Rencontre avec Jean-Jacques Goldman à la salle Nikaïa de Nice

Rencontre avec Jean-Jacques Goldman à la salle Nikaïa de Nice

Salle Nikaïa, Nice, 20 avril 2002 , 20 avril 2002

[Extrait vidéo de “Je marche seul” du DVD “Un tour ensemble”]

[Texte défilant sur l’écran :

“Nikaïa Nice, le 20 avril 2002. Des élèves du collège de l’Esterel (Saint-Raphaël) rencontrent Jean-Jacques Goldman. Vidéo souvenir d’une incroyable rencontre… Mais d’abord quelques explications ! En mars 2002, 450 élèves du collège de l’Esterel à Saint-Raphaël (Var) enregistrent sous la direction de leur professeur de musique Philippe Mabboux les 16 chansons du CD “Jusqu’au bout de nos rêves”. Sensible à l’hommage qui lui est rendu, JJ Goldman accepte de rencontrer une délégation d’élèves du collège et de répondre sans détours à leurs questions. Un grand concours sur la biographie de Goldman est organisé pour sélectionner les 5 “interviewers” (1 élève par niveau et la lauréate du concours de dessin pour la jaquette du CD). La rencontre aura lieu juste avant le concert, dans la loge de l’artiste, alors que la salle est déjà chauffée à blanc !”]

Jean-Jacques Goldman arrive dans sa loge où l’attendent les élèves et les professeurs du collège. Il les salue un à un.

Philippe Mabboux (s’adressant aux élèves) : On se lève les filles quand même !

Jean-Jacques Goldman : Monsieur Philippe !

Philippe Mabboux : Eh oui, Monsieur Jean-Jacques Goldman !

[Texte défilant : Dans l’après-midi, la délégation a assisté à la répétition de Goldman et de ses musiciens...]

Jean-Jacques Goldman : Asseyez-vous. Ça va ? Vous avez assisté aux balances ? Vous étiez là pour la balance ?

Les élèves : Oui.

Jean-Jacques Goldman : Ça a été court mais on a été pris dans les embouteillages. Bonjour Gilbert !

[Texte défilant : “A notre grande surprise, la rencontre est filmée par Gilbert Namiand, le réalisateur des clips de Goldman.”]

Gilbert Namiand : Salut Jean-Jacques !

Jean-Jacques Goldman : Ça va ?

Gilbert Namiand : Oui, très bien.

Jean-Jacques Goldman : Et bien, tu restes longtemps avec nous !

Gilbert Namiand : inaudible

Jean-Jacques Goldman : inaudible

Philippe Mabboux : Monsieur Jean-Jacques Goldman ?

Jean-Jacques Goldman : Oui ?

Philippe Mabboux : Comme on ne peut pas vous faire écouter ce qu’on a fait ici pendant…

Jean-Jacques Goldman : Je l’écouterai plus tard, j’ai un lecteur CD dans mon…

Philippe Mabboux : Voilà. La maison ne recule devant aucun sacrifice.

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Philippe Mabboux : Ce n’est pas le CD définitif, c’est un petit montage présenté par Adeline, une élève de la chorale qui n’est pas là.

Jean-Jacques Goldman : D’accord.

Philippe Mabboux : Qui parle à Jean-Jacques du fond de son petit cœur et qui présente le CD en quatre minutes ?

Jean-Jacques Goldman : Mais on entend bien quand même, même si c’est du fond du cœur ?

Philippe Mabboux : Oui, il y a un super son.

Jean-Jacques Goldman : Parce que des fois on n’entend pas bien, il y a un boum boum boum [en imitant le cœur qui bat] !

Philippe Mabboux :Le CD sortira dans un mois.

Jean-Jacques Goldman : C’est super ! Donc vous avez bien travaillé ?

Philippe Mabboux : Oui, je crois qu’ils ont bien bossé tout ceci.

Jean-Jacques Goldman : Bon.

Philippe Mabboux : Ils ont préparé des petites questions. Mais déjà : merci beaucoup de nous avoir reçus.

Jean-Jacques Goldman : Je suis désolé parce qu’on est très pressé. La première partie est à 20h15 et il faut prendre le temps de manger avant quand même.

Philippe Mabboux : C’est tôt, donc c’est un concert pour les vieux, à cause de l’heure : 20h15 pour un concert !

Jean-Jacques Goldman : Exactement. Mais je le dis, d’ailleurs, pendant le concert : il y a une chanson qui n’est que pour les plus de 40 ans.

Philippe Mabboux : Ça va, je ne suis pas trop en retard.

Jean-Jacques Goldman : Non, c’est bon.

Philippe Mabboux : Très bien. Alors qui commence ? On lui dit quand même qu’il a droit à un joker. S’il y a une question, joker.

Jean-Jacques Goldman : D’accord.

Philippe Mabboux : Alors, qui commence ?

Marion Chandes (4ème) : C’est moi.

Philippe Mabboux : C’est mademoiselle Marion, on t’écoute Marion.

Marion Chandes: Comment avez-vous débuté dans la chanson ? Qu’est-ce qui vous y a attiré ?

Jean-Jacques Goldman : Dans la chanson elle-même ou la musique ?

Marion Chandes : La musique.

Jean-Jacques Goldman : La musique ? C’est à vos âges. Mes parents m’ont inscrit aux cours de violon classique, et j’étais dans une troupe de scouts où on chantait beaucoup en chorale. Il y en avait aussi une à l’école. J’étais attiré par la musique tout le temps. Pendant les récréations, je cherchais dans les classes où il y avait le guide-chant, mais il n’existe plus cet instrument.

Philippe Mabboux : Ah oui, on est au synthé maintenant.

Jean-Jacques Goldman : Vous êtes au synthé, oui. Je cherchais donc dans la classe où le professeur avait laissé son instrument, et puis j’essayais de jouer des mélodies, comme ça. Ensuite, quand je suis entré au lycée, j’ai commencé à monter des groupes avec des copains. On nous réservait pour les…, je sais pas comment vous appelez cela, les soirées ? On le faisait avec des copains d’abord et après on nous a embauché. Ensuite c’est un cycle.

Philippe Mabboux : Qui a la deuxième question ?

Agathe Blanc (5ème, lauréate du concours de dessin) : Est-ce que vos parents ont facilement accepté votre envie de devenir chanteur et vous ont-ils aidé à réaliser ce rêve ?

Jean-Jacques Goldman : Ils m’ont aidé en me payant des cours de musique au début. Ensuite, ça ne leur a pas posé de problème parce je n’ai jamais abandonné mes études, j’ai toujours fait ça comme un loisir, en même temps que mes études. Je suis devenu chanteur bien après. J’ai d’abord eu un diplôme, ensuite j’ai commencé à travailler, et ce n’est que quand ça a commencé à fonctionner que j’ai quitté mon boulot. J’étais donc déjà vieux d’ailleurs !

Jean-Jacques Goldman : J’avais déjà 30 ans, ils n’ont donc pas eu cette angoisse-là.

Julie Bach (3ème) [très spontanée, elle déclenche les rires de l’assemblée] : C’est moi la prochaine ! Le succès vous a quand même souri assez tôt, ça ne vous a pas effrayé ?

Jean-Jacques Goldman : Et bien pas si tôt que cela, parce que des gens comme Johnny, Céline Dion, c’est vraiment arrivé entre …

Philippe Mabboux : Lorie.

Jean-Jacques Goldman : Ou Lorie…, entre 15 et 20 ans, et Michael Jackson aussi. Même Francis Cabrel, c’est arrivé assez vite, vers vingt ans je crois. Alors qu’avant, moi j’avais fait un groupe rock qui s’appelait Taï Phong, mais qui était un peu amateur pour moi, ce n’était pas vraiment professionnel parce que je travaillais en même temps. C’est donc venu un peu tard mais je ne m’attendais pas du tout à ce que ça marche. Je n’avais pas prévu ma vie comme cela.

Philippe Mabboux : En fait c’est venu au moment où les Beatles se sont arrêtés à peu près.

Jean-Jacques Goldman : Un peu, on va dire ça.

Philippe Mabboux : Je ne sais plus trop à l’âge où ils se sont arrêtés.

Jean-Jacques Goldman : Ils se sont arrêtés en 73-74 ? C’était un peu plus tard quand même.

Philippe Mabboux : Non, je veux dire par rapport à leur âge, celui qu’ils avaient quand ils se sont arrêtés, ils avaient 30 ans. Quand vous avez commencé, vous aviez 30 ans et eux ils se sont …Donc il s’est peu attardé, il ne faut pas le dire !

Julie Bach : On ne le dira pas, on ne le dira pas, c’est promis !

Jean-Jacques Goldman : Un des plus attardés, oui, je ne crois pas qu’il y ait un chanteur qui ait percé à 30 ans.

Philippe Mabboux : Pourtant 30 ans, ça parait jeune quand même. Au foot, ils sont déjà à la retraite.

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Julie Bach : Ce n’est pas vieux 30 ans.

Jean-Jacques Goldman : Comment ?

Julie Bach : Ce n’est pas vieux 30 ans.

Jean-Jacques Goldman : Non ce n’est pas vieux mais ils sont très rares ceux qui percent à cet âge-là. En général, c’est avant.

Philippe Mabboux : Je vais juste rajouter une petite précision. Il y a quelque chose de symbolique ici, c’est qu’il y a des élèves d’aujourd’hui que j’ai eu et deux élèves de l’époque où Monsieur Goldman a commencé qui étaient avec moi en 6ème et on a chanté ensemble sur les premiers tubes il y a 20 ans. Enfin, un peu moins parce qu’elles sont beaucoup plus jeunes, mais c’est la première génération. C’est pour ça que je les ai emmenées, comme témoins. C’est impressionnant quand même !

Jean-Jacques Goldman : L’anecdote c’est que moi quand je faisais des concerts, donc au début, à votre époque, les gens se précipitaient devant la scène quand on ouvrait les portes.

Tout le monde : Ca n’a pas changé !

Jean-Jacques Goldman : Si, ça a changé. Ils se précipitaient devant la scène et puis ceux qui n’avaient pas de place devant allaient dans les gradins. Maintenant, ils se précipitent dans les gradins et ceux qui n’ont pas de place viennent devant !

Philippe Mabboux : C’est l’âge !

Jean-Jacques Goldman : Voilà la différence !

Philippe Mabboux : Il y en a quand même un peu encore !

Jean-Jacques Goldman : Oui, il y a quelques gamins mais c’est comme ça que ça se passe quand même.

Philippe Mabboux : Qui enchaîne ? Ah, Mademoiselle Justine.

Justine Darolt (4ème) : Quand vous aviez notre âge, qui était votre idole ?

Jean-Jacques Goldman : Vous avez quel âge ?

Justine Darolt (4ème) : 13 ans.

Jean-Jacques Goldman : 13 ans ? Je n’avais pas vraiment d’idole, mais j’aimais bien Jean Ferrat et Hugues Aufray en chanson française.

Philippe Mabboux : Ce n’était pas trop rock’n’roll.

Jean-Jacques Goldman : Non. Je ne connaissais rien du rock à cet âge-là. Et puis des chansons scouts aussi. Enfin ceci dit, j’aimais bien Hugues Aufray et il faisait déjà les traductions de Bob Dylan donc il y avait quand même quelque chose qui m’attirait là-bas.

Philippe Mabboux : Ah, notre garçon !

Bastien Combes (6ème) : N’êtes-vous pas attiré par la réalisation d’un film ou jouer la comédie ?

Jean-Jacques Goldman : Mais pas du tout !

Philippe Mabboux : On s’y attendait, mais ça a marché !

Jean-Jacques Goldman : C’est un peu comme si tu me demandais si j’ai l’intention d’être jardinier en Afghanistan, tu vois, un truc comme ça, cela me paraît… Je sais qu’il y a beaucoup de passerelles en général, il y a plein de gens qui font un métier, qui font l’autre. Mais pour moi, cela me paraît un autre monde.

Gilbert Namiand : Je confirme.

Jean-Jacques Goldman : Il confirme parce que c’est Gilbert qui a réalisé beaucoup de mes clips et il a beaucoup de mal !

Philippe Mabboux : Ce n’est pas mal, ça. Qui enchaîne ?

Marion : Pourquoi utilisez-vous des pseudonymes pour travailler avec certains artistes et pour

Jean-Jacques Goldman : Je l’ai fait au début parce que si vous avancez un petit peu dans ce métier-là, vous vous rendrez compte que les médias sont très bêtes et très paresseux, donc quand ils reçoivent un album de Marc Lavoine ou de Patricia Kaas ou autre, dans lequel il y a une chanson d’une personne connue et onze autres chansons, comme ils sont paresseux, ils vont dire : “On a reçu le dernier album de Marc Lavoine où il y a une chanson de Pascal Obispo ou de Jean-Jacques Goldman” par exemple, et ils n’écoutent pas les autres. Donc si tu signes par un pseudo, ils sont quand même forcés d’écouter l’album pour dire ce qu’il y a dedans, tu comprends ?

Philippe Mabboux : Ah oui ? Ca alors !

Jean-Jacques Goldman : C’est l’immense paresse des médias où tout de suite on devient...

Philippe Mabboux : Ce n’est donc pas pour se cacher.

Jean-Jacques Goldman : Comment ?

Philippe Mabboux : Ce n’est pas parce qu’on a honte, qu’on veut se cacher ou qu’on ne veut pas être reconnu ?

Jean-Jacques Goldman : Non, ce n’est pas par honte mais maintenant je ne le fais plus. Ensuite, pourquoi en changer ? Parce qu’à chaque fois ils le connaissent et ils disent : “Ah et puis en plus il a pris un pseudonyme” ! Ils sont très très cons, quoi [sic] ! Et quand on les laisse faire, par exemple sur le dernier De Palmas, tout le monde a l’impression que j’ai fait l’album entier. Mais je n’ai fait qu’un texte sur son album. Si je n’avais pas signé “Jean-Jacques Goldman”, ils auraient juste parlé de l’album. Mais là, leur paresse et leur bêtise font qu’immédiatement ils se vautrent sur… voilà. En gros, si tu es la meilleure chanteuse au monde et que tu as des chaussettes rouges, ils vont surtout titrer sur les chaussettes rouges et pas sur ta voix, tu vois ?

Julie Bach : C’est moi la prochaine !

Jean-Jacques Goldman : Et bien, elle s’annonce à chaque fois.

Julie Bach : Et oui !

Jean-Jacques Goldman : Comme si on pouvait te louper !

Julie Bach : Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans votre carrière mis à part la rencontre avec nous ce soir, bien entendu ?

Jean-Jacques Goldman [humoristiquement] : Oui, alors jusqu’à maintenant c’était… .

Jean-Jacques Goldman : …Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’histoire elle-même. Comme j’étais et je reste assez timide, je n’ai donc jamais pensé une seconde être sur scène quand j’étais petit. Je rêvais d’être musicien, d’écrire des chansons pour les autres, des choses comme ça. Je n’ai jamais fait beaucoup d’effort, ni sur les plateaux télé, ni en habillement, ni en promotion, et le fait que ce soient les gens, d’une certaine manière, qui m’aient choisi, est peut-être ce qui m’a le plus frappé, que je trouve le plus précieux.

Justine Darolt : Comment réagissaient vos enfants face à votre succès, quand ils avaient notre âge ?

Jean-Jacques Goldman : Ils disaient que des Goldman, il y en avait beaucoup, qu’ils n’étaient pas mes enfants. Ça les embêtait, c’étaient des problèmes à l’école. Je pense qu’au fond d’eux ils étaient fiers, mais, chaque fois ils disaient que j’étais soit un cousin, soit un homonyme, mais en tout cas, ça ne leur plaisait pas du tout.

Philippe Mabboux : Ils avaient la vie dure quand même.

Jean-Jacques Goldman : D’une certaine manière, oui. Ils ne voulaient jamais partir en vacances en France avec moi, par exemple. Ils disaient : “Non, on va dans d’autres pays”, parce qu’en France, les gens m’arrêtent tout le temps, et ça, ils ne le supportent pas. Alors on allait en Italie ou ailleurs.

Philippe Mabboux : On volait leur papa.

Jean-Jacques Goldman : Oui, un peu. Mais je pense qu’ils sont contents quand même.

Philippe Mabboux : Bastien ?

Bastien Combes : Avez-vous été surpris par l’accueil du public à votre dernier disque ?

Jean-Jacques Goldman : Non, franchement non, parce que j’ai un peu l’habitude maintenant, je pense que je connais bien le public. Je ne savais pas que ça allait marcher aussi fort mais quand même un peu parce qu’il y avait des choses dedans qui, je le savais, plairaient à ceux que je connais.

Philippe Mabboux : Pourtant il est plus difficile. Moi quand je l’ai entendu...

Jean-Jacques Goldman : Je ne sais pas…

Philippe Mabboux : On va dire qu’il n’est pas commercial du tout par rapport aux canons en général.

Jean-Jacques Goldman : Ah le canon ! Oui, le premier oui, je n’étais pas surpris mais je savais que ça allait être difficile et ça l’a été, c’est-à-dire qu’au bout de quinze jours de radio, les radios l’enlevaient parce ça ne plaisait pas aux gens, ils n’accrochaient pas, ils ne comprenaient pas. Donc il a vraiment fallu qu’on insiste et après c’est parti, une fois qu’ils ont compris. Mais c’est vrai que c’était un…si j’avais été un jeune chanteur, je ne l’aurais pas tenté ce truc-là. Il a fallu vraiment mettre le poids, le clip etc... pour l’imposer.

Agathe Blanc : Pourquoi avez-vous voulu vous occuper des Restos du cœur et de la tournée des Enfoirés ?

Jean-Jacques Goldman : Au départ, on m’a sollicité. C’est Coluche qui m’a contacté pour écrire la chanson, ensuite, c’est Véronique, sa femme, qui m’a demandé de faire la première tournée mais après il n’y avait plus personne pour s’en occuper, donc je me suis dit que pour cet évènement-là, qui était donc l’organisation d’une télé avec des chanteurs, c’était un peu mon travail. Je me suis donc proposé de continuer cette organisation-là parce qu’il n’y avait personne aux Restos pour le faire. Mais si j’avais été camionneur, j’aurais proposé d’organiser les camions et des choses comme ça. Là, il se trouve que c’était mon travail et qu’il n’y avait personne pour le faire.

Julie Bach [toujours aussi spontanée]: Attention, je m’annonce : moi !

Jean-Jacques Goldman : C’est moooi !

Julie Bach: C’est moooi ! Est-ce que l’aventure des Restos a changé les relations entre les artistes d’aujourd’hui ? Si on ne comprend pas la question, c’est normal, je ne l’ai pas comprise non plus !

Jean-Jacques Goldman : Moi, je l’ai comprise, je réfléchissais. Je pense qu’elle a permis d’exprimer des choses qui existaient déjà. Par exemple, ça n’a pas bien “tilté” avec la génération plus âgée parce qu’ils n’ont pas cet esprit-là, donc ça n’a rien changé pour eux. Mais par contre pour la génération des Cabrel, des Souchon, des Garou etc., qui ont vraiment cette envie de partager, de faire des choses ensemble, ça n’a pas changé mais ça leur a donné l’occasion de vivre leur tempérament. Si tu n’as pas compris la réponse c’est normal...

Julie Bach: Non, j’ai compris la réponse, et puis on m’avait expliqué les questions avant que je vienne.

Jean-Jacques Goldman : Ah, tu as une petite oreillette où on t’explique la question ?

Philippe Mabboux : On lui traduit, oui, en langage collégien.

Justine Darolt : Comptez-vous refaire un album avec Céline Dion ?

Jean-Jacques Goldman : Oui, on y travaille déjà. Mais c’est un album où je serai plus réalisateur que compositeur parce que je suis un peu vide maintenant, et puis je n’ai pas trop le temps, là, en tournée, de composer, donc je lui ferai peut-être deux ou trois chansons et je m’occuperai des autres chansons avec mes copains, pour qu’il y ait une cohérence.

Philippe Mabboux : En quelle année ?

Jean-Jacques Goldman : On s’y mettra dès la fin de cette tournée, je pense que la sortie sera pour le printemps prochain. On va s’y mettre en septembre, octobre, novembre et décembre.

Marion Chandes : Lorsque vous écrivez pour d’autres artistes, qu’est-ce qui vous inspire ?

Jean-Jacques Goldman : D’abord quand j’accepte, c’est parce que j’ai déjà une idée. Il y en a beaucoup qui me demandent et je ne sais pas quoi leur écrire, alors je refuse. Mais ce qui m’inspire c’est leur voix, leur caractère, ils me donnent des idées de texte, et puis il faut que j’ai l’impression aussi de pouvoir avoir des idées que les autres n’ont pas eues, de pouvoir leur apporter quelque chose qu’ils n’ont pas. Et je suis sensible à la voix essentiellement.

Marion Chandes : Et pour vous ?

Jean-Jacques Goldman : Pour moi ? Ce qui me plaît et que personne d’autre ne voudrait chanter.

Agathe Blanc : Alors suivant quels critères choisissez-vous les artistes et les chansons pour la tournée des Enfoirés ?

Jean-Jacques Goldman : Uniquement sur le critère du succès, c’est-à-dire que je ne prends pas les artistes que je préfère. Nous ce qu’on veut faire c’est de l’audience parce que ce n’est pas une émission pour nous faire plaisir, même si on s’y fait plaisir, c’est surtout une émission pour faire de l’audience parce que les Restos en ont besoin, parce que si les chaînes ne font pas huit ou dix millions de personnes, ils ne nous reprennent plus l’année d’après. Donc on a absolument besoin de faire de l’audience et quand on se réunit en petit comité, qu’on choisit les artistes, c’est en fonction du succès qu’ils ont eu. Et j’ai de très bons copains, des artistes pour lesquels j’ai beaucoup d’estime mais qui n’ont pas un gros succès donc on ne les prend pas, et d’autres que j’aime moins mais qui ont beaucoup de succès , alors on les prend. En gros, il faut que l’artiste soit plébiscité par le public.

Philippe Mabboux : Il faut que ça marche, on ne peut pas se rater.

Jean-Jacques Goldman : Non, parce qu’on ne travaille pas pour nous mais pour les Restos du cœur.

Philippe Mabboux : Les enfants, on ne va poser plus que trois questions pour que Jean-Jacques ait le temps de signer deux ou trois choses s’il en a envie. Donc on va choisir les questions…

Les enfants : Les questions 15, 17 et 20.

Philippe Mabboux : Voilà : 15, 17, 20.

Justine Darolt : Votre dernier album commence par un morceau de flûte à bec et un canon. C’est quelque chose qu’on a l’habitude d’entendre dans les cours de musique mais pas dans les disques de variétés. Vous l’avez fait exprès ?

Jean-Jacques Goldman : Oui.

Jean-Jacques Goldman : Oui, la flûte à bec m’est venue après, mais j’avais déjà la nostalgie des canons quand j’étais scout. Je trouvais ça bizarre que les gens ne connaissent pas et ça faisait longtemps que j’avais envie d’en faire un.

Philippe Mabboux : C’est super ! En tout cas, merci. La confrérie vous remercie.

Jean-Jacques Goldman : En fait, c'était plus pour la confrérie que pour le grand public.

Philippe Mabboux : C’est vraiment sympa.

Marion Chandes : Est-ce que vous faites des choses spéciales avant de monter sur scène comme Céline Dion par exemple ?

Jean-Jacques Goldman : Non. Tu connais ...[bande son coupée]… les Ferrari, ce sont des voitures très fragiles et très performantes et les 4X4, ceux-là roulent mais bon…Pour des gens comme Céline ou même Patrick Fiori qui sont des très grands chanteurs, eux ont besoin de faire attention, de faire des exercices. Moi, je ne suis pas un chanteur très technicien donc… En ce moment, je travaille un peu mon violon, parce que c’est un autre problème, c’est très difficile, j’en fais un petit peu juste avant le concert. Mais je n’ai jamais beaucoup travaillé ma voix parce que je ne suis pas de cette catégorie-là, des très grands chanteurs.

Philippe Mabboux : Question très importante, je crois que c’est peut-être la plus importante.

Marion Chandes : Ce n’est pas vraiment une question. On voudrait que vous sachiez que la chorale du collège est volontaire pour participer bénévolement au concert des Enfoirés l’année prochaine.

Jean-Jacques Goldman : Et en rougissant aussi ? Je le note mais je crois que ce sera à Lille donc on prendra plutôt quelqu’un de là-bas. En tout cas j’apprécie, je prends note et on verra, c’est très gentil.

Philippe Mabboux : Merci beaucoup pour ces réponses.

Jean-Jacques Goldman : De rien.

Philippe Mabboux : Si vous voulez faire quelque chose, il faut le faire maintenant.

Jean-Jacques Goldman : On signe des choses ? Allons-y.

[Texte défilant avec “Pas toi” en musique de fond : “Avec beaucoup de gentillesse et de patience, l’artiste se prête à une longue séance d’autographes…”]

Jean-Jacques Goldman : Vous avez de la chance d’avoir un professeur comme ça. Vous vous faites respecter ?

Philippe Mabboux : Je crois oui.

Jean-Jacques Goldman : Parce que c’était la foire pour …

Philippe Mabboux : C’est clair !

Après la séance d’autographes, c’est la photo de groupe où Jean-Jacques Goldman est entouré des collégiens et des professeurs qui les ont accompagnés.

[Texte défilant : “Franchement … y sont pas mignons, tous ??”]

Avant de partir, Jean-Jacques Goldman embrasse les collégiens et les professeurs qui le remercient et sortent de la loge.

Infos pratiques
  • Auteur : Philippe Mabboux
  • Retranscription : Miharintsoa Rabefitseheno
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