Il y a le concert, il y a...
Ce qu'on appelle les bonus ?
Voilà, donc c'est pas très très original, mais il y a une partie qui est tout ce qui est préparation, travail un peu dans l'ombre, donc tout ce qu'il y a avant que les lumières s'allument pour nous et qu'elles s'éteignent pour les gens. Et ensuite il y a une partie que je trouve assez amusante, qui est des questions qui sont posées aux musiciens et qui me sont posées ensuite à moi sur certaines parties du concert, donc moi j'ai découvert par exemple qu'à tel moment où moi j'étais dans tel état, il y en a avait d'autres par exemple qui allaient aux toilettes ou des choses comme ça ! [rires] Ce sont des choses que moi je ne voyais pas et j'ai découvert beaucoup de choses avec cette interview.
Sur un concert, quand vous êtes tous en train de jouer ensemble et qu'on a l'impression que tout le monde est en osmose, vous avez chacun votre vie en parallèle mais c'est pas une vie ensemble, vous pouvez chacun faire votre petit business pendant le concert ?
Oui, chacun a ses moments. Ça va même plus loin puisque par exemple, pour tous les camionneurs ou les roads, ils dorment pendant le concert ! C'est un des seuls moments où ils sont tranquilles, où leur travail est fini. Dès que le concert est terminé, ils se réveillent et ils se remettent au boulot...
Qu'est-ce que tu gardes comme bon souvenir de cette tournée ? Comme accueil ?
J'en garde d'excellents, mais surtout c'est la première fois que moi je vois le concert ! Quand je vois ce DVD, tout à coup je vois les lumières qu'il y avait à tel moment... Moi je n'ai pas vu le concert comme les gens l'ont vu, donc quand je vois ce DVD j'ai l'impression d'être au spectacle, je dis "ah tiens c'est vrai que..."
Alors, comment tu le trouves ?
Ouais franchement, je trouve ça pas mal ! [rires]
Très bien, Jean-Jacques Goldman, il est avec nous jusqu'à 19h30 sur RTL...
Studio 22, Jean-Jacques Goldman. Alors voici maintenant quelqu'un que tu nous as demandé d'inviter puisque c'est toi qui as fait toute la programmation, un jeune chanteur de power-pop on va dire... Cédric Atlan.
Je l'ai rencontré pour la première fois... dans le couloir ! Mais moi je trouve qu'on n'a pas besoin de rencontrer les gens pour de vrai, d'ailleurs je rencontre assez peu les chanteurs. J'adore les rencontrer par ce qu'ils font, donc en fait je l'ai rencontré par la radio... Tout à coup j'entendais une voix, un ton, des mots et une musique que je trouvais intéressants, voilà.
Alors on va l'inviter maintenant, il va nous retrouver, c'est Cédric Atlan avec "Come in".
["Come in", version acoustique]
Cédric Atlan ! Jean-Jacques, Cédric, Cédric, Jean- Jacques, évidemment... "Elève indiscipliné, pense trop aux filles", c'est ça ? C'est le titre de l'album.
C'est à cause d'une institutrice... parce que je n'aimais ni le foot ni le basket, alors du coup je restais avec les filles. Je m'étais dit : "dès que je peux le ressortir je le ressors !".
Tu sais qu'il a fait un petit bout de la tournée avec Marc Lavoine ? C'en est où là, Cédric ?
On est en plein milieu, là !
Alors qu'est-ce qui se passe exactement ? Parce que tu fais pas la première partie, tu chantes à l'intérieur...
Il m'a vraiment tendu la main, vraiment. En fait ça se passe au moment des rappels, donc c'est mortel pour moi parce que les gens ont déjà pris 15 tubes dans les oreilles donc c'est super ! Et puis on chante la chanson tous les deux : "Enfin on plaît aux filles", le premier single... On en fait 10 minutes du coup ! Parce qu'il fait chanter les gens, que des trucs que je sais pas faire, il m'apprend plein de choses.
T'as déjà fait monter des gens comme ça, des jeunes artistes, au milieu d'un spectacle ? C'est compliqué à gérer ça, Jean- Jacques ?
Au début j'ai fait ça parce que je n'avais pas assez de chansons... [rires] Je me rappelle, sur la première tournée il y avait Didier Makaga qui chantait une chanson, je sais pas si toi tu en chantais une aussi, Michaël ? Oui... Puis après j'ai carrément pris des chanteurs avec moi pour que tout le monde chante quoi !
En France, on parle beaucoup de cette jeune génération de la chanson française, tu la trouves comment toi ? Je pense à Vincent Delerm qui est venu tout à l'heure saluer, qui voulait te rencontrer, plein de gens comme Bénabar, comme Cédric... elle est sympa cette scène non ?
Oui... Moi je me sens évidemment un peu plus attiré par des gens qui ont la démarche de Cédric parce qu'il y a, je dirais, une démarche pop... On a l'impression qu'on peut entendre ses chansons d'abord sans les écouter, ce qui n'est pas le cas des autres dont tu as parlé, qui sont un peu disons dans une tradition que je connais moins bien, qui est la tradition des chanteurs à texte, où il faut les écouter pour que la chanson plaise. Faudrait mettre une filiation vers Balavoine, vers Polnareff pour les Français je pense, où l'on peut écouter une de nos chansons juste par plaisir et ensuite éventuellement creuser et y trouver du sens. [applaudissements]
En revanche, je voulais vous dire que je suis sacrément impressionné notamment par "Nuit", "Veiller tard" et "Filles faciles"... Je voulais vous le dire. [applaudissements] Notamment... Ça veut dire qu'il y en a d'autres !
C'est un bon choix ! [rires dans le public]
Cédric Atlan, tu reviens vite toi... A bientôt !
Volontiers.
"Je voudrais vous revoir", on y va ? Ça tombe bien par rapport à Cédric tout ça !
["Je voudrais vous revoir", version acoustique]
"Je voudrais vous revoir" ! Goldman and Co, on va dire...
Jusqu'à 19h30, c'est le Studio 22 de Jean-Jacques Goldman. Et encore une fois, quelqu'un qu'il a invité, et que nous allons découvrir dans quelques secondes. L'album vient d'arriver, il s'appelle "Grandir", le single qu'elle va nous interpréter c'est "Grandir". Voici Audrey Sara !
["Grandir"]
Audrey Sara, "Grandir" ! Ça va ?
Ça va, mais...
Je demandais à Jean-Jacques, en fait ça fait longtemps que vous vous connaissez ?
Oui, un petit moment !
Tu travaillais en fait avec Jacky qu'on a entendu aux claviers avec Jean-Jacques, c'est ça ?
Voilà ! J'ai travaillé cinq ans avec Jacky, oui.
Alors, auteur-compositeur-interprète, même si tu n'as pas signé toutes les musiques et tous les textes de l'album, tu en as aussi signés...
Oui, enfin il y a un texte de l'album que j'ai écrit.
Oui sur une chanson, mais sur les musiques tu as travaillé avec...
Oui beaucoup.
... avec pas mal d'auteurs. Il y a une chanson qui t'a été offerte par Jean-Jacques Goldman, c'est ça ?
[elle sourit] Oui, je crois que c'est ça...
"Goutte de pluie". Tu as commencé à chanter partout, tout le temps, c'est-à-dire des reprises, depuis que tu es toute petite tu chantes...
A partir du moment où j'ai décidé de chanter, j'ai chanté partout !
Oui d'accord. Alors la première partie de Kyo c'est fini ?
Non non, ça commence là en fait ! J'ai fait la première partie au mois d'octobre à La Cigale, et puis là je pars du 28 au 10 décembre avec eux, sur les routes.
Sur une tournée qui fonctionne drôlement bien en plus ! Donc tu les embrasseras pour nous parce qu'on les aime bien... Tu connais Kyo, je suppose ?
Oui je connais Kyo ! Je connais Audrey surtout... [rires] Ce que je voulais dire, c'est que Audrey c'est le contraire d'un hasard ! Quand je l'ai rencontrée, elle faisait du piano-bar pour gagner un peu sa vie. Mais quand il n'y avait pas de travail, elle allait chez Pizza Hut ou elle allait chez Décathlon... Elle est d'un milieu où personne ne l'a jamais aidée ! Elle était tout le temps gaie ! Elle ne jouait pas de guitare à cette époque-là, elle joue très bien de la guitare maintenant ! Elle n'écrivait rien, elle ne faisait que des reprises : elle a appris à écrire, elle a appris à composer... Elle a rencontré l'équipe, avec laquelle elle travaille, toute seule ! Quand je vois tous les gens qui demandent de l'aide et tout ça, elle, elle trace son chemin, c'est le contraire d'un hasard voilà !
Et en plus c'est plutôt très réussi ! L'album s'appelle "Grandir"... Puisque c'est la première fois que tu viens à Studio 22, ça va être l'épreuve traditionnelle : on a demandé à Audrey de réfléchir à un petit morceau qu'elle aimerait bien nous refaire, un petit bout de cover, et elle a choisi "Knocking on heaven's door", avec la guitare de Jean-Jacques.
[Extrait de "Knocking on heaven's door", accompagnée par Jean-Jacques à la guitare]
Merci, c'était Audrey Sara ! L'album s'appelle "Grandir". Tu veux bien présenter les deux petits qui viennent maintenant, s'il te plaît Jean-Jacques ?
C'est Michaël... Il a toujours fait plein de trucs en dehors de ses activités avec moi, et là il a fait une opération avec des musiciens de studio, avec les plus grands musiciens de France et avec quelques invités comme Paul Personne, comme Axel Bauer, Francis Cabrel. C'est une opération qui s'appelle "Autour du Blues", et il a chanté une chanson avec Tanya. Et donc moi je les ai invités ici parce qu'on n'a jamais assez de bonne musique !
"Même le blues m'abandonne", Tanya Saint-Val, Michaël Jones !
["Même le blues m'abandonne"]
Tanya, Michaël : classique du blues. J'ai appris que c'était Michel [sic] Verbeke qui l'avait adaptée en français. C'est vrai ?
Non, non, je crois que c'est Nino Ferrer.
Moi, je connais une version de Nino Ferrer.
Il y avait aussi Verbeke dans les crédits du truc, je croyais que c'était lui qui l'avait adaptée en français. Bon, peu importe... [Note de Jean-Michel Fontaine : "Même le blues m'abandonne" est l'adaptation française de "Nobody knows you when you're down and out", de Jimmy Cox. Cette version a été écrite par Patrick Verbeke et Chris Lancry, mais il existe également une autre version en français, de et par Nino Ferrer, qui s'appelle "Le millionnaire"]
Peut-être, peut-être.
Mais il a eu l'idée...
Merci, c'est super gentil Michaël.
Et il la chante bien aussi !
Et toc ! Alors "Autour du blues", c'est le volume 2 qui vient de paraître. En fait, c'est une histoire qui commence en 2001 avec ce concert au Club Med World à Bercy pour la première édition. Un premier album qui se vendra à plus de 30 000 exemplaires. Est-ce que tu es à l'initiative de ce projet tout seul, Michaël ? Il y a des gens avec toi ? Vous avez eu envie de faire quoi ?
Moi, je suis pas vraiment à l'origine. C'est Eric Basset qui m'avait demandé ce que je pensais de l'idée. Je lui ai dit que je ne pouvais pas porter ça sur mes épaules. Je n'avais pas le temps. Donc, c'est Denis Lable, qui est le guitariste de Francis Cabrel, qui a un petit peu orchestré tout ça.
Tanya, on te connaît évidemment pour les Antilles, pour le Zouk. Est-ce que le zouk et le blues sont des musiques très éloignées ?
Oh, très éloignées, peut-être... Je pense que j'ai toujours été attirée par le blues tout simplement parce que je suis chanteuse-interprète et que j'ai aimé ça depuis toute petite : le blues, la soul, le jazz.
Et c'est comme si tu t'y étais donnée à cœur joie parce que tu es beaucoup dans cet album. Tu as beaucoup participé.
Oui, c'est un beau cadeau. Tout simplement parce que j'avais envie de faire autre chose. J'ai très envie de faire autre chose que le zouk. C'est vrai que j'aime chanter et j'ai eu plaisir à travailler avec tous les artistes sur cet album.
Alors Jean-Jacques nous a donné quelque noms, c'est vrai, dont Tanya, Michaël, Jean-Jacques, Francis Cabrel, Paul Personne, Patrick Verbecke, Axel Bauer, enfin bref... Comment choisit- on d'ailleurs les gens qui font partie de ce casting ? Comment choisit-on les chansons que vous interprétez dans l'album ?
On n'a pas vraiment choisi les gens. Ce sont les gens qui avaient envie de le faire, avant tout. Je pense que tous ceux qui participent à ce projet sont des gens qui ont les racines dans le blues. Je ne pense pas que c'est quelqu'un qui a dit "faut prendre un tel ou un tel". C'est vraiment une association de malfaiteurs.
Ça se fait par contact, beaucoup.
C'est toi qui a choisi ta chanson, Jean-Jacques ? "Tobacco road" ?
Je suis toujours un peu fainéant. Je chante toujours les mêmes chansons. Ça, c'est une chanson que je chantais quand je faisais du bal. Et puis très longtemps, je l'ai chantée avec Michaël. Il savait qu'il n'y aurait pas trop de travail. [rires]
Très bien. Il y a un DVD qui était dans l'air, il est sorti, il va sortir. On en est où ? Il va être diffusé dans des petites salles de cinéma, c'est ça ?
Il y a un DVD qui sort vers le 17 novembre et un film qui va passer dans des cinémas d'art et d'essai.
En tout cas, ce que je peux dire, je crois que le film a reçu un prix. Je ne pourrais pas dire vraiment lequel mais il a reçu un prix. Et c'est vrai que quand on regarde le DVD, on est très contents. Il y a Paul Personne aussi. Et de voir un petit peu tous ces grands artistes travailler ensemble en studio, et puis c'est du vrai, quoi !
Il y a une démarche qui me plaît bien, c'est l'humilité de ces grands artistes, de Jean-Jacques, de Paul, de Michaël, qui viennent se la jouer sur des morceaux qui ne sont pas si faciles que ça, de temps en temps.
Il faut dire aussi que cela s'est fait dans des conditions dans lesquelles on n'a pas le loisir aujourd'hui de travailler. C'est-à-dire qu'on s'est mis dans un grand studio et on a joué "live". Aujourd'hui, on n'a plus les moyens de faire ça. C'était vraiment un grand luxe.
C'est le volume 2. "Autour du blues, volume 2". Un album à découvrir si vous ne le connaissez pas encore. Merci encore tous les deux, Tanya, Michaël. Jean-Jacques, on s'y remet ? "Et l'on n'y peut rien" ?
["Et l'on n'y peut rien"]
J'ai eu l'impression que le violon te manquait ? [rires] Un peu, oui... Sans le violon, c'était Jean-Jacques Goldman "Et l'on n'y peut rien" !
[coupure flash info]
Bienvenue à bord de la 2ème partie de ce Studio 22, un Studio 22 avec en invité vedette Jean-Jacques Goldman. [applaudissements] Jean-Jacques, Jacky Michaël qui se sont installés... "Il y a" ?
["Il y a", version acoustique en duo avec Michaël Jones, accompagnés par Jacky aux refrains]
Et les cœurs du grand studio... Jacky, Michaël et Jean-Jacques Goldman, "Il y a". Jean-Jacques, qui est avec nous jusqu'à 19h30, il y aura d'autres morceaux évidemment tout à l'heure avec la sortie de ce DVD, nous en parlions en début d'émission. Jean- Jacques, est-ce que tu te souviens de ta première tournée ?
Oui très bien, c'était épouvantable ! [rires)
Pourquoi ?
Parce que j'avais de très mauvaises relations avec l'orchestre. J'avais réussi à imposer un pilier qui s'appelait Michaël Jones, qui m'a sauvé la vie... C'est un très mauvais souvenir pour moi.
Tu te souviens que c'était une tournée qui avait été en collaboration avec RTL ?
Euh, oui.
Je vais te dire pourquoi... [Le public hue l'animateur]
C'est pas eux qui choisissent les musiciens !
Parce que Jean-Jacques, tu avais aussi fait la bande annonce, tu te souviens de ça ?
Euh, non bien sûr...
On l'a retrouvée !
[Diffusion de la bande annonce de l'époque. Jean-Jacques énonce quelques phrases, tandis que sont intercalés des extraits de ses chansons : "J'irai au bout de mes rêves" Jean-Jacques Goldman : Partir, c'est quitter les studios. "Quand la musiques est bonne" Voix off : Jean-Jacques Goldman, en tournée ! "Il suffira d'un signe" Jean-Jacques Goldman : Partir c'est jouer pour de bon et pour des gens. "Quand la musique est bonne" Voix off : Jean-Jacques Goldman, en tournée ! "Comme toi" Jean-Jacques Goldman : Partir c'est vivre la musique avec des images. "Envole-moi" Jean-Jacques Goldman : Bon allez, c'est ma première tournée alors il va falloir m'aider ! Partir ça sera peut-être aussi s'envoler... "Envole-moi"]
On a fouillé dans les archives de RTL et on a retrouvé ça ! Alors puisqu'on a mis le nez dans les archives te concernant, et dieu sait que c'est une grande histoire d'amour RTL et Jean-Jacques Goldman, est ce que tu te souviens de la première fois que tu as rencontré Johnny Hallyday sur RTL ?
Il faisait une émission...
Et il t'avait invité...
Et j'avais chanté une chanson qui s'appelait "Plus fort". J'avais choisi exprès cette chanson parce que je la lui avais proposé quatre ou cinq ans avant, et elle avait été refusée. Donc je l'ai chantée, et il a eu l'inconscience de me dire après : "Tu sais, cette chanson, tu aurais dû me la donner !". [rires]
C'est génial !
Non, c'est vrai...
Et tu sais que dans cette même émission, il avait chanté avec toi, il avait fait les chœurs...
Non, non, je ne me souviens pas...
Ecoute !
[Extrait de "Quand la musique est bonne" au moment du refrain, Johnny Hallyday fait les chœurs de la chanson]
Pas mal non pour une première rencontre ? Tu gardes quel souvenir de cette première rencontre d'ailleurs avec Le Grand ?
D'abord je voudrais que tu me préviennes, il y a d'autres surprises comme ça ? [rires] Bon souvenir, il était super accueillant, super détendu, c'était une bonne période de son existence.
Et la première fois qu'il t'a demandé de travailler pour lui et de lui écrire des chansons, c'était comment ?
Il y a eu l'album de Michel Berger qui avait été non seulement un énorme succès, mais je dirais presque une rédemption pour Johnny, et donc le fait de faire un album avec un auteur-compositeur... Et je vais te dire, avec très peu d'humilité, mais je sentais que ça allait me tomber dessus après, parce que je me suis dit : "ils vont vouloir continuer". Et je ne voyais pas trop sur qui d'autre... donc évidemment ça m'est tombé dessus ! Mais je l'ai pris avec beaucoup de fierté et avec beaucoup de plaisir.
Et Céline Dion, c'est toi qui est venu la chercher ?
Oui, j'avais envie de travailler avec une femme. J'avais des chansons et j'avais envie de rétablir dans ces années-là, je ne sais plus en quelle année c'était, mais les chanteuses à voix... J'étais énervé qu'on soit obligé d'aller chercher les chanteuses à voix du côté de Barbara Streisand, etc, alors que je savais qu'il y avait des filles qui chantaient très bien. Et donc franchement, j'hésitais entre plusieurs, mais j'avais les chansons, j'avais cette envie-là, je sentais qu'il y avait cette possibilité de rétablir à cette époque-là des chanteuses à voix, ce qui n'existait plus.
Oui mais alors bizarrement, tu lui as fait tomber la voix à Céline Dion !
Oui mais la capacité est là, ensuite il y a l'interprétation. Le problème que les chanteuses à voix rencontraient du côté de... je sais pas... Michèle Torr, qui sont des bonnes chanteuses, toutes les filles de Piaf on va dire, c'était de chanter avec des tics comme ça, alors qu'il fallait moderniser la façon de chanter, ou du moins la simplifier.
Mais encore une fois, tu es reparti sur un contre- pied pour Céline Dion ! Parce qu'au moment où elle est à Las Vegas, avec les strass, les paillettes, le gros spectacle, toi tu lui fais des chansons avec le coup des quatre garçons et une fille, tu l'habilles... enfin c'est pas toi ! [rires] Mais tu la travailles un peu plus roots, plus rock, plus pop...
Oui mais je sais, depuis que je la connais maintenant, que les deux personnages existent chez elle ! C'est-à- dire, elle n'est pas née à Las Vegas, elle est née à Charlemagne dans un village et dans un maison de bûcherons avec 14 frères et sœurs ; donc je sais que ça, ça ne peut pas lui faire peur.
C'était une belle image avec les trois autres copains : Veneruso, Arzel et Benzi. Ça a été une belle expérience, encore une fois, ce nouvel album de Céline Dion ?
Oui, mais chaque fois que je travaille avec eux c'est du plaisir.
Nouvel invité maintenant, un groupe originaire de Marseille, là aussi c'est toi qui nous les as invités.
Oui mais c'est pareil, leur producteur qui a 30 ans, c'est un musicien avec lequel j'ai travaillé. Et lui il m'a présenté ses musiciens et voilà... Un jour il me donne un album, et moi je dis "bon c'est intéressant", voilà !
Alors l'album n'est pas encore arrivé, pour l'instant on a tous reçu un sampler huit titres qui est drôlement prometteur. Ça s'appelle "Si pour te plaire", je parle du single qu'ils vont nous interpréter, et maintenant on va accueillir Jaho !
["Si pour te plaire"]
Jaho ! Alors Jaho c'est trois personnes : d'abord aux percussions c'est Fred, Diego, et Cyril qui vient nous retrouver. Est- ce que c'est vrai que Jaho c'est un nom que tu utilisais comme nom de code quand tu faisais des jeux vidéo sur ton ordinateur, c'est de là que ça vient ?
C'est un personnage fictif, en fait, créé sur des jeux online sur Internet.
Vous avez travaillé, au fait, avec Jean-Jacques, il ne savait plus !?
J'avais entendu des maquettes, tu travaillais avec Erick, tout ça...
Avec Erick, et avec Jean-Jacques, on s'est retrouvé sur des albums, notamment Yannick Noah, France d'Amour...
Parce que toi, tu faisais de la guitare, et aussi de l'écriture et de la compo sur...
Voilà, avec Christophe Battaglia, on a écrit quelques chansons pour Yannick.
D'accord, et le projet de cet album de Jaho, c'est né comment ?
C'est né à peu près il y a deux ans, et j'ai croisé Gildas Arzel qui m'a dit : "Bon là il faut que tu fasses quelque chose". Donc avec Christophe on s'est dit : "Pourquoi pas tous se réunir et faire ce projet ensemble ?", donc on a écrit l'album.
Alors là, on a écouté une version acoustique parce que vous êtes venus nous la faire en vrai live dans ce Studio 22, mais c'est un peu plus, on va dire, énervé !
En fait c'est un mélange entre U2, Nirvana... pour ceux qui connaissent.
Oui, en terme de références c'est plutôt pas mal, et quand est-ce qu'on vous voit sur scène ? L'album va sortir en janvier je crois ?
L'album sort en janvier. On a quelques dates prévues au mois de décembre dans le sud justement, Marseille, Toulon, dans la région, puis une tournée en début d'année.
Vous avez cité U2 tout à l'heure, et je sais qu'en répétitions vous avez travaillé sur un truc, vous voulez pas nous en faire un petit bout ?
Avec plaisir.
Un petit bout de U2 juste pour le plaisir vous allez voir... Jaho, "With or without you" !
[Extrait de "With or without you", Jaho]
Merci beaucoup pour le cadeau, Jaho ! Le single c'est "Si pour te plaire", et l'album arrive en janvier. Vous reviendrez nous voir j'espère... Merci les garçons, tchao ! Alors, le DVD est sorti, l'album live est sorti, qu'est-ce que tu vas faire maintenant ?
Eh bien, je vais attendre d'avoir de nouvelles idées, pour écrire d'autres chansons... Il faut essayer de se renouveler un peu, c'est pas si simple, il faut que les envies reviennent aussi...
Et les envies d'écrire pour d'autres ? Il y a des gens qui te tenteraient en ce moment ?
[Rires]
--Q [Eric Jean-Jean [en riant]]: Il y a Michaël qui fait : "Moi moi moi !".
Franchement, je fais des tas de coopérations, quand on me demande. Puis je suis tout le temps en train de faire une petite chanson par ci, un petit texte par là, un petit coup de main par là...
J'ai lu un article, c'était une interview de toi dans l'Express, où tu parlais de l'histoire d'un chanteur des années 40 qui s'appelait Jean Sablon. Et tu racontais que tu avais été fasciné par le fait qu'un jour, ce type il décide de partir dans le sud et qu'on n'entende plus jamais parler de lui. Est-ce que ça veut dire que toi tu serais capable un jour de raccrocher et qu'on n'entende plus parler de toi ?
[Cris de déception dans le public]
J'en sais rien ! Je mettais ça en parallèle avec tous les adieux extrêmement médiatiques de certains : la dernière tournée, le dernier album, la dernière scène, le dernier CD, profitez- en, surtout achetez-le, etc. Et puis en général, ce sont ceux-là qu'on revoit deux ans après ! Et j'aimais bien l'idée de ce type-là, qui avait vraiment été une énorme vedette, un très grand séducteur, un type qui avait eu vraiment beaucoup de succès. Et lui il est parti, et puis on ne l'a plus jamais revu, voilà ! J'aimais bien sa démarche, ça ne veut pas dire du tout que je m'en inspirerai... C'est une jolie retraite, je trouve, de faire des chansons !
Parce qu'on a eu peur quand on a vu que tu t'étais installé dans le sud ! On s'est dit : "ça y est, il a fait la première étape"...
Non non, ça n'a rien à voir.
Très bien, une dernière chanson ?
La dernière justement ! De l'émission...
Jean-Jacques Goldman ! Je pense que vous allez la connaître, elle s'appelle "Pas toi".
["Pas toi", version live acoustique, en trio avec Jacky Mascarel et Michaël Jones]
Jacky, Michaël, Jean-Jacques... C'était le Studio 22 de Jean-Jacques Goldman ! Merci, merci mille fois. Merci Jean-Jacques.