Je ne suis pas une bête de scène
La voix du Nord , 19 juin 2002
est au Zénith de Lille pour deux soirs encore. Au total, près de 30 000 personnes auront profité de son escale nordiste. Rencontre avec un homme simple.
Lundi, 19 h 30 au Zénith de Lille, premier d'une série de quatre concerts complets. Comme d'habitude, Jean-Jacques Goldman reçoit les journalistes un par un quelques minutes avant de monter sur scène. Le spectacle est rodé, l'expérience fait son oeuvre, le chanteur est détendu. En bermuda, pas rasé, il répond à nos questions alors que dans la salle, 7 000 personnes s'ébrouent en attendant la star.
Entre 1970 et 1973 vous avez été étudiant à Lille, vous avez gardé quelques attaches ici ?
Je n'ai plus d'amis de "promo" sur Lille mais je suis encore en contact avec l'un d'entre eux, qui ne vit plus dans la région.
Quels souvenirs conservez-vous de cette époque ?
Je menais une vie assez studieuse. En dehors de mes études et de la musique, je ne sortais pas beaucoup.
Est-ce que vous aviez perçu chez les gens du Nord la chaleur qu'ils vous réservent à chacune de vos visites ?
A l'époque, c'est vrai que je ne m'en étais pas rendu compte. Ils ne me paraissaient pas particulièrement froids. Ils étaient normaux. Depuis, je me suis aperçu qu'il s'agit d'un public particulièrement chaud.
Les quatre jours que vous passez à Lille sont donc l'occasion pour vous de redécouvrir des lieux...
Ici, je vais me promener, oui. Mais je vais surtout faire du sport, jouer au tennis. Maintenant, comme on reste plusieurs soirs dans la même ville, on s'installe. Je vais jouer avec un copain qui vient de Belgique et un autre de Lens. Avec un peu de chance, vu la météo, on pourra peut-être jouer en extérieur
En quatre soirs, près de 30 000 personnes vont venir vous voir. Comment vivez-vous cet engouement ?
Très sincèrement, je ne le ressens pas dans le quotidien. Je dois être un des rares dans mon cas à pouvoir me promener, aller chercher mon pain sans être agressé par le public. Plus qu'un engouement, je pense qu'il s'agit d'une affection.
Vous ne donnez jamais votre avis en dehors de vos chansons. Est-ce à cause de l'emprise que vous pouvez avoir sur votre public ?
Je ne crois pas avoir le moindre pouvoir sur les gens qui viennent me voir. Ils m'estiment pour ce que je suis, c'est tout. Ils n'ont pas besoin de moi comme directeur de conscience, comme guide.
En revanche, en scène, vous êtes un meneur. A vos débuts, vous ne vouliez pas en faire !
C'est une illustration de la force de nos faiblesses. Comme j'ai toujours eu peur de monter sur scène, comme j'avais conscience de mes faiblesses, j'ai toujours essayé de travailler sur un vrai spectacle pour pallier mes insuffisances. Finalement, ça semble plaire au public. Mais moi, je suis toujours inerte. Je ne suis pas une bête de scène comme Hallyday, Prince ou Higelin...
Malgré "Chansons pour les pieds", vous ne dansez pas ?
Pas vraiment, non. Mais les spectacles sont arrangés pour qu'il y ait toujours une mise en scène, un événement. Pour moi, maintenant, même si la scène ne me manque jamais, m'y retrouver est devenu un réel plaisir, un rendez-vous avec le public.
Est-ce que parfois vous adaptez votre spectacle en fonction du lieu ?
Non mais en début de tournée, on se demande toujours où on va enregistrer le "live". Cette fois, nous avons choisi Lille parce que la salle est belle et que le public y est attentif et enthousiaste. On va le faire sur deux soirs.
reviendra à Lille en décembre prochain. Les dates restent à définir.