Comment tournent les violons
Un film de Gilbert Namiand (2003) , 2003
(Texte défilant en incrustation sur les premières images) :
Comment une idée naît-elle dans l’esprit d’un auteur-compositeur ?
Comment des notes se transforment en un disque, un clip et un concert ?
Pour la première fois, Jean-Jacques Goldman et sa famille musicale racontent les coulisses de la création d’une chanson, autrement dit "Comment tournent les violons".
Images de la fin d’un concert, le public l’acclame, Jean-Jacques lève sa guitare en signe d’au revoir. Puis, on le voit à l’extérieur, il enfourche sa moto, met son casque et démarre dans la nuit. Alternance d’images du spectacle et de JJG sur sa moto, plan sur ses yeux.
Jean-Jacques Goldman, voix off : "En général, quand je termine une série de concerts, je sais à peu près à quoi va ressembler le concert d’après, et dans ce cas-là je savais à la fin de la tournée « En passant », je savais en gros mais pas dans les détails, et c’était des gros détails qui me manquaient, mais je savais évidemment que ce serait un peu moins intimiste, un peu moins acoustique que la tournée "En passant".
Titre : L’album, itinéraire d’une idée
Jean-Jacques Goldman, assis dans une salle de spectacle : "L’idée de "Chansons pour les pieds", enfin des chansons de bals, des chansons pour la danse, je crois que ça fait longtemps qu’elle est dans mon air. Il me semble en avoir parlé pas mal au cours d’interviews, à quel point j’étais impressionné lorsque je voyais des musiciens de bals et à quel point j’avais l’impression que c’était eux qui étaient l’essence de notre métier".
Retour sur scène, intro par chaque musicien, dont Jean-Jacques Goldman, de "Tournent les violons", le public rythmant en tapant dans leurs mains.
Titre : "Tournent les violons", naissance d’une chanson
Jean-Jacques Goldman, retour dans la salle de spectacle : " L’idée de la chanson "Tournent les violons", c’est un petit peu étrange parce que, au départ, je parle pour la musique, c’était au cours de la tournée précédente dans l’océan indien, je me suis rendu compte que la musique là-bas était tout le temps à trois temps. C’est assez impressionnant, moi je suis vraiment un binaire, c’est vraiment du quatre temps, et là-bas (il rythme en tapant sur ses cuisses), il y a cette espèce de déséquilibre mais jusqu’à se demander si ce n'est pas une façon d’être et une façon de penser, si la musique est vraiment l’expression de comment vivent les gens. Je pense qu’un sociologue pourrait faire une étude super intéressante là-dessus, pourquoi c’est à trois temps dans l’océan indien et dès qu’on passe un petit peu plus au nord et même à l’est vers l’Afrique, c’est beaucoup plus binaire que ça. Et de là, il y a une énergie dans le trois temps qui est vraiment loin de la valse, qui est pour nous la référence trois temps. Et donc, en rentrant je suis parti sur des rythmes comme ça. Voilà et c’est parti dans tous les sens.
Ensuite je me suis rendu compte que ça ressemblait aussi à des airs traditionnels plutôt italiens, et puis ensuite le texte a fait le reste de façon à relier cette musique de l’océan indien à des choses plus européennes, mais toujours avec ce déséquilibre à trois temps (il rythme à nouveau en tapant sur ses cuisses).
J’avais envie de faire une chanson qui parle de, je pense que ça nous est tous arrivé, enfin peut-être plus à nous, à ceux qui font mon métier peut-être plus qu’à d’autres, des gens qui viennent et qui nous disent : "Il y a six ans, vous m'avez dit ça et ça m’a changé la vie", et nous on n’a pas le moindre souvenir de ce qu’on a pu dire (il rit)".
On voit Jean-Jacques Goldman, lunettes sur le nez, semblant relire des notes, un crayon à la main, assis sur un canapé
Jean-Jacques Goldman, voix off : "Donc il fallait trouver une histoire qui ressemble à une fable. Que cette servante et ce noblio qui vont être contemporains du même instant mais qui ne vont pas du tout vivre le même. Alors l’idée ce sont les malentendus en fait".
Titre : Silence, on enregistre
Sceaux, Studio Bateau Lune, Erick Benzi, ingénieur du son
Erick Benzi : "J’ai reçu une maquette de Jean-Jacques que je vais vous faire écouter. Ce qu’il a fait chez lui avec son petit matériel".
On entend la maquette de "Tournent les violons", et l'on voit des images de JJG en intérieur
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "J’ai un petit ordinateur avec un système dedans, c'est comme un magnétophone multi pistes extrêmement simple, de pouvoir faire, avec un synthétiseur de très rapidement avoir une idée assez précise de ce qu’on souhaite".
Retour Studio Bateau Lune
Erick Benzi : "Quand Jean-Jacques Goldman amène une chanson, généralement l’essentiel est là, dans l’esprit je parle. Après, c’est plutôt dans la forme qu’il faut arranger, qu’il faut apporter des choses".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Un type comme Erick, si demain je lui dis "Je voudrais faire un truc tibétain, mais tu vois, un petit peu mélangé avec du rythm’blues*, et bien ça va l’exciter à mort. "Ah oui, c’est pas mal ça, si on rajoutait un peu de pakistanais" (sourire), il est partant".
Erick Benzi : "C’était un peu comme un défi. Tiens, voilà une chanson qu’il va falloir un peu arranger en mélangeant ce côté moderne un peu dansant, qui était un peu le fil conducteur de l’album dont on avait déjà discuté avec Jean-Jacques avant et puis me dire "tiens, voilà, celle-là elle a quand même un peu l’esprit un peu médiéval, comment on va traiter ça ?". C’était assez amusant d’écouter ça la première fois pour essayer d’avoir des idées là-dessus".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Il y a des cas où je suis vraiment très très séduit par des propositions, en particulier d’Erick. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de confier des chansons à des arrangeurs, et je les ai toujours refaites après. Avec Erick, l’intérêt c’est qu’il y a vraiment un dialogue et je peux lui dire "tu t’es trompé de direction". Il est vraiment de très très bonne foi et il y a aucun problème avec lui".
JJG en intérieur à la guitare, en compagnie d’un autre guitariste, jouant et fredonnant la musique de la chanson, échange entre les deux.
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Là je peux dire que c’est plutôt Erick, moi j’ai fait la chanson, mais c’est plutôt lui qui m’a incité à aller jusqu’au bout de l’idée. C’est en me disant "Mais pourquoi on ne peut pas aller jusqu’au bout de la signification musicale de cette chanson ?*, c’est-à-dire en y intégrant, les instruments de l’époque et l’énergie de l’époque.".
Erick Benzi : "Moi j’avais envie qu’il y ait de la vielle car j’adore cet instrument avec lequel j’avais travaillé sur d’autres projets. Je trouvais que ça avait un son assez intéressant".
Image d’une rue, puis Intérieur où on voit et entend le musicien, Gilles Chabenat jouer de la vielle.
Gilles Chabenat : "Je n’avais jamais travaillé avec Jean-Jacques. En revanche, je connaissais Erick, avec lequel j’avais déjà travaillé pour I Muvrini. Et c’est suite à cela qu’Erick a songé à la vielle pour "Tournent les violons".
Images de JJG en compagnie de Gilles Chabenat, le musicien joue et JJG le regarde attentivement.
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "C’est vraiment un musicien qui dépasse le côté, je dirais, ethnologique. Il a étudié cet instrument avec beaucoup de respect et de façon très traditionnelle mais il s’en sert aussi de façon très musicale, c’est-à-dire en débordant sur des musiques modernes, des musiques plus actuelles; ça c’est impressionnant et très intéressant".
Gilles Chabenat en compagnie de Jean-Jacques Goldman et d’un autre musicien.
Gilles Chabenat : "Je suis né dans le centre de la France où il y a une tradition de vielle très forte, dans un petit village où on avait le choix entre la fanfare, le sport et le folklore. Je me suis intéressé à la vielle et en même temps, comme tous mes copains du lycée, j’ai écouté Police, Led Zeppelin, Zappa. Donc je me demandais comment jouer du rock avec la vielle (rires)".
Gilles Chabenat joue de la vielle devant JJG, et passe du traditionnel au rock. JJG apprécie et rit.
Gilles Chabenat : "Ca m’amuse aussi car cela m’amène à utiliser ma vielle de manière non-conventionnelle, parce qu’on a tous des habitudes par rapport à nos instruments et moi ce qui m’intéresse c’est de me faire bousculer un peu, d’aller sur des terrains auxquels je n’avais pas pensé au départ".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Pour l’introduction, on a vraiment laissé Gilles faire comme il le sentait. Moi je lui ai envoyé les thèmes principaux de ce que je souhaitais et ensuite c’est lui qui a fait comme il le sentait".
Plan sur Gilles Chabenat jouant l’introduction de la chanson, puis avec JJG debout près de lui, le regardant jouer.
Gilles Chabenat : "Ce sont des instruments intrigants, la vielle notamment, parce qu’en fait on ne comprend pas ce qui se passe. Tout est un peu caché. C’est vraiment une forme de synthétiseur mécanique. Oui, Jean-Jacques était intrigué, en plus il ne m’avait pas vu jouer puisque j’avais enregistré mes vielles chez moi".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "La musique de cette femme, cette Manon, c’est la musique de village, c’est la flûte, c’est la vielle ; et la musique de ce noble c’est la musique de salon, ce sont les orchestres de chambre. C’est cette musique de bal".
Gilles Chabenat, d’abord seul, puis plan sur Erick Benzi et le joueur de percussion. Carlo Rizzo jouant du tambourin.
Gilles Chabenat : "Il fallait que ça fasse un peu comme un orchestre de bal Renaissance. Donc en plus de la vielle, on a rajouté Frédéric Paris qui joue de la flûte, François Brunio ? au violon puisque c’est "Tournent les violons", il fallait bien entendu le violon (il rit), et puis les percussions avec Carlo Rizzo, qui est un spécialiste de ce répertoire. Il a une démarche très originale parce qu’en fait il connaît très bien la musique traditionnelle interprétée au tambourin, mais en même temps il a fait évoluer son instrument. Il l’utilise aussi dans des contextes extrêmement variés, de la musique de variété, au jazz et à la musique contemporaine".
Le flûtiste, le violoniste, puis un guitariste et enfin le percussionniste jouent, les instruments s’accordent. JJG, dans la pièce, est tout d’abord assis sur un canapé, il lit. Puis, on voit JJG échanger des propos avec le percussionniste.
Les musiciens jouent la musique de "Tournent les violons". JJG, grand sourire, les regarde et écoute, il marque le tempo.
Jean-Jacques Goldman, voix off et ensuite salle de spectacle : "Le percussionniste, je lui ai posé la question, je lui ai demandé "qu’est-ce que c’est comme rythme-çà ?". Il m’a dit que c’était comme une tarentelle, donc j’ai fait de la tarentelle, comme Monsieur Jourdain, sans le savoir". (il rit).
Les musiciens entament ensemble un extrait de la musique sous le regard de JJG, parfois aux côtés de l'un d'entre eux.
Erick Benzi, d’abord seul, puis debout aux côtés de JJG : "La deuxième phase, quand on a commencé à enregistrer, c’est une phase où avec Jean-Jacques on écoute, ça, ça plaît ou ça ne plaît pas, ça on enlève, ça on garde. C’est vraiment un travail d’équipe".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "J’ai besoin des autres pour cela, pour arriver. Bon tant mieux je dirais parce que la musique c’est quelque chose qui se partage".
Erick Benzi d’abord dans son studio d’enregistrement. Puis images sur un intérieur où Jean-Jacques est assis sur un canapé, relax, il enlève ses lunettes, les remet, il observe, sourit, puis assis sur une chaise, mettant son casque, guitare en mains.
Erick Benzi (parfois à l’image, parfois en voix off) : "L’esprit d’avoir fait cet album, chez lui dans sa maison, de manière simplissime, avec peu de matériel, c’est parce qu’on a réussi à s’affranchir de la technologie de maintenant qui le permet, de pouvoir dire l’essentiel, on va faire ça comme ça- Et puis parce qu’on essaye toujours de mélanger le côté ludique du privilège qu’on a d’avoir ce métier-là, donc de mélanger cela avec d’autres activités éventuellement extra-musicales tout en faisant de la musique. Ne pas faire ça comme une épreuve. Avec Jean-Jacques, résolument, on a pris le temps de faire ça avec plaisir".
Alternance de prises en extérieur, et de voix off sur des images en intérieur, chez JJG, en compagnie d’autres personnes. Puis casque sur les oreilles, aux côtés d’Erick Benzi, fredonnant la chanson. Semblant satisfait, il regarde Erick, sourit et ferme le poing comme en signe de victoire, d’un air complice.
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle et voix off : "Pour l’enregistrement des voix, j’ai fait comme toutes les autres voix de cet album c’est-à-dire dans un coin de mon salon, la technique nous permet maintenant ce genre de possibilité. J’enregistre de façon assez paresseuse, très rapide, en général ça dure entre une demi-heure et une heure je pense pour faire deux ou trois prises, puis après quand j’ai ce que je veux à peu près, on n’y passe pas trop de temps".
JJG, près d’une personne devant son ordinateur, puis assis, jouant de la guitare devant un micro.
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Je ne sais pas s’il y a moyen de travailler la musique sans être un peu comme un artisan, il y a toujours un moment, même quelqu’un qui joue du synthé, il est quand même sur son clavier, s’il reste devant un ordinateur, l’ordinateur ne propose rien du tout. Donc il y a toujours un moment où on met les mains dessus comme un artisan".
Erick Benzi : "Pour ce qui est de faire cette chanson avec des vrais violons, ça c’est toujours le vrai débat, vrais ou faux ? Parce que maintenant on peut évidemment faire des violons assez bien imités avec des synthés, c’est vrai que Jean-Jacques n’a jamais vraiment été tenté particulièrement de prendre de vrais violons ou de vrais batteurs ou de vrais musiciens, d’une manière générale (il sourit), parce que l'on s’en sort très bien à deux".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Je suis un peu un iconoclaste, un sauvage, c’est vrai j’aime beaucoup les synthés. D’ailleurs, rien ne prouve que si Vivaldi, Wagner, Beethoven ou autres Mozart avaient eu des synthés à leur disposition, ils ne se seraient servis que des violons. Rien ne le prouve (il rit).".
Yvan Cassar, arrangeur cordes : *Je me rappelle, on en avait discuté bien avant, je lui avais dit "je n’ose espérer qu’un jour il y ait des cordes dans tes albums". Et donc, un jour il m’a appelé en me disant "il faut qu’on se voit, j’ai six chansons où on peut mettre des cordes, où ça s’y prête".
Erick Benzi : "Je pense que c’était important, là on ne pouvait pas y couper, dans une chanson "Tournent les violons" et ne pas mettre de violons dedans, ça n’avait pas de sens".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Ah ça c’était absolument pas négociable vis-à-vis d’Erick Benzi, donc j’ai accepté les vrais violons".
Yvan Cassar, arrangeur cordes : "C’est assez plaisant parce qu’on discute du style, de l’esthétique, de ce qu’il a dans la tête, c’est plus cela qui est intéressant ou alors dans des chansons typiques comme "Tournent les violons" où alors là il a fait une mélodie. Et puis après, il m’a dit "Vas-y, travaille et rendez-vous le jour de la séance".
Images d’Yvan Cassar dirigeant les violonistes, plan sur JJG et Erick Benzi, présents.
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : " Il a un vocabulaire que je n’ai pas. Donc déjà Yvan est l’interface entre ce que je veux dire de façon très simple et ensuite ce que lui va pouvoir dire aux musiciens de façon à ce qu’ils comprennent très vite, et très précisément ce qu’il veut. Lui, sur un coup d’archet, il a le terme exact".
Yvan Cassar, baguette à la main, donne des instructions aux musiciens. JJG et Erick Benzi regardent et échangent quelques propos.
Yvan Cassar : "Je dois avoir deux langages, pour l’orchestre parce que ça doit être technique : c’est rythmique, pas rythmique, est-ce que c’est en place, on était en retard, voilà, plus articulé, moins articulé, l’esprit c’est ça.
Avec Jean-Jacques c’est très différent, on est tous les deux dans un souci final donc il faut qu’on obtienne ce que moi j’avais dans la tête par rapport à la manière dont je transcris son rêve à lui".
Yvan Cassar dirige à nouveau l’orchestre, instructions, quelques agacements. JJG assiste à la scène, attentif ou rieur.
Yvan Cassar à l’orchestre : "Voilà, tout le monde s’énerve et on s’en fout, c’est le début, si c’est pas magique euh …".
JJG s’adressant à Yvan Cassar : "Mais là on est plus au cinéma, en musique de film qu’en concert".
Erick Benzi, (voix off) sur images de l’orchestre. Les musiciens accordant leurs violons, Yvan Cassar lit des partitions, puis il dirige l’orchestre :
"Les séances d’enregistrement de cordes, c’est toujours quelque chose d’un peu particulier parce que d’abord il y a beaucoup de monde, quand on passe beaucoup de temps à travailler en programmation, on est toujours seuls. Là on se retrouve avec beaucoup de musiciens, il y a une espèce de magie dans la direction de tout cela, les gens s’installent, ils commencent à accorder puis tout à coup ils lisent une partition et hop le morceau sort. J’ai toujours trouvé ça très touchant, très émouvant".
Retour sur l'orchestre jouant, JJG et Erick Benzi y assistent-
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle
"Franchement, j’amène des choses assez précises sur les maquettes et j’ai déjà travaillé avec Yvan, donc je sais qu’il va être tout à fait dans l’esprit, que ce qu’il va rajouter ça va être d’abord des propositions que je peux rectifier au dernier moment si c’est trop loin, et j’ai le sentiment que ca ne peut pas être trop loin, ça ne l’a jamais été. J’ai retravaillé avec lui sur l’album de Céline Dion, je sais qu’il comprend très très bien ce qu’il y a sur les maquettes".
Courte mise au point entre Yvan Cassar, JJG et Erick Benzi. Puis on entend la voix enregistrée de JJG chantant un extrait de "Tournent les violons" et sous la direction d’Yvan Cassar, l’orchestre entame la mélodie. JJG ferme les yeux. A la fin, JJG à côté d’Erick Benzi, en signe de satisfaction, fait un signe de sa main, le pouce en l’air.
Yvan Cassar (voix off) : "Sur le rythme, la manière à la fin, d'un coup cela s'accélérait, une espèce de tourbillon final. Je me rappelle que c’est surtout là où Jean-Jacques était attentif à ce que vraiment la mayonnaise prenne, que ça monte, que ça monte, que cela reste très clair, qu’on comprenne bien la mélodie, mais que tout d’un coup la progression se fasse".
Sous le regard de JJG, les violonistes dirigés par Yvan Cassar jouent à nouveau-
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Ca c’est le type d’enregistrement qui est assez courant actuellement et qui est celui où on fait ce qu’on appelle des "re-re", c’est-à-dire on enregistre une rythmique, une semaine après on enregistre des instruments, une semaine après on met un grand orchestre. Ca c’est extrêmement différent de la façon d’enregistrer des Sinatra, des Brel, enfin de toute l’époque des années 60 où l’orchestre était là, le gars chantait et donc il y avait des arrangeurs très très précis et c’était comme des prises de scène. Evidemment, c’est beaucoup plus confortable comme on le fait maintenant mais je me demande si on n’y perd pas aussi beaucoup en sueur je dirais, en proximité et en nuances en particulier. Donc je me demande s’il n’y a pas à réfléchir là-dessus".
Titre : le mixage, recherche d’un mélange subtil
Erick Benzi : "Moi j’amène des idées, j’en amène plus que ce qu’il en faut et on trie la dedans- Généralement, il m’écoute assez poliment mais il arrive des fois qu’il ait des idées extrêmement précises".
On voit JJG en compagnie d'Erick Benzi, assistant au mixage-
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Le mixage, c’est vraiment un moment clé où le compositeur est vraiment obligé d’être présent, c’est un peu comme un chef de cuisine. On peut faire préparer un peu par d’autres cuistots, les sauces, ou les cuissons mais au dernier moment c’est le cuistot qui doit être là pour ça ressemble à la pensée du départ".
Erick Benzi : "Il faut être très concentré et à l’écoute des gens qui en rajoutent. C’est comme la crème sur le gâteau, il ne faut pas en mettre beaucoup, il faut juste régler, et chaque fois c’est bon. Et bien c’est un peu ça la musique".
Images de JJG en assis en face d’un guitariste jouant un air, le répétant sous le regard, la direction complice et le sourire de JJG, assis en face de lui.
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Comme cela a été assez compliqué sur cette chanson, j’ai été juste très très content et soulagé de retrouver ce qu’il y avant, disons les premières exhalations".
Titre : Le livret, paroles et dessins
Zep, dessinateur-illustrateur, assis à son bureau avec parfois des images le montrant en studio, dessinant, puis images de certains de ses dessins :
"Ma première démarche, ça a été de passer quelques jours avec lui pendant qu’il travaillait sur le disque, j’ai crobardé l’ambiance de travail. En fait, la première demande de Jean-Jacques, c’était de faire une espèce de reportage sur le making-off du disque et de trancher avec les photos de studio qu’il avait déjà faites, et il disait qu’il trouvait toujours assez froid les photos de studio du type autour d’une table de mixage avec une tasse de café, donc on s’est dit qu’avec des dessins ce serait vachement mieux. Il y a eu pas mal de semaines, voire de mois pour apprivoiser la sensibilité de l’un et l’autre. Je voyais un peu où allaient ses chansons parce que je connais son travail depuis longtemps. Pour lui c’était un peu plus difficile, je pense, de voir ce que j’allais faire.
Donc deux ou trois fois j’avais dit « mais ce n'est peut-être pas moi qui dois le faire ». En même temps, j’avais l’impression que la rencontre était bien, se passait bien. Oui j’avais l’impression qu’entre l’univers de Jean-Jacques et le mien, il pouvait se passer quelque chose de bien. Je ne savais pas quoi mais j’étais sûr qu’en cherchant on finirait par trouver. Il y a des carnets, trois ou quatre carnets, remplis de dessins pour arriver aux 64 pages finales, mais il y a eu des centaines de dessins".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Oui oui, j’ai été satisfait, non seulement du résultat, mais aussi de la rencontre. C’est vraiment un type très attachant et très intéressant".
Zep, en partie voix off : "Tournent les violons c’était difficile parce que c’est une histoire de danse. En plus pour écrire une chanson, il faut des gens qui dansent là-dessus. Il ne fallait pas de gens. Donc comment montrer la danse, comment montrer l’attirance de deux personnes qui se tournent autour, il y a comme ça une espèce de mouvement, sans montrer des gens. Que sur des lieux, quelque chose qui pousse, qui se délabre, qui sèche parce qu’il y a aussi un amour qui sèche, une femme qui attend toute sa vie.
J’ai tourné avec des arbres pendant un bon moment, il en reste ça, c’est alignement de marronniers (plan sur le dessin) et puis après je suis parti sur des pieds qui dansaient. Lui, il a flashé là-dessus, je veux ça, je veux ces pieds. Dès qu’il y a eu cette histoire de pieds, il était content. En plus, c’était le titre de l’album, ça collait bien".
Titre : Le clip, tarentelle à Prague
Yannick Saillet, réalisateur : "On a un certain budget pour faire un film avec beaucoup d’ambition artistique et donc il faut réussir à joindre les deux et c’est assez rapidement qu’on est tombés sur Prague où on avait déjà fait plusieurs tournages parce qu’il y a des lieux, des décors qui s’y prêtent. Tourner dans une église d’époque, c’est assez difficile en France d’avoir des autorisations pour une équipe technique de cinquante personnes, cent figurants".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Lorsqu’on me dit qu’on va tourner à Prague, je me dis que c’est pour des questions de budget probablement, je me dis, bon si je mets un peu plus d’argent est-ce qu’on ne peut pas rester en France, il y a des châteaux, il y a des figurants".
Images de personnes essayant des costumes, de coiffeurs travaillant, de discussions, de personnes en costumes esquissant des pas de danse, de Jean-Jacques Goldman ave un chapeau, les danseurs répètent à nouveau puis les deux personnages principaux, puis des figurants, de maquillage, Puis on entend le début de la chanson, et le début du clip.
Yannick Saillet, surtout en voix off : "Ils ont une vraie culture du film d’époque dans les pays de l’est, donc on a profité de ces structures-là, des grandes gares où il y avait des costumes de toutes les périodes et c’était assez agréable. On est venus avec deux ou trois personnes de Paris et après on a travaillé vraiment avec des équipes tchécoslovaques. Le tournage s’est passé en plusieurs langues, français, anglais, allemand, les mains, les pieds, tout ce qu’on a pu trouver pour communiquer. On a engagé une troupe qui fait des danses de cette époque-là. Ils ont répété sur la chanson pour essayer de me proposer plusieurs choses qui fonctionnaient avec la chanson sans dénaturer l’époque.
On a engagé deux comédiens, une fille slave et un garçon tchèque pour faire le jeune couple, la servante et le chevalier, et après on a fait un casting géant au milieu, en cherchant dans la ville, les agences, pour trouver une centaine de figurants. On cherchait des cheveux longs, des hommes plutôt barbus, qui avaient un physique un peu plus rétro j’allais dire, on cherchait des gens moins modernes qu'ici".
On voit et entend le début de la chanson, et le début du clip.
Yannick Saillet : "Il était dès le début assez évident de faire un film qui correspondait vraiment au texte de la chanson, donc cette histoire de cette servante qui rencontre ce chevalier, donc cela c'est assez évident. Par contre, comment intégrer Jean-Jacques dans ce film-là ? Tout le monde était d'accord qu'il ne fallait pas que Jean-Jacques soit en habit d'époque, est-ce qu'il fallait qu'il soit le narrateur, est-ce qu'il fallait qu'il soit un élément extérieur, on ne savait pas trop bien comment faire",
Suite du clip
Yannick Saillet : "Et je me suis dit que peut-être Jean-Jacques pouvait se promener dans un musée et que, quand il regarde une toile, quand il regarde un espace, l'endroit devient ce qu'il a été à l'époque".
Suite du clip, où l'on voit Jean-Jacques entrer dans un musée, début de la chanson et suite du clip
Yannick Saillet : "Jean-Jacques est arrivé le deuxième jour du tournage donc il est juste arrivé au moment de la rencontre. Il s'est vraiment impliqué, on a discuté ensemble de ses souhaits et de l'interprétation de la chanson"
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "J'ai été très surpris de voir que le grand blond était devenu brun et pas spécialement grand, des détails comme cela qui m'ont un peu surpris".
Yannick Saillet : "J'étais parti du principe que le chevalier est différent, donc pas grand ni blond".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "C'est un malentendu, il y avait une virgule qui a été interprétée de manière différente par lui et par moi. Si cela avait été ….(il manque du texte)
Retour au clip
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Je m'ennuie énormément quand je tourne des clips, il y a beaucoup de temps à attendre, je ne contrôle rien, cela m'intéresse très peu (il rit). Donc je m'occupe comme je peux".
Images de Jean-Jacques Goldman jouant de la guitare et chantant le début de "L'envie", souriant, voire rieur. Il chante "Qu'on me donne … pour que j'aime dormir"
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Et là, j'ai beaucoup de travail tout le temps, de compositions pour les autres ou d'écriture et le fait de pouvoir trouver quelques journées comme cela, en fait je devrais tourner plus de clips juste pour trouver des moments comme cela (il rit), pour jouer de la guitare, du piano dans un coin comme je faisais avant".
Images de Jean-Jacques Goldman jouant de la guitare et continuant à chanter "L'envie", rieur, puis tendant la main comme s'il chantait dans le métro ou dans la rue.
Retour au clip.
Yannick Saillet : "Jean-Jacques est très intéressé à l'image par rapport au message qu'il veut donner. Je pense qu'il n'est absolument pas intéressé à son image à lui et à sa façon d'apparaître. Ce qui l'intéresse vraiment c'est le message, que les images soient au service du texte et de l'idée de la chanson. La forme l'intéresse un peu moins et sa participation dans le film ne l'intéresse, je pense, pas du tout".
Retour au clip
Images d'une émission de télévision, les "Victoires de la musique" avec Jean-Luc Delarue et Michel Drucker.
Michel Drucker : "C'est vrai qu'il est très beau ce clip vraiment réalisé par Yannicl Saillet, "Tournent les violons". Jean-Jacques Goldman". Le public applaudit. Plan sur Yannick Saillet, surpris. On le voit se lever et se diriger vers la scène.
Jean-Luc Delarue, voix off : "Yannick Saillet va nous rejoindre alors. C'est un réalisateur qui a tourné des clips pour Indochine, Rock star et Satellite, pour Céline Dion, pour Yannick Noah, pour Isabelle Boulay, également pour la regrettée Carole Fredericks. Alors attention, ils arrivent à trois sur scène si je vois bien".
Jean-Jacques Goldman, voix off sur les images d'Erick Saillet sur scène.
"Je revenais du restaurant avec des amis et Alexis, mon collaborateur, m'a téléphoné. Il m'a dit qu'on avait eu la victoire de la musique. J'ai dit "mais c'est ce soir les Victoires ?" (il rit). Il m'a répondu que oui, ils en sortaient. J'étais super content pour Yannick Saillet".
Gros plan sur Erick Saillet : "Je suis un peu impressionné-là, je ne sais plus trop quoi raconter".
Michel Drucker : "Bon, alors ce n'est pas grave".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Cela m'intéresse en tant que spectateur. Je suis super content de voir les autres. Lorsque l'on est acteur là-dedans, de deux choses l'une : ou on ne l'a pas, ce qui est quand même assez décevant, ou on l'a, ce qui est encore pire parce qu'on est obligé de monter et de remercier, donc le mieux c'est de ne pas l'ëtre (il sourit)".
Titre : La télévision, un soir à 20h50
Jean-Jacques Goldman, voix off sur des images d'une émission de télévision avec Flavie Flamand, Céline Dion regardant et écoutant Jean-Jacques Goldman chanter "Tournent les violons". Plans sur les musiciens, puis Jean-Jacques joue du violon.
"Moi, je suis complètement persuadé que la télé est absolument obligatoire quand on fait notre métier. Chaque fois que j'ai une actualité, que ce soit la scène, que ce soit un disque qui sort, je sais qu'il va falloir que je fasse quelques télévisions. J'en fais avec conscience, sans déplaisir mais sans obsession non plus. Si je peux être chez moi à la place, je suis content*.
Plateau de télévision, Jean-Jacques Goldman est assis.
Flavie Flamand, présentatrice : "Cela vous fait plaisir de revenir sur scène ?"
Jean-Jacques Goldman : "J'ai un rapport un peu bizarre avec la scène. Elle m'effraie autant qu'elle m'attire. Dans un sens je suis content parce que je retrouve les musiciens, je retrouve les gens, mais en même temps cela m'effraie beaucoup. Je suis dans une période ou cela m'effraie plus que j'en ait envie".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "C'est vrai que je me suis posé la question si j'allais faire une tournée après cet album-là. J'avais envie de faire cet album parce que les chansons étaient là, parce qu'elles venaient, mais je n'avais pas vraiment le courage de partir sur scène, mais je ne me sentais pas dire cela aux techniciens et aux musiciens".
Titre ; Le concert, première répétition
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Au début, je leur envoie une liste de chansons déjà parce que je veux qu'ils travaillent chez eux de façon à faire gagner beaucoup de temps. Cela va beaucoup plus vite quand ils ont le b-a-ba de leurs parties respectives. C'est la même chose pour les gars des lumières, c'est la même chose pour la mise en scène. C'est le plus long à faire. Cela demande déjà pas mal de boulot de savoir quels titres on va jouer. Donc je leur envoie environ 18 ou 19 titres sûrs, puis 5 ou 6 titres avec des points d'interrogation".
Images de l'équipe et de Jean-Jacques Goldman en réunion de travail assis autour d'une table. JJG donne des indications quant au déroulement et au timing du début de la chanson, le moment où les danseurs doivent s'habiller.
Jean-Jacques Goldman : *A la fin de "On n'y peut rien", on s'arrête, applaudissements et on attaque l'intro assez longue de "Tournent les violons" . Pendant ce temps-là, les danseurs sont en train de s'habiller parce qu'ils vont apparaître à la fin, parce que je veux juste une évocation, je ne veux pas qu'il y ait de la danse sur cette chanson. ".
Fred Peveri concepteur lumères : *C'est mieux, ils peuvent apparaître plus tard"
Jean-Jacques Goldman : "Tu veux mettre les lustres, les lumières, c'est encore mieux. Mais tu ne crois pas que juste le tulle avec avec des lumières jaunes, enfin quand je dis jaunes, c'est orange, avec les bougies et les lustres, ça va pas le faire ? "
Intervention d'autres personnes expliquant un plan.
Fred Peveri en remettant à JJG un plan : "Eventuellement je peux projeter ce genre d'images, ca te va ?"
Jean-Jacques Goldman : "Je comprends rien mais ça fait rien* (rires)
Michael Jones : "En général. Jean-Jacques a une bonne idée de ce qu'il veut. On commence à répéter la chanson comme le disque et après, on casse tout. Une fois qu'on la connaît bien comme le disque, on dit "On ne fait pas cela, on va faire ça, pas la peine de jouer ça, on va couper là".
Images de JJG assis, en pleine séance, apparemment concernant surtout le timing ???
Michael Jones : La première fois que j'ai entendu "Tournent les violons", la première question que me suis posé, je me suis dit qu'on allait pas faire ça sur scène, que ce n'était pas possible."
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Ils ont l'idée de reproduire le disque au départ, ce qui n'est pas du tout mon esprit à moi. Je ne viens pas du disque mais de la maquette d'une certaine manière, donc je leur propose un autre morceau que celui qu'ils connaissent. Eux ils connaissent les morceaux finis avec les quarante violons et ils se demandent comment ils vont faire pour jouer cela".
Les interventions des quatre musiciens sont soit filmées en gros plan, ou on les voit les quatre , assis l'un à côté de l'autre.
Jacky Mascarel, claviers : La partie violon était énorme. Je me suis dit pourquoi pas avoir l'orchestre à cordes finalement. J'ai dit cela à Jean-Jacques et il m'a dit qu'on s'en passerait".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Les gens s'en foutent qu'il y ait quarante violons ou qu'il y en ait deux. Ce qu'ils veulent c'est retrouver ce qui les a émus dans une chanson".
Christophe Negre, sax et flûtes ; "J'entends une chanson avec une flûte solo, je joue de la flûte donc à priori cela ne va pas être très épuisant parce qu'on me demande grosso modo de faire ce que je connais. Donc ……….. ce n'est pas le même challenge, ça c'est sûr".
Jean-Jacques évidemment, dans la logique veut qu'il prenne le chant, le solo, donc le violon solo, ce que l'on retient c'est composé, écrit et c'est arrangé comme cela. Après, Jacky, on va dire qu'il rajoute le moelleux des choses avec ses synthés et moi avec mon petit flûtiot j'avais un côté soliste aussi et ca correspond aussi au chant du violon".
Images de Michael Jones accordant un buzuki
Michael Jones : "Moi je joue du buzuki irlandais et pour pouvoir m'en sortir il a fallu que je l'accorde comme un violon, donc que j'apprenne à jouer comme cela".
Images de Michael Jones, de Jean-Jacques Goldman et de Chistophe Negre, chacun jouant de son instrument respectif.
Il manque du texte ou images
Claude Le Peron, basse et vielle : "Je me suis, bon ça va, moi je suis peinard, j'écoutais la ligne de basse, j'étais sur les temps, tranquille. Et là Michael m'appelle et me dit "tu vas faire de la vielle, de la vielle à roue". Quoi ? Mais j'ai jamais joué de ça. Je suis bassiste, c'est comme un piano en fait, il y a des blanches et des noires, il faut avoir une technique de pianiste. Je peux pas dire que j'ai appris la vielle, j'ai appris une petite partie pour ce titre là et c'est tout, me demander de jouer autre chose ce n'est même pas la peine".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Il est habitué et il était content que je ne lui ai pas proposé de se mettre une flûte dans les oreilles ou autre chose de plus sexuel (il rit)".
Claude Le Peron, basse et vielle : "A chaque tournée, je me retrouve toujours avec un instrument bizarre, une fois c'est gaffophone, la tournée précédente c'était un accordéon, je n'avais jamais touché à un accordéon de ma vie".
Michael Jones : "Dire à Jean-Jacques qu'on ne peut pas faire quelque chose, ça ne se fait pas. Avec lui c'est toujours possible. Il a toujours une idée pour que ce soit possible".
Retour sur des images de la répétition, JJG joue du violon.
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Ils ont eu très peur je crois, en particulier de moi (il rit), parce que j'ai essayé de faire les partie de violon moi-même mélangées avec ce que faisait Jacky. Donc cela a été une grosse angoisse mais j'avoue que pour moi aussi. Je m'étais mis en m'y prenant très tôt, six mois avant, comme challenge de refaire une demi-heure de violon tous les jours, de façon à récupérer un niveau acceptable parce que c'était des parties difficiles".
Christophe Negre, sax et flûtes
"Le violon c'est un instrument qui est très délicat, même pour Jean-Jacques".
Jacky Mascarel, claviers "Il a fait beaucoup de progrès au violon. On le voyait, chaque soir il prenait son violon pour répéter les morceaux. Il en a bavé c'est certain mais je pense qu'il s'est approché de ce qu'il voulait".
Images de JJG répétant son violon
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Le violon est un instrument absolument épouvantable dans le sens qu'il demande une pratique quotidienne. Donc on perd très vite ce que l'on a et quand on le récupère il faut continuer à l'entretenir. C'est vraiment un moment de vérité".
Chistophe Deschamps, bassiste
"Ce que j'aime dans son violon c'est que ça déclenche souvent des histoires et on rigole souvent avec ça. "T'as fait des progrès"…… Il a l'air assez inégal, c'est-à-dire que des soirs il va vraiment bien jouer plus que d'autres".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Même s'il y a des fausses notes, même si c'est vraiment très très loin de ce que va faire un violoniste professionnel, là il faut revenir à l'essence du spectacle et du rapport que l'on a avec les gens".
Voix off de JJG sur des Images, sans le son, jouant sur scène en sepctacle
"Les gens sont extrêmement touchés du fait que ce soit nous qui jouions et pas un musicien professionnel. Voilà le challenge que je m'étais mis, un challenge personnel".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Comme quand on se remet à 45 ans à se mettre à faire du surf par exemple et qu'on se dit que c'est trop tard".
Un commentateur invisible : "Finalement ça s'est bien passé ?"
Jean-Jacques Goldman : "Le surf ? super oui. (il rit). Je suis super fort en surf".
Titre : Salle municipale
Images de Claude Le Peron, Chistophe Negre et JJG jouant.
"J'ai appris la musique beaucoup dans les bals ou dans les groupes de rock. On était sur scène et il y avait des séries de slows, des séries de jerks, de slows rock, et les gens dansaient devant nous".
Images de Michael Jones,.Claude Le Peron, JJG jouant-
Michael Jones : "On vient tous des bals La grosse différence entre les musiciens de notre époque et de ceux d'aujourd'hui, c'est qu'ils n'ont plus ces endroits où jouer et où on apprend le métier, on apprend à suivre un chanteur, à jouer derrière quelqu'un sans forcément bien connaître la chanson. Toutes ces choses-là, les jeunes ont du mal à le faire".
Chistophe Deschamps, bassiste : "J'ai été musicien de bal pendant à peu près six ans et franchement c'est très dur, c'est génial à faire parce que c'est une évolution. Au début on est tellement content de jouer dans un groupe sur scène avec des gens qui dansent, on a l'impression que c'est un public, on joue des morceaux avec l'impression que c'est nous qui les avons créés, on s'y croit complètement".
Vidéo montrant Claude Le Peron et Michael Jones qui lui explique comment jouer un morceau avec la vielle. Puis Jean-Jacques Goldman qui s'adresse à Michael en disant "Voyons comme il le sent lui, après, laisse le faire….",.
Jean-Jacques joue du violon.
Jacky Mascarel, claviers : "Jean-Jacques est très facile pour travailler et il assure tout. Il a la qualité de nous laisser nous mettre en valeur, ce qui est très important, et il nous met en confiance".
Christophe Negre, sax et flûtes : "On a l'impression qu'il nous a choisis, c'est un miracle mais il nous a choisis. Et à partir de là il veut tout faire pour qu'on donne le meilleur de nous-mêmes. Cela veut dire avoir un bon petit repas, avoir un bon petit plumard, et j'ai l'impression qu'il se donne tous les moyens pour sortir le meilleur de nous".
Retour aux images de la répétition, ajustements et discussions. Commentaire de JJG
Chistophe Deschamps, bassiste
"Jean-Jacques est super facile à travailler, il est très agréable, il a des idées très précises sur certaines choses et pour d'autres il se dit "bon, là je te fais confiance, ça ira de toute façon et si jamais c'est carton rouge, je te le dirai, à ce moment-là il faudra que tu trouves autre
chose ".
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "C'est mon caractère mais dans un sens positif me semble-t-il, c'est-à-dire profiter des autres au maximum, ce n'est pas par diplomatie. Si c'est non c'est non".
Christophe Negre, sax et flûtes : "Il passe son temps à me dire "Fais ce que tu as envie" et j'ai déjà essayé de changer une virgule à ce qu'il avait décidé et que cela prenne une demi-heure ou trois heures, on reviendra à ce qu'il avait décidé".
Retour à la répétition. Jean-Jacques Goldman. Discussion avec Michael Jones….
Claude Le Peron, basse et vielle : "Comme c'est un vrai musicien, il nous explique directement quelque chose. Il y a des chanteurs dont je ne citerai pas le nom, qui nous disent quelque chose mais comme ils ne sont pas musiciens, pas instrumentistes, ils vont tourner autour du pot. Alors que Jean-Jacques, par exemple moi pour la ligne de basses, il me dit tu fais plutôt cela et lui il joue ce qu'il veut entendre. On va tout de suite au but, On ne perd pas de temps".
Retour répétition Les musiciens et JJG jouent l'intro de "Tournent les violons"
Titre : Tout en scène
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle et voix off sur des images le voyant sur scène, assis, et parlant au public : "La première fois où je me suis retrouvé sur cette scène où j'avais répété mais où il n'y avait pas la marée des gens autour, donc la première fois que j'ai pris la mer, je suis tellement concentré et j'ai tellement peur que je suis un peu à l'intérieur de moi-même en train de réciter mon texte, franchement c'est au bout de quinze ou vingt fois que j'ai commencé à plaisanter avec les gens, à voir des regards, à profiter. Et en même temps à avoir peur de cela".
Jean-Jacques Goldman fait répéter le public qui jouera les chœurs
Christophe Negre, sax et flûtes – Voix off sur images du concert : "C'est l'avancée de la scène qui est une chose que je n'avais jamais connue avant qui nous a permis de jouer comme dans un petit club ou un petit cabaret à un mètre des gens et cela on a ressenti plein d'émotions pendant un an et plus".
Claude Le Peron, basse et vielle : "J'avais vu U2 sur scène où il y avait le système de scène au milieu et je m'étais dit qu'est-ce que cela doit être bien d'être entouré par les gens comme cela. Et là on l'a eu. Ca c'était trop bien".
Jacky Mascarel, claviers – et voix off sur le spectacle et le public : "La pression était énorme sur l'ensemble du spectacle et là on avait un peu de détente parce que cela nous a donné un plaisir énorme d'arriver au milieu de ce public où on voyait toujours des gens très souriants autour de nous, on pouvait presque leur toucher la main".
Michael Jones – voix off sur des images du spectacle et du public : "C'était comme si on était avec des copains, il y avait des clins d'œil, il se passait quelque chose, beaucoup plus que sur la grande scène".
Christophe Deschamps, bassiste : "Et là on voit des visages, on voit des humeurs et des réactions. Ca change d'une extrême à l'autre et c'est bien, c'est génial".
Michael Jones – vois off sur images du public : "On connaît le public maintenant depuis quelques années et les gens qui avaient l'habitude d'être vraiment au premier rang, étaient là, autour de la scène. Ils se sont doutés dès le départ sans qu'on le leur dise qu'il y avait quelque chose qui allait se passer d'important".
Christophe Negre, sax et flûtes – Voix off sur images du concert
"Ces gens-là sont super contents de nous voir de près parce que dans une salle comme ça, traditionnellement, il n'y a que les dix premiers rangs qui voient quelque chose. Alors on va se retrouver au milieu de la salle et on va voir des gens qui d'habitude n'ont pas cette chance-là, Ils sont doublement contents de nous voir".
Chistophe Deschamps, bassiste : "Et donc Jean-Jacques non ?"
Christophe Negre : "Jean-Jacques un peu quand même, aussi oui".
Images du concert – Début de l'interprétation de "Tournent les violons"
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "Les deux premiers mois je me suis dit que j'aurais mieux fait de rester chez moi. Vingt heures, ce sont les actualités (il rit), 20h30 il y a un match de foot, et je me dis que j'aurais mieux fait de rester chez moi. Après, la vingtième fois on est content d'être là".
Images du concert – Suite de l'interprétation de "Tournent les violons"
Michael Jones : "Je pense qu'il va essayer ou il a déjà une idée pour la prochaine tournée. Il ne nous en a pas parlé encore mais elle sera totalement différente de la précédente. Et il va encore une fois surprendre tout le monde".
Images du concert – Fin de l'interprétation de "Tournent les violons" applaudissements du public.
Jean-Jacques Goldman, salle de spectacle : "J'ai trouvé que la tournée "En passant" était vraiment très réussie et donc j'avais peur sur cette tournée que les gens soient déçus. Donc cela met le même challenge pour la prochaine tournée, c'est de se dire qu'est-ce que je vais bien pouvoir trouver pour qu'ils ne soient pas déçus par rapport à cette tournée "Chansons pour les pieds".
Images du concert – Fin de l'interprétation de "Tournent les violons", le public bat la mesure, kaléidoscope d'images, puis le public applaudit encore.