Un tour ensemble (Bonus) — Chronique d'une année de tournée

Un tour ensemble (Bonus) — Chronique d'une année de tournée

DVD Un tour ensemble, 2003 , 2003

Chronique d’une année de tournée

Un tour ensemble (DVD bonus), 2003

Retranscription de Frédéric Bretones

Relecture et corrections de Fig Sauvage

Chansons mentionnées : Ensemble, Et l’on n’y peut rien, Tournent les Violons, Une poussière, Les Choses, Je Marche seul, Pas l’indifférence, Né en 17 à Leidenstadt, Peur de Rien Blues, Je voudrais vous revoir, Je commence demain, Il y a, Confidentiel, Les petits chapeaux,

Jean-Jacques Goldman : Au mois de septembre, la tournée était déjà organisée donc je savais qu’elle allait avoir lieu. Cela signifie que j’avais déjà la colonne vertébrale du spectacle : à quoi ça allait ressembler sur le plan scénique, comment la scène allait être, sur le plan du rapport avec les gens, sur le plan du scénario… c’est surtout ça le plus angoissant et le plus difficile à trouver.

Paris, Septembre 2001

Jean-Jacques Goldman : Quand je pars en tournée, je sais que tout s’arrête : tout mon temps sera consacré à ça. Parfois, il y a d’autres choses…, mais quand je dis la tournée c’est au sens large, c’est-à-dire qu’il y a des interviews sur le plan local et des obligations que la tournée induit. Et tout ce qui va être fait en plus : tourner un clip de temps en temps ou remixer un morceau sont des choses en plus qui ne sont jamais les bienvenues parce qu’elles surgissent sur les quelques plages de repos que l’on peut avoir.

[Images du tournage du clip “Ensemble”]

Première mise en place. Marseille, Décembre 2001

Jean-Jacques Goldman : Mon problème c’est déjà de décider des 25 chansons de base. On va en enlever, il y en a qui vont revenir etc… Je dois faire cette liste, c’est un travail personnel. Pareillement, en fonction de ce que j’ai chanté avant, de ce que je crois que les gens ont envie d’entendre, qu’on a envie de jouer, des chansons qui, je pense, vont prendre de l’importance sur scène et d’autres n’en prendront pas. Une fois que ce travail est fait, je l’envoie au musiciens parce que je ne veux pas perdre de temps avec eux pour ce qu’ils peuvent faire seuls, c’est-à-dire apprendre les chansons. Je leur envoie donc la liste des chansons et les CD, parfois même avant que l’album ne soit sorti, de façon à ce qu’ils puissent travailler chez eux. Ils sont aussi payés pour ça : déchiffrer, faire les partitions etc..., chacun de son côté. Ce qui fait que le jour de la première répétition, je fais : “trois, quatre” et on chante et on joue les vingt-cinq chansons.

[Répétitions “Et l’on n’y peut rien” avec Jean-Jacques Goldman, Michael Jones et Claude Le Péron]

Jean-Jacques Goldman : On s’est rendus compte qu’on se fatiguait dès qu’on mettait une sono et du bruit, alors qu’à ce moment-là, on avait seulement besoin de la mise en place, de la discussion, des mises en place de chœurs. On n’a pas besoin de beaucoup de bruit. On a donc décidé cette fois-ci de le faire comme ça… Je crois même qu’il battait sur des bottins de téléphone ou quelque chose comme ça. C’est finalement la partie la plus importante de la mise en place définitive, comme des maquettes, de nos versions scéniques.

Première réunion des techniciens. Marseille, Février 2002

Jean-Jacques Goldman : A la première réunion, je suis très content de les voir parce qu'on ne se voit pas [en dehors des tournées] donc ça me fait vraiment plaisir de les revoir au bout de trois, quatre ans.

C’est une première réunion qui est le début de la fin et le début du plus facile.

Pour moi, avant cela, il s’est passé six mois de conception du spectacle : à un moment je me suis dit : “Ca y est, je crois que j’ai la trame de ce spectacle”, sachant que ce n’est pas terminé, qu’il y a beaucoup de choses qui vont changer mais que la base, 80%, est là. Donc quand je les rencontre, je suis un peu soulagé, je leur “laisse le bébé” et eux le font grandir.

Réalisation du clip “Tournent les Violons”. Prague, Février 2002

[Extrait du tournage du clip]

Jean-Jacques Goldman : Pour moi, ce tournage de clip, c’est la même chose que les autres tournages de clip, c’est-à-dire que j’ai juste envie que ça se termine le plus vite possible. Je me souviens que celui-ci était un peu particulier parce qu’il fallait le tourner à Prague, alors j’ai tout organisé avant en discussion de façon à ce que cela se passe plus près, en France, pour que ça me prenne moins de temps… c’est sympa mais c’est une parenthèse où j’ai juste envie que ça se termine.

Première répétition sonorisée. Marseille, Février 2002

[Extrait répétition dans une salle des fêtes]

Jean-Jacques Goldman : Ensuite, quand on a mis en place le concert, pendant deux fois une semaine en quasi acoustique, il faut l’entendre avec les instruments, les sons, la vraie batterie etc, il faut sonoriser. Nous sommes donc partis dans une salle des mariages “faire les essayages” : on joue vraiment le concert et on fait des modifications en fonction des sons et du temps, on commence à mesurer…

[Répétition de l’intro “Une poussière”]

Michael Jones : Non, non, attends : il y a des bruits à la guitare qu’il faut écouter et c’est ce qui donne les signes. Quand je fais ça : [son de guitare], ça donne l’entrée du “mood” et après je fais : [quatre notes de guitare] et là, ça donne l’entrée de la grosse caisse.

Jean-Jacques Goldman : Je crois qu’il faut quand même faire un truc efficace [Jean-Jacques Goldman tape dans ses mains pour indiquer un tempo à Christophe Deschamps].

Christophe Deschamps : Je compte et là je vous laisse seuls avec les percussions et je pars…

Jean-Jacques Goldman : Non, tu n’as pas besoin de compter ! Les instruments s’en vont, toi tu cesses un instant, on sait donc que là on compte quatre temps puis on s’arrête, et là, c’est à toi de reprendre. Les instruments baissent et on prend les percussions. Donc à un moment tout le monde joue, à un moment tu stoppes… Nous on continue mais on sait qu’il va falloir qu’on s’arrête…

Rodage en public. Le Réservoir, Février 2002

[Extrait, répétition de “Les Choses” dans les studios de RTL2]

Jean-Jacques Goldman : On avait organisé ce concert dans un club. Le souvenir que j’en garde est le contact direct avec des gens, c’est-à-dire que la musique n’est plus seulement pour nous, elle accompagne des visages.

Je me souviens de la surprise de voir qu’ils connaissaient déjà les nouvelles chansons. De plus on est à un mètre d’eux, comme dans un club, ça parait bête mais c’est toujours une surprise pour moi : être parti pendant quatre ans, avoir fait de la musique tout seul et tout à coup, se retrouver devant des gens qui ont écouté cette musique et ces chansons et qui les chantent, je suis moins surpris qu’au début mais ça me fait toujours quand même quelque chose de bizarre.

[Extrait “Les choses” sur scène du Réservoir]

Début de la tournée. La réunion, Mars 2002

Jean-Jacques Goldman : La tournée à la Réunion, je dirais que c’est d’abord un rite. Pour toute l’équipe c’est… je ne sais pas, ça nous parait invraisemblable de ne pas commencer par la Réunion : on a nos habitudes là-bas, ça fait vingt ans maintenant qu’on commence une tournée là-bas, il fait beau, ça soude l’équipe, il y a une bonne ambiance, on a le temps de faire d’autres choses, tout le monde est détendu et c’est la possibilité de faire des vrais concerts puisqu’on joue dans des théâtres et aussi dans des stades éventuellement, devant un public qui est le même que celui de Limoges, Paris, Lyon ou Marseille, c’est un vrai public francophone.

[Extrait “Je Marche seul”, Jean-Jacques Goldman arrive au milieu du public]

Jean-Jacques Goldman : C’est vraiment la possibilité de voir si le concert fonctionne bien sur le plan musical et sur le plan technique sans le décor, donc de façon brute et non conventionnelle et sur des scènes normales.

Il est rare qu’on change des choses une fois que la Réunion est faite, on en change pendant la Réunion parce qu’on se rend compte qu’il y a des rythmes et des suites de chansons qui ne vont pas et qu’on fait des essais. Mais une fois que les concerts à la Réunion sont terminés, on a, en général, à peu près le concert dans l’ordre.

[Extrait “Pas l’indifférence”]

Jean-Jacques Goldman : Une fois qu’on revient de la Réunion et qu’on commence à faire les vrais concerts, il y a une chose qui intervient énormément, c’est la mise en scène : on se retrouve d’une part avec une autre scène, d’autre part avec tous les films, même si on en avait un peu à la Réunion, on ne les avait pas tous, la présence des danseurs. Donc là, il y a des valeurs qui changent. Telle chanson devient tout à coup une autre parce qu’elle n’a pas de films et qu’une autre en a. Il y a ceci et mais il y a aussi un rythme général du répertoire qui se fait. On avait un doute entre “Pas l’indifférence” et “Né en 17 à Leindenstadt”, on a donc décidé de les chanter un jour sur deux au départ mais on s’est très vite rendu compte que “Né en 17 à Leindenstadt” amenait quelque chose qui n’était pas dans le concert. “Pas l’indifférence” plaisait bien aussi mais était un peu anodine, pas par rapport à la chanson en elle-même mais par rapport aux autres, elle s’intégrait moins bien que l’autre. On a donc décidé de rester sur "Leidenstadt".

Mise en place de la présentation des musiciens. Marseille, Avril 2002

[Séance de répétitions, Jean-Jacques Goldman à la guitare présente les musiciens]

Jean-Jacques Goldman : L’idée de base de la présentation des musiciens est un concert de Bruce Springsteen : il est à la guitare et les musiciens, un par un, viennent chanter, mais toujours la même chanson. J’ai pensé le faire pour la présentation des musiciens, que chacun chante son morceau de chanson. De plus, j’ai vraiment des chanteurs de haut niveau avec Michael, Jacky, Christophe Deschamps… donc le fait de mélanger ça et que chacun vienne chanter, je trouvais que ça offrait un rapport très intime avec les gens : arriver avec sa voix plutôt que de saluer, jouer de la batterie, de la basse…

L’impudeur de ça, c’est que justement chacun arrive avec sa voix, et en particulier ceux qui ne chantent pas très bien…

[Christophe Negre s'entraîne sur “Peur de Rien Blues”]

Répétitions sur la scène mobile. Marseille, Avril 2002

Jean-Jacques Goldman : Un jour j’étais dans mon lit et je me suis dit : “La scène qui se lève comme ça [il montre avec sa main la scène se levant à 90 degrés] n’a jamais été faite. Il me semble que techniquement, ça ne doit pas être impossible [il sourit]”. Donc je me suis levé, j’ai fait un petit dessin que j’ai faxé à Xavier et je lui ai dit : “ Est-ce que c’est possible ce truc-là ?” C’est mon grand privilège : je travaille avec des gens qui sont contents quand je leur pose des problèmes. J’ai trouvé une bande de masochistes : que ce soit au son, aux lumières, aux films ou sur la scène, quand je leur pose des problèmes, ça les excite, ils aiment bien la difficulté, les challenges, les défis, donc évidemment, ils s’y mettent tout de suite.

Ceci vient de moi spectateur, c’est-à-dire que quand je vais voir des concerts, je me rends compte très souvent qu’on oublie précisément ce qu’il s’est passé dans le concert et que c’est souvent une chose spectaculaire dont on se souvient… Ça ne veut pas dire qu’on a aimé ou pas le concert à cause de ça mais ça représente un peu l’affiche de ce concert-là.

Incidents techniques

Le 17 avril 2002, la tournée démarre à Montpellier. Ce soir-là, de nombreux incidents techniques vont se produire pendant le concert… Un seul cependant restera dans la mémoire de toute l’équipe.

[Extrait “Et l’on n’y peut rien”]

Jean-Jacques Goldman : Il y a eu tout à coup une panne de musique qui fait que les danseurs ne sont pas partis. Là, ce fut un gros moment de solitude… Je suis à 20 mètres d’eux à peu près, on se regarde et là je me dis que je suis vraiment un idiot de ne pas avoir prévu cela.

Claude Le Perron : Il prévoit tout, mais là il ne l’avait pas prévu. Il n’a jamais imaginé que ça puisse arriver parce que ce n’était jamais tombé en panne.

Jacky Mascarel : A ce moment-là, je suis en face d’eux et évidemment, je vois ce qu’il se passe… c’est ce qui m’a le plus frappé, parce que je savais que c’était la machine qui avait provoqué tout cela, la même qui a occasionné la panne de la voie de Carole et les gens se demandaient ce qui allait se passer.

Michael Jones : Ça n’a pas duré très longtemps, entre le moment où on s’est regardé et où on a pris la décision de continuer, mais on a eu l’impression que ça avait duré une éternité.

Jean-Jacques Goldman : Pour les gens, c’est imperceptible, ils ne s’en rendent pas compte, mais toi tu prends autant de coups dans le ventre à chaque fois. Donc là tu fais un concert je dirais, à l’arraché.

Claude Le Peron : Je suis sûr que pendant le reste du concert, dans sa tête, il devait déjà être en train de penser à la réunion d’après, “l'after show” comme on dit.

Christophe Nègre : Dans mon tempérament de musicien classique, académique, tradition du musicien, je suis évidemment désolé pour le spectacle mais bien content que la machine ne soit pas fiable et qu’on ai encore besoin de l’humain. Ca m’arrange et c’est un peu pour ça qu’on est là aussi quand même. La machine tombe en panne : c’est dommage mais ça veut peut-être dire qu’on sera là la prochaine fois, pas avec Jean-Jacques Goldman parce que ce n’est pas le propos, mais dans d’autres circonstances éventuellement. Et puis on est rodés parce qu’on n’a pas fait que des choses merveilleuses devant 6000 personnes avec plein de lumières, on a fait des choses un peu plus crapuleuses et on a l’habitude de s’adapter aux pannes en tout genre. Mais là, sur une structure aussi énorme, on se retourne vers Jean-Jacques parce que c’est lui qui va prendre la décision. Il y avait une suite de problèmes, c’était le premier jour des Polonais, si à la fin ils ne parlaient pas très bien le français, au départ ils ne le parlaient pas du tout. On ne pouvait pas leur dire : “Allez-y”, on ne pouvait pas leur hurler : “la machine est en panne, rentrez chez vous ! ” C’était “no communication” [sic] de toute part.

Jacky Mascarel : Le problème le plus important était de saisir l’occasion de repartir, et on est repartis un peu en catastrophe.

Tournage du clip “Les Choses”, Paris, Mai 2002

[Images de tournage du clip]

Un dessinateur à Genève. Mai 2002

Jean-Jacques Goldman : Zep est dessinateur, mais je sais qu’il est aussi musicien et je l’ai même vu jouer. Je suis allé voir un concert de Zep avec son groupe, donc j’étais déjà spectateur sinon fan. Je ne comprends pas tous les textes, il y a du Suisse Allemand dedans donc… [rires] mais en gros j’adhère, je suis même un peu fan, mais on a surtout les mêmes références musicales, on a déjà fait quelques échanges de disques, c’est vraiment un grand fan de Dylan et de cette musique folk.

[Répétition acoustique “La vie ne vaut rien”]

Zep : Je lui ai fait des compil de disques, des choses qu’il ne connaissait pas mais qu’il aimait bien, j’étais assez fier. Sinon, il y avait surtout Dylan qu’il aimait beaucoup et moi aussi, là-dessus on se retrouvait. J’aime beaucoup la pop, le pop-rock des années 70 et lui c’est là qu’il a commencé à tourner, à faire du bal et les grands titres de cette époque, il les a tous joués.

Ensuite, il est venu en concert à Genève, pour deux soirs de suite. On a été l’écouter le premier soir et on a mangé chez moi après et là, il m’a dit : “Alors on joue demain ? ”, Je lui ai dit : “Non, je ne peux pas jouer sur une scène comme ça” et lui m’a répondu : “Oui oui on jouera quelque chose !” “.

Jean-Jacques Goldman : On a un ami commun qui m’a dit qu’il était en train de travailler sur “la vie de vaut rien” d'Alain Souchon. Il adorait cette chanson et il la jouait souvent, alors je me suis dit qu’il y aurait moins de répétition de guitare. Je l’ai donc travaillé de mon côté et lui ai demandé s’il était d’accord pour faire cette chanson.

Zep : Heureusement je n’ai pas eu le temps d’avoir le trac : c’était la veille, il était déjà tard dans la nuit, ce qui fait que je n’ai même pas passé une mauvaise nuit avant… et puis ça s’est fait.

[“La vie ne vaut rien” en duo sur scène]

Zep : C’est le concert de Jean-Jacques Goldman, les gens sont heureux, il leur dit : “Je vais faire venir un copain sur scène donc les gens ne vont pas jeter des tomates, en plus je suis un dessinateur, donc personne ne s’attend à ce que je sache chanter ou jouer de la guitare, ce qui fait que quoi que je fasse, les gens se diront : “Pour un dessinateur, il ne se débrouille pas trop mal.

Un musicien à Brest. Juin 2002

[Extrait “Je voudrais vous revoir” sur scène, Bruno Le Rouzic est à la cornemuse]

Jean-Jacques Goldman : “Bruno est le chef des cornemuses qu’on est allé enregistrer en Bretagne sur “Je voudrais vous revoir”. C’est lui qui a formé le bagad et qui a aussi dirigé les séances. C’est un ami de longue date, on a tourné avec Gildas Arzel, donc comme on était dans son fief, on lui a demandé de venir jouer un peu de cornemuse aussi.

Les invités. Lille 2002

Jean-Jacques Goldman : Lorsqu’on a des radios qui jouent vraiment le jeu, qui sont attachées aux chansons que je fais, on essaie de les remercier en montant des opérations avec eux, c’est-à-dire en invitant une partie de leurs auditeurs. Je me suis posé la question de ce qu’on pourrait leur offrir… Je me suis dit que ce que veulent les gens, c’est voir comment on vit, savoir comment ça se passe derrière : on se fait des petits chauffages de voix donc en acoustique, pas du tout sonorisé, juste avec une guitare et peut-être que ça les intéresse tout autant.

[Répétition en Backstage “Je commence demain”]

Jean-Jacques Goldman : Donc ça se passe comme ça, on mange avec les gens : ça nous intéresse toujours beaucoup parce qu’on rencontre une infirmière, un professeur, un mécanicien, un paysan…, et ils ne se connaissent pas parce qu’ils ont, en général, gagné un concours. Ils nous posent des questions, on leur en pose, donc c’est assez “bon enfant”.

[Répétitions “Il y a” devant les auditeurs sélectionnés]

Tournée d’été. Juillet 2002

Jean-Jacques Goldman : On ne peut pas monter cette scène énorme avec cette avancée dans toutes les salles, en particulier dans tout ce qui est déjà figé : comme Carcassonne et Nîmes où il y a quelques obligations architecturales. Là on répète un petit peu de façon à placer les danseurs autrement, à changer nos déplacements. Et puis on espère que le moins de ces concerts sera compensé par le plus de la beauté des lieux et de la proximité des gens.

Une journée particulière. Juillet 2002

Jean-Jacques Goldman : J’étais en contact avec une réunion annuelle de chorale qui a lieu à Alès : Les Fous Chantants, où tous les ans mille choristes, venus de la France entière et d’autres pays, accompagnent un chanteur. C’étaient eux qui avaient fait les chœurs de “Ensemble”. J’étais venu les enregistrer dans le théâtre d’Alès. Voilà toute l’histoire.

Jacky Locks (Chef de chœur) : Ce sont vraiment les retrouvailles, c’est la première fois après l’évènement “Ensemble”. Ces gens-là ont vécu cette aventure, ils ont vu l’après, ils ont revu leur aventure diffusée à la télévision, comme quand, avant ils voyaient les stars, inaccessibles, à la télé, mais là c’était avec Jean-Jacques Goldman. Et aujourd’hui, ils vont le revoir en chair et en os, je pense qu’ils vont être vraiment émus, lui aussi peut-être. Ils vont lui faire quelques petits cadeaux musicaux évidemment et puis ce soir je crois qu’il y aura quelques surprises attendues, il y aura aussi une surprise moins attendue par Jean-Jacques…

[Extrait de la chorale sur “Ensemble”]

Jean-Jacques Goldman [au micro devant les choristes] : Et nous étions ensemble, ensemble nous l’avons franchi ! Merci !

Jean-Jacques Goldman : Alors le soir de ce concert, je me doutais bien qu’il y aurait une partie des mille choristes qui seraient dans la salle, ne serait-ce que parce qu’ils aiment bien les concerts. Donc au moment de “Ensemble”, ça m’a vraiment surpris, comme dans le cadre du concert où tu es quand même un peu tendu et concentré, et j’étais très ému quand ils ont chanté “ Ensemble”. A la fin du concert, le chef de chœur Jacky Locks m’a demandé l’autorisation de venir sur la scène où il a fait chanter une chanson, non pas à une chorale sur scène mais à la foule, ce qui m’a beaucoup touché. Je ne m’attendais pas à ça, je n’avais jamais vécu cela.

[Extrait de “Confidentiel” chanté par le public devant Jean-Jacques Goldman, très ému]

Tournage du clip “Je voudrais vous revoir”, Paris, Septembre 2002

Jean-Jacques Goldman : Parfois j’ai des idées de scénario, parfois je n’en ai pas. Quand j’en ai une, je prends un réalisateur qui me semble convenir à cette idée et qui va le faire dans le même esprit. Quand je n’en ai pas, je demande des idées à plusieurs personnes et ensuite, je travaille un peu sur cela.

[Extrait tournage du clip]

Jean-Jacques Goldman : Ça ne me prend pas beaucoup de temps, ce sont des échanges de fax ou téléphoniques. Ensuite, en général, ce que je leur demande de n’être présent que deux heures et qu’ensuite, ils se débrouillent. Je choisis aussi les scénarios en fonction de ça : que je ne sois pas habillé en croisé ou en marin, que je n’ai pas de travail d’acteur à faire. Je leur demande donc d’être présents mais qu’au bout de deux heures, ce soit terminé si c'est possible.

Zep… le retour. Genève, Septembre 2002

Zep : On a fait “Les petits chapeaux” quand il est revenu : parce qu’il est venu deux fois en tournée à Genève, deux fois deux dates. Ce jour-là, il m’a dit : “On rejoue ?” Mais je n’avais plus peur parce que je savais qu’on allait le faire et il m’a dit de prévoir quelque chose. J’avais envie de faire “Les petits chapeaux” parce que c’est une chanson de l’album que j’aime beaucoup, qu’il ne fait pas dans la tournée et qui est dans l’ambiance d’une chanson de Dylan que j’aime beaucoup. J’avais envie de faire celle-là.

[Extrait “Les petits chapeaux” en duo sur scène]

Jean-Jacques Goldman : Elle est bien, même en acoustique. J'avais même envisagé de la faire avec une fanfare à Genève, une vraie fanfare. J’avais même pensé, ça fait partie des délires d’avant tournée : de demander à une fanfare de chaque ville où on viendrait, de monter jouer sur scène avec nous. Ça posait des problèmes de sonorisation et de qualité : on peut tomber sur des fanfares qui ont travaillé une autre chanson parce que le fax n’est pas bien passé... tout est possible. On a donc abandonné. C’était une des 150 idées qu’on a laissées tomber.

Qui est Scossa ?

Jean-Jacques Goldman : Alors là j’aimerais bien le savoir et je crois que lui aimerait bien le savoir aussi. Il est en général extrêmement introverti et, comme les gens très introvertis, de temps en temps, il fait des choses extraverties que personne n’aurait l’idée de faire. Et là soudainement, on l’a vu arriver sur scène à un moment où il y avait la présentation de Jacky, donc il fallait quelqu’un qui fasse l’orgue à sa place, et on l’a vu arriver dans des délires de mise en scène, de déguisements etc… C’est devenu comme une espèce de leitmotiv de la tournée.

Michael Jones : Je me demandais : “Comment va-t-il venir ce soir ?”. On attendait ça, c’était un moment pour nous où on se demandait comment il allait venir”

Claude Le Péron : Incroyable ! Un jour, il est arrivé en arbre !

Christophe Nègre : C’était un des mieux !

Michael Jones : Un jour, il est venu pas habillé !

Claude Le Péron : Un jour il est venu à poil et un autre jour, un ami à moi a amené une tenue écossaise, avec le kilt, et lui, il a fait comme les Ecossais : sous le kilt, il était vraiment… Ah ! Il a tout fait [rires]. Une autre fois, il est arrivé en vélo sur scène.

Jean-Jacques Goldman : Tous les jours, il changeait. Ca allait du buisson ardent jusqu’au nounours, en passant par le transsexuel… c’était n’importe quoi [rires].

Dernier concert. Bordeaux 2002

Jean-Jacques Goldman : J’arrive bien à me programmer pour les choses : il faut partir en tournée, je pars, il faut quitter son chez soi, je le quitte. Quand je sais qu’une tournée va se terminer, là c’était le 11 ou 12 décembre, je savais que ça allait se terminer mais j’avais déjà autre chose à faire après… donc je ne suis pas spécialement triste. Par contre, j’ai horreur de cette dernière date parce qu’il faut dire au revoir à tout le monde. Je n’aime pas ce dernier jour. Chaque fois on dit qu’on va se faire quelque chose plus tard… Je déteste ce moment où tous, faisons semblant de ne pas se regarder parce qu’on sait que c’est la fin d’une espèce de famille… enfin la fin… plutôt la parenthèse d’une année qui a été très intense sur le plan professionnel et sur le plan humain.

[Extrait du dernier soir, tout le staff est sur scène avec les musiciens]

Jean-Jacques Goldman : C’est une tournée que je ne voulais pas faire. Je n’en avais pas envie. J'envisageais à un moment de ne pas y aller, car rien ne m’y forçait, et franchement, je l’ai faite parce que je ne me suis pas senti de téléphoner aux musiciens et aux techniciens et de leur dire que finalement, je ne faisais pas la tournée. Parce qu’il y a quatre ans, j’avais dit : “A la prochaine”, que je referai une tournée et je n'ai pas osé leur téléphoner en leur disant : “Écoutez les mecs, il n’y a pas de tournée”. Mais évidemment, je savais aussi qu’une fois sur scène, on serait heureux ensemble : on est toujours heureux ensemble. Donc c’est une tournée qui a été magnifique pour tout le monde.

Infos pratiques
  • Retranscription : Frédéric Bretones
  • Partager cet article

Page concernée :