Goldman en studio pour Maurane
Support inconnu, 22 septembre 2002 , 22 septembre 2002
La vidéo débute par les dernières notes de "Sur un prélude de Bach" et par des images au ralenti avec un gros plan sur le visage de Maurane qui est sur scène, et qui embrasse ensuite une violoniste, on entend les applaudissements du public et "Mattaüs-Passion" de Jean-Sébastien Bach.
La scène suivante montre le port de Marseille avec un bandeau en bas de l’écran : "Marseille, 20 septembre 2002, Enregistrement "des millions de fois".
Maurane est dans une voiture qui roule pour l’emmener au studio d’enregistrement.
Maurane : Jean-Jacques il commence par faire un truc "cracra boudin" dépouillé et la maquette c’était vraiment avec les moyens du bord. C’était Jean-Jacques avec un petit clavier comme ça, un petit micro comme ça, tout était comme ça (elle mime la taille réduite des instruments). Donc ils ont utilisé du matériel comme ça après. [Rires]
Maurane descend les escaliers accompagnée d’une femme.
Maurane : T’as vraiment l’impression que c’est le concierge du coin qui fait une maquette pour un disque quand même.
Le journaliste : Oui.
Maurane : Et je pense que le concierge du coin fait des maquettes mieux!
Elles arrivent dans la salle et se dirigent vers Erick Benzi qui joue des rythmes africains sur des congas, ce qui fait chanter et danser Maurane. Elles saluent Erick Benzi en l’embrassant et Jean-Jacques Goldman arrive et les embrasse à son tour.
Maurane (en voix off) : Je me souviendrais toujours du premier jour où on s’est rencontré et on était vraiment très jeunes tous les deux, moi je devais avoir une vingtaine d’années. Je le trouvais mignon, donc je me demande si je l’ai même pas un peu "dragouillé" à l’époque ! [Rires]
Maurane et Jean-Jacques Goldman assis côte à côte écoutent la maquette de la chanson, chanté par Jean-Jacques Goldman.
Maurane (en voix off) : Donc c’était du genre "T’as de beaux yeux" et puis lui il regardait un peu plus bas et il me faisait "Toi aussi, t’as de beaux yeux " ! C’était parti sur de l’humour.
Jean-Jacques Goldman chante un extrait de la chanson sans la musique et Maurane chante avec la musique.
Maurane (en voix off) : On s’est parlé de travailler ensemble, mais on s’est parloté de ça quoi ! Je sais pas si de sa part c’était de la pudeur, en tout cas, de la mienne, ça l’était.
Ils chantent tous les deux.
Maurane : Je me demande si c’est pas trop haut pour moi. J’ai un doute.
Jean-Jacques Goldman : inaudible 00’02’20
Maurane : Ça c’est ce qui a de plus haut ? On peut redescendre ?
Jean-Jacques Goldman : Non, c’est un demi-ton en plus que la dernière fois.
Maurane : Ca va peut-être pas m’aller, quoi.
Jean-Jacques Goldman : Oui. "Larguer mes nœuds", je trouvais pas ça très très joli.
Maurane : Oui, mes nœuds, mes nœuds, ils sont…
Jean-Jacques Goldman : Donc j’ai mis "Larguer mes chaînes, mes nœuds, mes amarres".
Maurane : Oui.
Jean-Jacques Goldman : Si ça va, quoi.
Maurane (en chantant) : "Larguer mes chaînes, mes nœuds, mes amarres". Il y a toujours "mes nœuds".
Jean-Jacques Goldman : Oui. Mais enfin, "Larguer mes nœuds", le fait qu’il y ait "mes chaines" entre les deux…
Maurane : On dirait une langue qui n’existe pas ! "Larguez mes nœuds" [Rires]
Jean-Jacques Goldman : "Larguez mes nœuds" oui…
Maurane chante un extrait de la chanson.
Jean-Jacques Goldman : Elle a une exigence sur le plan de l’écriture, je trouve qu’il y a un rapport avec cette musique classique, cette éducation avec ses bases bien…Elle est très exigeante sur le plan de la prononciation, sur le plan des mots employés, elle est très sensible à ça aussi.
Maurane : Ah non, ça finit là.
En général je préfère la chanson aux interprètes mais dans le cas de Maurane, j’ai toujours été plus touché par l’interprète que par les chansons elles-mêmes. Bon, il y a pleins de chansons que j’aime bien, mais je ne peux pas en citer une vraiment qui m’ait bouleversé.
Maurane et Jean-Jacques Goldman, qui lit son journal, sont assis sur un canapé.
Maurane : Voilà, je suis prête.
Jean-Jacques Goldman : Bien…
Maurane : Ça t’intéresse ?
Jean-Jacques Goldman : Est-ce que tu veux qu’on amène le studio ou alors est-ce que…
Maurane : Tu vas lire ton journal pendant que je chante ?
Jean-Jacques Goldman : Non, non, non, non !
Maurane : C’est agréable !
Maurane chante dans la cabine.
Jean-Jacques Goldman (en voix-off) : Elle a des graves qui sont vraiment uniques et elle a une façon moderne de chanter, c’est-à-dire tout est naturel, elle vibre dès fois mais la plupart du temps sa voix est sans vibrato.
Jean-Jacques Goldman et Erick Benzi sont à la régie.
Maurane (en voix-off) : C’est très bizarre ce qu’il m’a écrit parce que c’était l’état dans lequel je rêvais d’être depuis bien longtemps et c’est vraiment une chanson de jubilation, d’épanouissement, c’est précisément ce que je vis en ce moment.
Jean-Jacques Goldman (en voix-off) : Mais elle, elle découvre ça mais elle se rend pas compte que nous quand on la voit depuis toujours, ce côté "joyeuse", "jouisseuse", cet appétit de l’existence et d’envie, de bonheur et de plaisir, elle le dégage à chacun de ses pas et chacune de ses notes.
Jean-Jacques Goldman : Tu viens écouter avec nous ou … ?
Maurane : Oui.
Maurane (en voix-off) : Il est allé chercher, un peu comme Vanier d’ailleurs, des petits traits de caractère qui lui semblaient, qui lui semblent évidents plus que moi.
Jean-Jacques Goldman : Un truc comme ça mais j’ai pas besoin de te le dire mais laisse-toi jubiler quoi, quand même.
Maurane (en cabine) : Oui, oui, d’accord. Mais je jubile.
Jean-Jacques Goldman : Bon, c’est bon.
Jean-Jacques Goldman : Le seul point d’interrogation pour Maurane, c’est son état d’esprit : si elle a envie de chanter, elle est au plus niveau, et si elle est mal en point, si elle a pas envie, si elle le sent pas, si elle est méfiante, si elle a peur, si elle se sent pas bien, bon ben, là, ça peut pas bien se passer. Et donc là, ça s’est passé magnifiquement.
Maurane (en cabine) : C’est très bonnard hein, Jean-Jacques, je peux te…
Jean-Jacques Goldman (en régie) : Non, non, mais on bonnarde aussi !
Maurane (en cabine) : Mais c’est bonnard à chanter, c’est vraiment le pied à chanter !
Jean-Jacques Goldman (en régie) : Top, top, super ! Ça va ? Tu fatigues pas ? On peut refaire un autre… On en fait une autre dans la foulée.
Maurane (en cabine) : Non, non, non, non. Au contraire je m’amuse.
Jean-Jacques Goldman (en régie) : Top, top, nous aussi.
Maurane en cabine chante l’extrait : "Moi voilà réelle, enfin vraiment moi"
Jean-Jacques Goldman (en régie) corrige en le rechantant et en appuyant sur le mot "vraiment"
Maurane : Ah voilà, c’est le fameux truc, tu vois je…
Jean-Jacques Goldman (en régie) : Essaie de nous en faire une donc un tout petit plus…
Maurane : Plus interprétée ?
Jean-Jacques Goldman (en régie) : Oui, sur le "vraiment moi", quoi. Voilà, mais ça le fera ou ça le fera pas, mais inaudible SAP 00’07’45
Maurane chante l’extrait en exagérant son interprétation.
Maurane : Non, c’est une blague ! [Rires]
Jean-Jacques Goldman (en régie) : Non, non, ça me plait beaucoup, on la garde.
La vidéo se termine par une image au ralenti du visage de Maurane qui rit et on entend "Mattaüs-Passion" de Jean-Sébastien Bach.