Europe 2 fête ses dix ans avec Jean-Jacques Goldman
Europe 2 , 28 février 1997
Retranscription de Marie-Laurence Cuvillier, Géraldine Gauthier, Maryline Prévost.
Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs, bonsoir. Il est 17 heures et deux minutes. Bon anniversaire à tous et toutes parce qu'aujourd'hui c'est votre anniversaire et c'est le début des hostilités, surtout des festivités puisque ce sont les 10 ans. Bon anniversaire Europe 2, bon anniversaire Stéphane, bon anniversaire Christian.
Bon anniversaire Laurent.
Je t'en prie. Et ça commence ce week-end et pour dix week-ends. On va vous faire une fête à n'en plus finir. Et celui qui inaugure aujourd'hui cette soirée en direct, s'il vous plaît, qui s'est déplacé. C'est Monsieur …
Non.
Si. C'est Monsieur Jean-Jacques Goldman. Jean-Jacques, bonsoir. Merci d'être avec nous. Bienvenue.
Bonjour. Bienvenue.
Bon anniversaire Jean-Jacques.
Bon anniversaire à vous.
Ecoute, c'est un peu ton anniversaire aussi l'air de rien. Parce que la T. S. F., la musique tout ça …
Ouais.
Tu t'es entendu assez souvent en Europe 2. C'est un peu ton anniversaire aussi quoi.
Si, c'est mon anniversaire par rapport à la radio, je serais … c'est beaucoup plus que ça [rires]
Aujourd'hui, Jean-Jacques Goldman a 10 ans mes enfants, et ça, ça nous fait plaisir et tu les as peut-être dans la tête, d'ailleurs, l'air de rien ? ! ! !
Oh lalala, lalala ! ! !
Oh lala », Boyer, il va m'emmerder avec ses questions et ça va être terrible.
Oh non !
Oh non ! Oh non ! Oh, on ! Pas ça ! Mais non. Bon Jean-Jacques Goldman est avec vous. Il nous fait plaisir donc de passer cette petite heure en notre compagnie. Cela dit évidemment, vous aurez le meilleur de la musique. Deux, trois, âneries. Monsieur Cricri, tout le long de l'émission.
oui, comme d'habitude, oui.
Et plus, et puis la première heure avec Jean-Jacques Goldman en direct ici. Et ça, ça nous fait bien plaisir. Bon anniversaire à toutes et à tous, un peu de musique et on se retrouve.
[INXS : « I need you »]
C'est les 10 ans d'Europe 2 qui commencent là, avec, « c'est le week-end » depuis ce soir… depuis immédiatement d'ailleurs on fête nos 10 ans avec Monsieur Cricri et avec Monsieur Jean-Jacques Goldman qui est venu nous retrouver. Jean-Jacques, il se rapproche…Tu as vu la vitesse à laquelle ça va la TSF ? C'est dingue, hein ! Hein, on y va, hein !
Oui.
Jean-Jacques, on vient d'écouter à l'instant INXS « I need you », c'était dans le top en 88, ça, ça doit te rappeler deux ou trois choses quand même, parce que … parce qu'en 88 ça faisait partie de toi, tu avais des titres qui tournaient. Mais ces genres de musique, ça te plaisait ça, INXS [prononcé « UNKSS »], comme tu dis.
Ouais…, ouais, ouais. C'était assez intéressant sur le plan rythmique. Y avait…
Y avait… des mélodies, c'est ça ?
Non, non, non, non, non, non.
[rires]
Mais il y avait … Ils ont, ce sont les premiers qui ont tenté un peu de rythmique, un peu de dance sur des sons résolument rocks.
Ouais.
Voilà.
Technique ?
Non, c'était …
Technique dance sur sons résolument rocks. Un petit coup de Texas derrière pas dégeu. Ça, ça doit te plaire aussi ?
Ouais, c'est bien ouais. Puis surtout l'intro du premier titre, c'est la guitare ça. C'est un grand souvenir.
Oui.
(qui chante)« I don't want a lover, I just need a friend »
Yes ! Parce que tu chantes ? !
[rires]
Nan.
Pas assez souvent au goût de certains, c'est ça ?
Ouais.
Quoique ? ! Quoique ? ! On a l'impression d'avoir une petite pause de Goldman en ce moment. Tu travailles beaucoup, on va en parler, pour les autres mais, une petite pause pour toi.
Non, là, je travaille pour moi, là.
Tu travailles tout seul ou tu travaille pour ton groupe Gold.
Bah, je fais des chansons et puis, on verra après. [rires]
Tu as eu raison de monter ce groupe qui s'appelle Gold, c'est sympa, hein ? ! Je trouve que c'est une bonne idée.
C'est Gold ?
Pourquoi ? Vous pensiez que c'était quoi ?
Je croyais que c'était Village People, moi à la base.
Ah non ! Lui, il n'a pas fait les Village People.
Non, non, je vous expliquerai.
Ah, ce n'était pas lui alors…
Avec le cric et la crête d'indien.
Bah oui c'est ça.
Bah non. Ce n'est pas Jean-Jacques Goldman, pas lui.
Ah d'accord.
Jean-Jacques, 88…
Il y a deux trois détails qui ne correspondent pas [rires]
Seulement deux trois.
Jean-Jacques, tu n'es pas là pour fêter l'année 88, enfin pour nos 10 ans. C'est toi qui inaugure, cette belle série des 10 années. 88, pour toi, c'est évocateur de quoi ? C'était l'album « Entre Gris Clair et Gris Foncé » me semble-t-il, qui était sorti fin 87.
Bon.
D'accord.
Oui. C'était un album, un peu, de fin de cycle. C'est à dire ….C'est l'album où je ne savais pas ce qui…ce qui allait succéder mais je savais que c'était la fin de quelque chose. Et en fait ce qui a succéder, c'était Frédericks, Goldman, Jones.
Ouais, tu étais au bout. C'était un double album en plus.
Ouais, ouais, ouais.
Y avait une partie un petit peu blues et acoustique en fin d'album, blues et acoustique.
oui, y avait une partie …traditionnelle. Enfin, disons orchestrée, et l'autre qui était acoustique, presque enregistrée live quoi.
Hum, hum. Ça a été… Ça a été une grande tournée aussi pour toi 88 parce que tu t'es baladé un petit peu partout, tu as fait bon nombre de grandes scènes françaises. Est-ce que …Tu disais à cette époque-là, que tu t'ennuyais peu seul sur scène. Et pourtant, tu avais déjà Frédericks et Jones avec toi.
Ouais, ouais. Et je trouvais que c'était très bien de les avoir sur scène et peut-être à la suite de cette très longue tournée, je crois qu'on avait fait 150 concerts, on avait été en Asie, on avait été en Afrique, par Cuba aussi.
Ouais.
Et peut-être à la suite de ça, quand les chansons sont venues ensuite d'après Carole et Michaël étaient, naturellement, inclus dedans.
Hum ! Cette année 88 pour toi, est-ce que tu as souvenir un petit peu du contexte ? Ou est-ce que quand on est un artiste et qu'on fait ce que tu avais fait, série de concerts toute l'année, te balader partout, on … l'actualité file un peu entre ses doigts ou on a du mal à s'y arrêter ?
Non, en général, l'actualité est toujours présente dans les chansons, plus ou moins.
Hmm, hmm.
Là, je ne me souviens pas exactement.
Des événements de l'époque ?
Des chansons. Mais bon, 88 c'était les deuxièmes élections, tout ça … c'était. Donc, probablement, tout ça, influe entre les lignes.
Ouais Tu avais été marqué quoi. On t'avait vu d'ailleurs à l'époque, faire des interviews de personnages politiques ou ce genre de choses. Tu t'étais engagé un petit peu. Tu as observé cette année là comment ? Le cinéma… Ce que je veux dire c'est quand on est en tournée et qu'on se promène, est-ce qu'on a le temps de participer à la vie sociale et politique ? Est-ce que toi tu as le temps de t'arrêter, d'aller au ciné, regarder les matches de foot, il y avait les jeux olympiques, il y avait ce genre de trucs, est-ce que tu en as profité cette année-là ?
Oui, quand on est en tournée en fait, ta question c'est « est-ce que la vie de tournée te coupe de tout », quoi ?
Oui, c'est ça. Est-ce que le matin, tu achètes les journaux, tu continues à regarder un peu…
Oui, oui, oui. Tu lis le journal, tu rentres le soir, après le concert, tu regarde les actualités, ouais.
Tu t'informes toujours, quoi ?
Oui, je crois, oui.
C'est un bon souvenir 88 ?
Je ne sais pas. Tu sais, je n'ai pas d'année vraiment de très mauvais souvenirs, donc … Oui, c'était une année… où j'étais vivant, j'étais heureux, quoi.
C'est ça. C'est ce que tu m'as dit tout à l'heure, j'adore ça. J'ai dit : « 88, c'est évocateur de quoi ? » « J'étais vivant. »
Ouais, ouais, puis toi aussi donc.
Ouais, on faisait des conneries déjà ensemble peut-être, effectivement. On devait parler d'« Entre gris clair et gris foncé ». Les 10 ans d'Europe 2, c'est avec Jean-Jacques Goldman, aujourd'hui qui est en direct avec nous, qui nous fait ce plaisir. On le remercie. Et c'est également l'évocation des titres de cette année 88 et évidemment, les titres de tes disques. Et en 88, il y avait un petit groupe bien sympathique qui venait de Lyon avec un petit bonhomme qui s'appelait Cleet Boris qui chantait « Chic planète ». Bien sympa ça hein ?
[L'Affaire Louis Trio : « Chic planète »]
Vous êtes bien sur Europe 2, il est 17 h 20 et nous fêtons nos 10 ans et tu as apprécié ça l'Affaire Louis Trio Jean-Jacques ?
Ouais, j'aime bien, ouais. Toujours des morceaux, comme ça, qui arrivent, tu ne sais pas d'où, tu ne sais pas où ça va mais c'est là.
Ouais, ça existe.
Hmm.
Au petit bonheur, on va jouer Jean-Jacques. J'ai préparé deux, trois trucs, j'ai appelé ça « contexte ». Ce sont des phrases que tu as dites au long de ta carrière. Et, on va essayer de les commenter. Et, tu vas me dire ce que tu en penses.
« contexte »
« Contexte »
C'est aussi « textes cons »
Voilà. « Si vous citez un texte con, n'oubliez pas le contexte » C'est Jacques Prévert dans « Paroles ». C'est que j'ai appelé ça « contexte ». « Je n'ai pas l'impression que j'ai changé depuis que j'ai 12 ans. J'étais anormal. J'avais déjà 40 ans. »
Bon, et qu'est ce que je dois dire ?
Ah ah ! Tu penses que tu as dit ça il y a une dizaine d'années.
Oui.
Tu confirmes ? Tu persistes et signes ?
Oui, j'étais un enfant assez tristounet, quoi. Pas très … enfantin, quoi, voilà.
Et tu ne t'amusais pas beaucoup, quoi.
Si, si.
Tu ( ?) dans la tête.
J'étais sérieux.
Sérieux ?
Oui, je rangeais… je faisais mon lit, je rangeais ma table, je ne répondais pas à mes parents, je ne tapais pas les vieilles dames, tu vois.
[rires] Tu n'as pas changé, quoi ?
Non.
Peu. Tu étais déjà vieux, petit, quoi ?
Oui j'étais déjà vieux. Très jeune, j'étais déjà vieux.
[rires]
Ils sont écroulés. Je ne sais pas pourquoi. Je trouve ça plutôt triste, non.
Non, c'est non.
Non, non, je ne trouve pas ça triste.
Moi non plus. Alors, j'en ai une autre. « Je ne cherche pas ni, ne vois la différence entre Cabrel et moi, Hallyday et moi ou encore Pagny et moi. Il n'y a que vous les journalistes, pour mettre les chanteurs dans une case et un style. Je peux aussi bien faire un duo avec Bruel qu'avec Sylvie Vartan. »
ça, ce n'est pas de moi ça.
Non, tu as raison, c'est Sacha Distel qui avait dit ça dans France Soir.
[rires]
Ah ! Donc ce n'est pas France Soir qui avait dit ça dans Sacha Distel.
[rires]
Goldman est avec vous pour fêter les 10 ans d'Europe 2. On se retrouve après ça.
[Là-bas, version des enfoirés avec Céline Dion]
Ouah, et ça, ça fait très mal. C'était Jean-Jacques Goldman et Céline Dion sur un titre de 88. Une version originale qui avait été classée numéro 2 au top 50 à l'époque. C'était le 9 janvier 88 et c'était extrait de la compil des enfoirés aux Restos du cœur et, Jean-Jacques a écouté avec émotion parce que tu n'avais pas entendu ce titre depuis un bon moment.
Oui, oui.
Depuis 88, je crois.
Oui.
Enfin, ce titre ! Cette version, j'entends.
Oui, oui. D'autant plus que c'était… on l'avait fait sur scène donc… pour cette émission, donc. Ça avait été vraiment une fois…
Ouais, c'est ta première rencontre avec Céline. Enfin, ta première… non, mais disons que tu as chanté avec elle à ce moment-là, déjà.
Je pense qu'on avait déjà décidé de faire un album ensemble, et…
En 88 ?
Je crois… heu !
Tu veux dire que tu l'as sorti…
Je pense que …
8 ans plus tard, quoi ?
Ah non. Non, non, non. Tu es sûr que c'est 88.
Bah, oui.
Là-bas, je ne crois pas non.
Ouais, Bah si ! Ah non ! 94.
Ouais, ouais.
C'est un titre de 88 mais interprété en 94.
Voilà, ouais.
Et alors à l'époque où… tu l'as chanté avec Céline …
Oui.
Les gens ont été un peu surpris, quoi.
Oui, oui. Moi je l'avais vu peut-être deux trois mois avant, je pense. Où peut-être moins que ça et … Et je leur avais dit que je voulais faire un album pour elle. Voilà.
Ouais. Et les gens dans ton entourage te disaient « Qu'est ce que … », quand tu leur as dit : « Je vais chanter avec Céline Dion aux Restos du cœur », on ne t'a pas dit : « Qui est cette illustre inconnue ? »
Oui, oui, c'est ça.
Parce qu'elle était inconnue en France.
C'était pire qu'une inconnue, c'était une fille qui chantait depuis 15 ans, donc…
[rires]
Et on s'est dit « Pourquoi est ce que Goldman veut chanter avec elle ? »
Oui, oui.
Et tu leur as dit qui c'était ?…
Moi, je disais, c'est simplement la meilleure chanteuse du monde, mais à part ça, vous faites ce que vous voulez.
[rires]
Voilà, je suis obligé de leur tirer les vers du nez là. M'enfin c'est l'anecdote réelle de cette histoire. Je te présente Julien. Julien, Jean-Jacques, qui s'occupe de « Aventures ».
Bonjour, Jean-Jacques.
Bonjour.
Il paraît qu'on aurait pu, ce n'est pas arrivé, mais on aurait pu se croiser sur quelques pistes sahariennes, en Afrique et à motos parce que … vous êtes m'a-t-on dit, un fan de bécanes et un fan de déserts, un grand amoureux du désert aussi.
Euh, c'est un peu excessif mais j'ai déjà fait de la moto et j'ai déjà fait du désert au Maroc, hein ? Je ne suis pas allé dans des pays africains.
Et bien, ça tombe bien parce que moi je vais vous présenter, ce soir, le raid de l'amitié. C'est un raid à moto, il y a également quelques voitures, mais ce sont essentiellement des motos. Le raid de l'amitié qui aura lieu de 12 avril au 4 mai. C'est un raid qui est organisé par un monsieur qui s'appelle Jean-Michel (?). C'est un ancien pilote professionnel de l'aviation civile, ce qui lui a donné l'occasion de faire de nombreuses escales en Afrique et il est tombé littéralement amoureux du désert. Il organise là, sa onzième édition du raid de l'amitié. Alors je vais vous parler rapidement de l'itinéraire parce qu'il y a certainement des endroits que connaissez sur cet itinéraire. Ça part de Tanger, en passant par Fez, Oujda, Jagora, Ouarzazate, c'est à dire aux portes du Sahara. On descend même jusqu'à Saguia El Hamra qui est le Sahara occidental.
Oui, oui, oui.
C'est à dire ? Quels souvenirs tu en as toi, Jean-Jacques ? Tu étais parti d'où, tu as fait un petit raid moto, toi là-bas ?
Oui, moi je suis parti du nord et on est descendu jusqu'à Ouarzazate en passant par Eshaourra, Taroudan, etc.…
Ouais et en dormant le soir en bivouac ou… ?
En faindock.
Non, non, on dormait dans de très très bons hôtels.
[rires]
Donc pas de faindock.
C'est ça les Faindock, c'est les hôtels.
C'est ça, c'est oui, c'est les hôtels, enfin les anciens hôtels…
Jean-Jacques, quelle passion, tu as pour ce genre de raid, par exemple, quels souvenirs tu en as amené ? Pourquoi avoir fait cette expédition ? Ou, qu'est qui te tentait ? C'est plutôt le raid moto ou le paysage, la découverte ?
Non, là c'est plutôt une histoire d'amitiés puisque tous les gens, avec lesquels je travaille, sont motards, par hasard. Donc, Michael Jones, Erick Benzi, tout ça, et on avait fait l'album, le premier Frédericks, Goldman, Jones et on avait eu de la pluie tout le temps. On avait décidé de miser à Aix en Provence pour avoir du beau temps, il avait plu tout le temps, il y avait eu des inondations et on s'est dit donc « en octobre, on ira, quand tout sera terminé, on ira au Maroc, faire un raid en moto. On est sûr là-bas d'avoir du beau temps. Et je crois que c'est la seule fois ou il a plu sans arrêt au Maroc depuis 20 ans et on a même eu de la neige en traversant l'Atlas.
[rires]
Bon Bah, allez-y au mois d'avril parce que là, quand même il a plus de chance que vous ayez du beau temps et puis un peu plus de chaleur. 12 avril, 4 mai pour le raid de l'amitié. Si vous voulez plus de renseignements 36.15 Europe 2 rubrique « chroniques »
Jean-Jacques, c'est quelque chose que tu referais ça ? Tu l'as fait une fois justement ce périple à moto. Est-ce que c'est quelque chose qui te retente ? Qu'est ce que tu en as tiré justement ? De la promiscuité ? Un (?) ? Comment ça s'est passé avec tes potes, justement.
Oui, Bah c'est ça. Enfin d'ailleurs tu nous as rejoint là-bas parce qu'on devait faire Fréquenstar…
Oui.
Et puis… Je t'ai dit : « Bah, ils ont qu'à venir parce que moi je n'ai pas le temps. » Donc, on s'est vu près de …
Ouarzazate.
A Ouarzazate, ouais. Ah bah c'est… Tu as tous les gens qui font des raids ou des choses comme ça savent ce que c'est. C'est… c'est vraiment des histoires de… De pépins, de fuites, d'amitié, de chaleur, de douches chaudes, à la fin. Enfin de bouffes ensemble, de… de conneries dites. Enfin de… de toutes ces bêtises qui font que la vie est belle, quoi.
Hum, tu aimerais remettre ça ? Tu penses le refaire ?
Ouais. Ce n'est pas « j'aimerais », je remettrai ça, c'est une certitude. D'ailleurs, on remet ça souvent. Ne serait ce qu'à chaque tournée d'été. Bon, ce n'est pas du rallye, mais on fait toujours la tournée d'été en moto.
Hmm, hmm.
Donc, on est comme ça de 6 à 10 motos qui, qui suivons d'arènes en arènes, quoi. Ce sont de grands moments, quoi. Le concert est presque [rires] en plus, quoi.
Ouais, c'est le raid et le concert, c'est ça presque.
Pas vraiment des raids mais disons que…
La balade et le concert.
Tout ce qu'il y a autour, les balades et tout ça sont… pour nous aussi précieuses que le concert, ouais.
Julien.
On se retrouve demain à 8h30 pour le Vendée Globe. Des nouvelles de Catherine Chabot. Tout va bien. On l'attend vers le 20 mars.
Merci, Julien.
[…]
En Europe 2 et Passadenas, été 88. Il est 17 h 40, Jean-Jacques Goldman nous le plaisir d'être avec nous, en direct, aujourd'hui de vous parler de ces raids en motos, de sa moto. Vous envoyez des petits mots également sur le 36-15, code Europe 2. On fera des commentaires, on répondra, tout à l'heure à Wardid, l'histoire de la thèse, là, de l'instit, tout ça. On a tort. On guette, on est désolés. On n'a pas l'émetteur anglais, c'est dommage. M'enfin, bon, c'est assez sympa les messages que vous envoyez à Jean-Jacques sur le 36-15 code Europe . Jean-Jacques, dis donc, Goldman ça veut dire… Je ne ferais pas un bon prof. d'étymologie, mais c'est « homme en or » quelque part. ça a été un de tes pseudos à un moment quand tu signais du nom d'O. Menor. Je me souviens de Marc Lavoine. Hein ? ! Tu signais O. Menor, hein ?
Oscar Menor, ouais.
Oscar Menor ?
[rires]
Est-ce que tu as, est ce que tu as un côté, est ce que tu te rends compte qu'il y a un petit côté « Golden Touch ». C'est à dire que les choses que tu touches, c'est ce que disent les Américains, tu sais avoir les « mains en or », c'est avoir… Je touche quelque chose, ça devient de l'or. Donc, tu le portes dans ton nom, mais c'est assez surprenant. On va te toucher ! [Rires] C'est quoi ça ? C'est un feeling, c'est du… de pouvoir comme ça faire des tubes ? Je ne sais pas. Je pense à Céline Dion, à Klaled,… Tu t'occupes des Restos du cœur, de l'émission. Il y a bon nombre d'animateurs, et j'en fais partie, qui se disent : « J'aimerais bien l'avoir comme producteur ». C'est quoi ? C'est un feeling ? C'est de la rigueur ? Ou tu travailles au sentiment ?
C'est… Je ne sais pas. C'est… de l'expérience, de la chance. Qu'est ce que tu veux que je te dise ? Du boulot. C'est difficile de répondre.
Est-ce que tu as une équation ? Justement, est ce que la chance entre pour beaucoup ou est ce que comme l'as dit tout à l'heure pour Dion. Tu t'es dit « C'est la plus grande chanteuse du monde, je vais écrire pour cette nana ? »
Ah oui. Je n'ai aucun doute ? C'est peut-être cette conscience là, c'est à dire que Céline Dion, il y a plein de gens qui l'écoutaient à cette époque là. Puis moi j'avais ma certitude que… Mais c'était une certitude de feeling, ce n'est pas, ce n'était pas une certitude intelligente. C'est à dire que j'écoutais la voix de cette fille-là et j'étais bouleversé. Donc, je me suis fait le discours, moi. Il se trouve que j'ai sûrement des goûts assez populaires et qu'enfin… avec les gens, on ressent la même chose. Mais, au début j'étais… ce n'était pas un calcul. Cette fille-là chantait même des stupidités et j'étais bouleversé par sa voix et je me disais « Si elle avait des chansons… »… Ça me plaisait quoi. Voilà.
Hmm, hmm. Il y en a d'autres qui chantent des stupidités à l'heure actuelle que tu écoutes et tu te dis « tiens »…
Non, non, non. Ça c'est… Non je ne dis pas qu'elle chantait des stupidités. Je disais même quand elle chantait une chanson qui ne plaisait pas forcément, j'étais ému, quoi.
[rires] Si, tu as dit « stupidités ». Tu l'as dit. Il l'a dit. Euh, Mauranne. Tu ne ferais pas quelques chansons pour Mauranne ?
Euh, elle, elle ne chante pas de stupidités puisque…
C'est vrai.
Lafontaine a fait quelques chansons et…
Lafontaine, c'est vrai.
Mauranne, je la connais bien, Mauranne. On s'est parlé, elle sait l'estime que j'ai pour sa voix.
Ouais.
Et elle est dans dans une histoire musicale qui n'est pas du tout la mienne. C'est à dire, elle aime beaucoup le jazz, elle aime beaucoup… les chansons comme ça. Ce n'est pas du tout mon univers.
Hmm, hmm. Quand je commentais et je disais qu'il se passe des choses tout à fait incroyables. Justement j'ai rencontré Khaled cette semaine et il me disait ça :
[Khaled : Et Aicha, elle existe depuis 3 ans maintenant. Même 4 ans si j'ose dire le mot. Parce qu'il me l'a présentée, quand il l'a écrite, il m'a appelé. Il m'a appelé, c'était début 95. En janvier 95, avant mon mariage. Deux jours avant mon mariage. Et, en plus, quand je suis allé le voir… parce que moi je n'ai pas cru qu'il va m'écrire. On a parlé de ça en 94, quand il y avait les accords de paix de Washington avec Yasser Arafat et après il me dit « d'accord ». Après on s'est vu une année et … il me donne un signe de vie. Il me dit : « Khaled écoute ce que tu m'as dit, c'est prêt ». Ah je n'y croyais plus, quoi]
ça s'est passé un peu comme ça Jean-Jacques ?
Bah, s'il le dit, ça doit être vrai.
Quel menteur, ce Khaled ! Quel menteur !
Non, non. Oui, il m'a demandé une chanson, je me rappelle, on mangeait un couscous, ensemble et je lui ai dit « d'accord » et je lui ai dit « pour quand ? » Et il m'a donné une date. Et je pense qu'à la date prévue, je lui ai dit « Voilà, c'est prêt ».
Moi, je l'aime bien quand il est livreur de pizza comme ça. Tu appelles « Goldman, je voudrais une chanson pour telle date » « Oh, il n'y a pas de problème mon petit gars, je vais la livrer où ? »
Non, je ne dis pas « Il n'y a pas de problème ». Je dis « C'est possible pour quelle date ? ». Voilà, et, à la date donné en général…
En général, ça frappe.
Je lui propose. Je ne savais pas si ça allait lui plaire ou pas.
Jean-Jacques Goldman, est ce que parfois, on te dit « Elle est bien la chanson, coco, mais elle n'est pas pour moi ou là j'aimerais bien que tu me la refasses ». Est-ce que tu acceptes la critique ou est ce que quand tu livres un produit finit, c'est du bronze ?
Bien sûr. Ça s'est passé sur Khaled. La maison de disque, sur le deuxième titre, m'a dit qu'il n'était pas… content de l'arrangement et qu'il voulait tenter autre chose. J'ai dit « il n'y a aucun problème ». La seule chose, c'est ce que c'est moi qui décide à la fin. Donc, ils ont fait un nouvel arrangement et j'ai dit « je n'aime pas cet arrangement » et ils ont pris le mien Voilà [rires] sur « Le jour viendra ».
Oui, Est ce que tu as pris une veste déjà ?
Ah oui ! Oui, oui. J'ai écrit des chansons pour des gens qui n'ont pas du tout marché… oui.
d'accord. A bon entendeur « Salut », on en reparle tout à l'heure.
Bien sûr. Heureusement.
Jean-Jacques Goldman est avec nous, il fête les 10 ans d'Europe 2 et les siens aussi, quelque part.
[…]
(…) On fête nos 10 ans avec Jean-Jacques Goldman qui est là, donc pour inaugurer donc, de cette belle série de 10 week-ends que vous passerez en notre compagnie. Jean-Jacques, on joue aux « contextes » comme tout à l'heure ? Je te donne des phrases et chiche ! Christian, tu es prêt ?
Oui. Vas-y.
Alors, j'en ai une, là. « J'écris la nuit. Je suis opérationnel à partir de minuit. »
Oui.
ça c'est du Goldman à ton avis ?
Oui.
C'est vrai. C'est toi qui l'as dit.
A mon avis, ce n'est pas extrêmement original, il doit y en avoir plein d'autres dans ce cas-là. Mais, j'aurais pu le dire…
Ah non, mais c'est intéressant de voir que tu écris la nuit. C'est vrai que tu écris la nuit ? Enfin, ça c'était à l'époque de « Nuit », justement.
Oui, oui, oui, oui, oui.
Tu continues ?
Moi, je commence à travailler… souvent vers 22 heures, 23 heures. Ouais.
Pourquoi, tu es… ? Tu ne sais pas. Subjectif, quoi ?
Tout le monde. Il y a des gens qui, à 10 h 30, 22 h 30, vont se coucher et se lèvent tôt. Moi, je lève tard et je me couche tard. Voilà.
Alors, autre [citation]. Ecoute bien : Dixit, d'accord ? « Les chansons sont toujours les photos d'une époque, elles jaunissent très vite. »
Oui. J'adhère.
C'est toi qui l'as dit, effectivement.
J'adhère.
C'est toi qui m'as dit ça.
Ah bon ? !
Ouais. C'est un vrai dixit Goldman. Tu confirmes ?
Oui, Oui, Oui. Je trouve ça vraiment très intelligent. (rires)
Ça tombe bien. Tu sors des compils, dis-donc. Est-ce que, quand tu réécoutes tes compils, par exemple, tu penses que certaines de tes chansons ont vraiment pris un...
A tel point que j'en ai... j'en ai déjauni quelques-unes...
Tu les ravives ?
Comment ?
Tu les ravives. Tu leur redonnes une couleur.
C'est-à-dire, les versions, les chansons qui ont eu du succès comme « Quand la musique est bonne » ou « Comme toi » ou « Il suffira d'un signe », tu ne peux pas les toucher parce-que les gens, finalement, les connaissent avec leurs défauts.
Ouais.
Comme certaines photos jaunies, ils les aiment jaunies ou comme certains vieux films, on ne les aime pas trop colorisés quand on les a vus en noir et blanc ou en muet. Mais par contre, celles qui sont moins connues, quand on pense qu'elles n'ont pas été assez abouties...
Il faut leur redonner un petit coup de...
Oui, puisque les gens les connaissent assez peu, finalement.
Hmm, hmm. Christian ?
« J'aimerais reprendre les chansons de Jacques Brel en concert, notamment « La quête ». Cette chanson-là me fait pleurer ».
Je sais de qui c'est mais, en tout cas, ça n'est pas de moi. (rires)
Il est fort sur ce qu'il a dit. Tu as vu la mémoire d'oiseau ? C'est de qui, ça, Christian ?
C'est Mireille Mathieu qui a dit ça.
Ah ! Je me suis trompé !
Ah oui ! Tu pensais à qui ?
Je pensais à quelqu'un d'autre.
D'accord. Et intelligent en plus. « Il y a deux choses difficiles à dire dans la vie, c'est « Je t'aime » et « Je pars ».
(silence)
Alors ?
Euh, oui. Je pense pas avoir dit ça. Mais en tous les cas, je suis d'accord avec ça. Mais à mon avis, il y a beaucoup plus de choses difficiles à dire. Mais ces deux choses-là sont difficiles, oui. Je suis d'accord avec le gars qui a dit ça.
Hmm, hmm.
Mais, j'aurais ajouté plein de choses...
Le gars, il va apprécier ; c'est Sheila qui a dit ça ! (rires)
Ah bon d'accord. Tu m'excuses, hein ?
C'était pour sa dernière à l'Olympia. C'est comme ça qu'elle avait annoncé son départ.
Oui, mais dans les phrases y'a pas de braguette ou pas de braguette, donc tu peux pas savoir. (rires)
De toutes façons, Sheila, on avait bien dit que...
Non, on n'a jamais dit.
Ah bon, d'accord ! Excuse-moi, c'est Miss.
Miss ?
Pour vous, c'est la reine, n'est-ce-pas ?
Ma copine.
Elle est intouchable. Qu'est-ce qu'il y a Monsieur Stéphane ? Vous voulez que je vous envoie un petit peu de musique et qu'on continue après ? Ecoutez, c'est vous le chef, sinon on prend la fenêtre donc... on n'a pas le choix. Moi, je fais comme vous dites. Méfie-toi de la fenêtre, Jean-Jacques ! Faut pas t'approcher trop parce-que tu prends la fenêtre dans le nez. Oui, « Elle attend ». C'est Goldman, voilà !
[ « Elle attend », version radio 96 ]
Jean-Jacques Goldman, « Elle attend ». On retrouve Jean-Jacques juste après une petite pub et puis un chouillat d'infos. Allez, c'est parti !
[…]
Les Innocents. Qu'est-ce que tu en penses, Jean-Jacques ?
Les Innocents, c'est un vrai ton...
Une vraie couleur ?
Oui, oui
Et bien du talent.
Et un vrai talent, voilà.
Voilà. C'est ce qu'on pense de ces petits gars-là. De temps en temps, ça ne fait pas de mal de le dire, si tu veux.
Et alors, on va se gêner !
Vous êtes très nombreux à nous laisser des messages au 3615 code Europe 2 et ça tombe bien parce-qu'on vous lit au fur-et-à-mesure. Alors, je pense à Delphine Varnier, Emmanuel Réni et à Francine Tonnelier qui nous laissent tous des messages drôles, sympathiques. Ça te fait plaisir, Jean-Jacques, de les lire ?
Oui, et tendres.
Et tendres, c'est vrai. Alors, les questions, on va essayer de les résumer. Tu vas y répondre puisque... on en pose des questions et c'est ton public qui te pose des questions. A savoir, quand le nouvel album ? On demande au livreur de pizzas de nous la livrer le plus rapidement possible. Quelle date ? Et on nous des questions également sur une future tournée. Ça commencerait quand, alors ?
Eh bien, je travaille actuellement, donc, sur un album. Donc, je pense qu'il devrait être prêt vers la fin de l'année.
Ah !
Et donc, la tournée devrait suivre 5-6 mois après puisque, contrairement au livreur de pizzas, je livre très peu. Puisque le dernier album, je l'ai fait il y a 4 ou 5 ans maintenant.
93.
Voilà.
Décembre 93.
Voilà. Et donc, entre-temps, j'ai fait d'autres choses, ça m'a évidemment retardé.
Hmm, hmm.
Voilà.
Et en tous les cas, tu es prêt ? Je sais que tu écris, tu prépares des choses.
Oui, oui.
Donc a priori, pour janvier prochain c'est bon, quoi, enfin décembre ?
Oui, oui, oui. Je pense, oui.
Alors, question qui nous est posée. C'est un solo ou tu retrouves ton groupe « Gold » ?
Eh oui, je ne sais pas encore. Je ne sais pas encore, voilà. Faut...
Tu ne sais pas ?
Non, non. Il faut que je continue à travailler les chansons pour voir si ce sont des chansons solos ou des chansons duos ou trios et quelle est la proportion de chaque. Parce-ce que ça me paraît impossible qu'il n'y ait pas Carole et Michaël dedans. Mais, s'il n'y a que deux chansons ou trois qui sont des duos ou des trios, ça sera un album « Jean-Jacques Goldman » avec Carole et Michaël sur une ou deux chansons.
Hmm, hmm. Comme quoi, la route est importante, puisque cet album était né, en fait, d'un travail de route. « A nos actes manqués ». Euh...
Oui, qui avait lui-même déclenché des compositions qui étaient des duos et des trios comme je le faisais avant déjà...
Voilà, c'est ça.
... puisqu'il y avait eu avant « Je te donne », il y avait eu « Là-bas »... Donc, j'ai toujours aimé ça. Mais là, ça n'était que ça. Donc, nous avons fait Fredericks-Goldman-Jones.
Et là, il y a moins de... c'est vrai, qu'il n'y a pas eu la route. Ça fait depuis 93. Enfin, il y a eu de la route mais... ça fait un moment que tu travailles tout seul, quoi. Et pour les autres et tu t'occupes des restos... Ça aussi, c'est long.
Oui.
Enfin, ça doit prendre du temps.
Oui, enfin... oui. Ça prend moins de temps que de faire un album !
Oui, quand même. En tous les cas, voilà, j'espère qu'on vous a répondu. Dis-donc, il y a un p'tit gars aussi qui a des arrangements pour toi pour « Un, deux, trois » si tu veux. Si ça t'intéresse...
Oui... écoute...
On sait jamais ! Je trouve la chanson... ah ! Dis-donc, une autre question qui nous a été posée, Christian, c'était à propos des choix des chansons...
Oui. Des chansons que tu préférais avoir chanté. Ta chanson préférée dans ton répertoire.
Ça, c'est très difficile parce-que je dois changer à peu près... je crois que je vais répondre, là, une chose. Et puis, dans deux heures, si on me repose la question, je dirai autre chose.
Bon. Est-ce que tu as un trio ? Un top 3 ; tu vois.
Moi, j'ai toujours aimé « Je te donne ». Voilà. C'est une chanson que j'ai toujours aimé chanter. J'ai aimé « Nuit ». Je parle dans les chansons... Et je trouve « Né en 17 à Leidenstadt », aussi... Voilà.
Voilà. Bravo.
« Il suffira d'un signe ». C'est une chanson que j'aime toujours jouer aussi, voilà.
Voilà. Ça, ça nous donne quelques indications. C'est des questions que vous nous posez. Jean-Jacques Goldman nous fait le plaisir d'être avec nous pour les 10 ans d'Europe 2, pour commencer cette série des 10 week-ends consacrés au « Happy Birthday Europe 2 » et il nous fait même le plaisir de rester un petit peu et on le remercie.
[…]
En Europe 2, 17 heures et 15 minutes et Jean-Jacques avec qui on va se refaire un petit peu de « contextes ». Alors, Christian, vas-y. Une phrase à Jean-Jacques. C'est de lui, c'est pas de lui ?... Et commentaires.
« Ecrire pour d'autres stimule mon imagination. Je n'ai, d'ailleurs, jamais rêvé de faire autre chose. J'ai essayé de placer mes chansons de tous côtés, ça n'a pas marché et faute d'interprètes, c'est moi qui les chantais toutes ».
Ça, ça ne peut pas être quelqu'un d'autre (rires). Je n'en connais pas d'autres qui aient souhaité d'abord écrire des chansons pour les autres et qui, finalement, ont chanté seuls parce que...
Les autres voulaient pas. D'accord.
C'est ce que tu as fait, au début, n'est-ce-pas ?
Oui, oui c'est ce que j'ai fait. Oui, oui. Mais d'abord, avant de chanter seul, j'ai essayé de placer mes chansons aux autres. C'était ça mon but.
Personne n'en a voulu ?
Non. Enfin... j'ai trouvé des petits chanteurs inconnus, qui ont eu le courage d'en chanter quelques unes sans succès.
Donc, c'était vraiment une phrase de Jean-Jacques Goldman ?
Oui.
Alors, une autre. « A 50 000 albums, tu as de beaux yeux, à 100 000, tu es pas mal, à 500 000 tu es irrésistible ».
Bah oui ! (rires). Oui. Et au-dessus du million, je t'expliquerai après (rires).
« Le rapport que j'effectue... »
C'est ce qu'avait rajouté Bruel, ça je crois. C'est Patrick qui avait rajouté ça.
Ah bon ?
Oui, oui.
« Le rapport que j'ai avec les gens de 15 ans va devenir exclusivement musical. Pour le reste de l'identification, il y en a d'autres qui arrivent ».
Oui. Ça, c'est intéressant dans la chanson. C'est quelque chose de très intéressant. Et il suffit d'aller voir, par exemple, des groupes comme Cure ou des choses comme ça. Ou nous, quand on allait voir Jimmy Hendrix, on se rendait compte qu'il n'y avait pas que la musique. La musique était un des éléments (ou Jim Morisson évidemment, avec les Doors) mais il y avait aussi une identification à la personne. Bon, il est clair qu'une jeune fille de 13 ans ne met pas, à son mur, le même poster que sa sœur ou que sa mère. (rires)
Ça c'est clair !
Une autre, Christian ? Alors... « Le rapport que... » non, ça on vient de la poser. Ah, voilà ! « Je n'ai pas de message à délivrer, je fais des chansons. Je chante ».
Oui, oui, oui. Ça, ça peut...
C'est de toi.
…Venir de moi.
Oui, c'est ça. Il n'y a vraiment pas de message ?
Non. Si j'avais un message à délivrer, j'écrirais un livre ou un essai philosophique ou je ferais des articles dans des journaux. Mais bon !
« Bosser, c'est vraiment ma drogue. Seul le public sait s'il risque l'overdose ».
(silence)
Mouais... bof ! Ça, ça doit être... Il est possible que j'ai dit ça mais pas les deux à la suite, quoi.
Bah non. C'est pas toi qui a dit ça. C'est Boyer qui a dit ça dans « Entrevue ».
(rires)
Oui, mais... d'accord.
Lui, ça peut être valable aussi, cela dit.
Il devait avoir les deux questions qui se suivaient, hein ? Parce que tu ne l'as pas dit ?
Ouais, ouais.
C'est pas toi qui a dû faire la liaison.
Non. Non, non. C'est ça. Oui. Bravo. Euh, Christian, on en avait une qui était assez longue.
Oui, qui est « La chanson est l'art qui nous rapproche le plus de Dieu. C 'est parce-qu'on chante qu'on est heureux ; c'est parce-qu'on est malheureux qu'on chante. Lorsqu'on parle de Dieu, on parle d'amour. Les plus belles chansons heureuses ou malheureuses ne parlent-elles pas d'amour ? Donc, de Dieu ? »
Oui. C'est une jolie phrase. Je ne sais pas de qui elle est mais , c'est une jolie phrase.
(rires)
C'est de Rika Zaraï !
C'est Rika Zaraï, oui !
Elle avait encore fumé, ce jour-là !
Oui ! Elle avait fumé un peu de moquette ! Ecoute, ce sont des choses qui arrivent ! Bravo, Jean-Jacques. Tu te goures pas, hein ?
Je me suis gouré sur toi, tu vois. Donc, je n'ai pas du tout honte d'avoir pu imaginer les mêmes choses que toi, mon cher Laurent.
Merci, monsieur Goldman. Ça fait plaisir. Lalalalala. C'est les dix ans d'Europe 2 et vous êtes bien en Europe 2. On inaugure donc cette série pour fêter, souffler les 10 bougies d'Europe 2 sur 10 week-ends. Et, aujourd'hui, c'est Jean-Jacques Goldman qui nous fait le plaisir d'être là et en direct, s'il vous plaît.
[…]
Voilà. C'était un petit coup de Supertramp. On en parlait d'ailleurs, avec Jean-Jacques, ça fait plaisir de les entendre un petit peu comme ça.
Et puis, on peut pas se tromper, hein ? (rires)
C'est vrai que ça sent le Supertramp. Il y a 8 ans qu'on ne les a pas vus mais quand même ! Jean-Jacques, je te présente Patrick Fabre, le spécialiste de cinéma de la maison.
Bonjour Jean-Jacques Goldman.
Bonsoir.
Juste une petite question, comme ça, professionnelle. Vous n'avez pas fait de bandes originales de films depuis fort longtemps. Pourquoi ?
Et bien, parce que je m'étais essayé à l'exercice et ça avait pas été...
Hmm, hmm. Pour un film d'Alexandre Arcady.
Voilà, après avoir essayé, je me suis rendu compte que c'était pas fait pour moi. Voilà (rires)
Pourquoi ça ?
Parce-que je ne suis pas tellement un type de musique sans mot, d'une part.
Hmm, hmm.
Et puis je ne vais pas au cinéma, je regarde très peu... je ne suis pas du tout un type d'images. Donc, ça ne m'inspire pas. Il y a des gars qui sont tellement inspirés par ça et tellement doués pour ça, je pense.
Tu veux dire que l'image te coupe un peu ton inspiration ? C'est l'imagination qui fait galoper les images et on n'a pas forcément besoin d'avoir une image appuyée ? C'est-à-dire une vision... parfaite pour trouver les mots.
Euh...
D'accord, ma question est... Moi non plus, j'ai pas bien compris ce que j'ai dit !
Allez, c'est pas...
Bon, je vais la remettre dans l'ordre.
Voilà !
Et puis je la reposerai plus tard.
Voilà. Il va bien y avoir un disque à un moment ? Tu pourras la poser.
Oui, d'accord Jean-Jacques.
Dis-moi, je vais vous parler, je vais vous parler de belles images. Des images qui sont publiées dans le dernier numéro de Studio Magazine qui fête ses 10 ans. Je vais essayer encore une fois, c'est pas grave. A chaque fois que c'est pour moi, il y a un fou rire. J'ai remarqué, quand même, hein ? C'est...
Non, non Patrick.
C'est sympa. Donc... oui. Parce-que Studio Magazine a 10 ans.
Marlon Brando : qu'est-ce qui t'a marqué à travers ses films, si tu en vu quelques-uns ?
Euh... je connais très peu le cinéma, donc... Non, la seule question que je me pose c'est, quand quelqu'un devient un mythe, si c'est à cause forcément de son jeu ou à cause de toute sa vie privée, enfin tout ce qu'il a mis autour dudit personnage.
Je crois que sera tous d'accord si on dit que c'est un mélange des deux.
Oui.
C'est à la fois le génie qu'il a apporté dans son jeu depuis les années 50 et, à la fois, sa vie privée, le fait qu'il ait vécu reclu, qu'il ait eu des hauts et des bas. Tout ça, c'est assez extraordinaire et ça fait de lui un acteur fantastique et donc, un vrai mythe du cinéma.
Et est-il possible d'être un mythe du cinéma simplement avec son jeu ?
Je ne sais pas. Non, la preuve, Paul Newman par exemple n'est pas un mythe du cinéma. C'est un très grand acteur, qui fait la même école que Brando, qui est arrivé en même temps que lui. Ils ont le même âge (72 ans) tous les deux, et pourtant, c'est juste un très très grand acteur, un brillant comédien, mais pas un mythe.
Voilà. Eh bien dis-donc, tu fais interviewer Jean-Jacques !
J'aime bien. Moi, j'aime bien.
Dis donc, le Studio en plus est assez élégant parce-qu'il y a Madame Deneuve qui s'exprime également, qui commente les dix années de cinéma.
Les 10 années passées du cinéma. Et puis, il y a Georges Lucas, le créateur de la Guerre des Etoiles, qui commente les 10 années à venir.
Mais, c'est un beau numéro. Autant, tu vois, je n'avais pas tellement aimé les 10 années de « Première » mais les 10 ans de Studio, c'est plutôt élégant, je trouve. Voilà.
Merci pour eux.
Il n'y a pas de quoi, mon garçon ! Vous avez fait de belles petites rubriques, aussi Monsieur Fabre. Et de bonnes choses. C'est bien de nous avoir fait écouter Brando, comme ça, en français. Je ne savais pas que le monsieur parlait français.
C'est une exclusivité !
Et bien, merci beaucoup monsieur Fabre. C'est bien sympathique. Vous avez autre chose à ajouter monsieur Fabre ?
Non, mais en revanche, je crois que votre ami à un disque à mettre.
Ah bon d'accord, merci Patrick.
[…]
A l'instant, c'est « Express ». Ça c'était un titre de l'année 1988. Et puis Stephan Eicher et Jean-Jacques Goldman qui nous fait le plaisir d'être avec nous, qui fait un petit peu de rab d'ailleurs. Tu nous avais dit, « je vais rester une heure » et puis, en fait, bah voilà...
Il est bien.
Oui, il est bien. Il est...
C'est chauffé.
Oui, c'est ça.
Il fait froid dehors, tu as raison. Tiens, justement, il fait froid dehors. Il y a un travail énorme que tu fais sur les restos du cœur. On l'a vu en télévision tout-à-fait récemment. Ça c'est la partie, j'allais dire, visible de l'iceberg. Est-ce-que le travail de Jean-Jacques Goldman, avec les restos du cœur, c'est de travailler sur l'émission de télé, de la monter, d'avoir ce plateau d'artistes tellement incroyable et unique dans l'année, qu'aucune émission de télé ne peut réunir d'ailleurs. Ou est-ce-qu'il y a ... Comment tu travailles avec Véronique Colucci ? et avec les restos du cœur, c'est un travail de longue haleine ?
Véronique est beaucoup plus impliquée, elle s'occupe des restos à tous les niveaux. Moi, je m'occupe strictement de cette opération-là. C'est-à-dire ... si j'étais garçon de café, je servirais les cafés, si j'étais spécialiste d'administration, j'irais faire la comptabilité. Là, il y avait besoin de gens, puisqu'une année, ça n'a pas eu lieu après l'idée de Véronique qui était la tournée des Enfoirés, il y a une dizaine d'années, à peu près. L'année suivante, il n'y a rien eu. Donc, on s'est mis à quelques-uns, donc une équipe. C'est pour ça que c'est toujours un peu gênant de dire ; c'est moi qui fait le truc parce-qu'on est 4 ou 5 maintenant. Nous avons décidé que notre métier était de faire un coup médiatique sur les restos tous les ans de façon à assurer la pérennité de l'association.
Et là, on a presque envie de dire, on n'a pas envie qu'il ait...
Bah, c'est comme ça. C'est comme ça. Voilà... Solidarnosc ça marche moins bien... tu comprends ? Les associations sont aussi tributaires de ça. C'est la règle du jeu. Donc, c'est notre boulot à nous de, chaque année, mettre un coup de projo dessus. C'est comme ça que ça marche. Bon tant pis, c'est la règle du jeu.
Hmm, hmm. Est-ce-qu'on pense, par exemple à une tournée « Sol en Si » cet été ? Est-ce-que tu es obligé de te limiter ? Parce-que je présume que tu es extrêmement sollicité étant un personnage public, un personnage généreux, on le sait ? Comment tu réagis ? Comment tu gères cette sollicitation, justement ?
Moi, je fais déjà une réflexion personnelle sur ce qu'on doit faire, qu'est-ce-qui est efficace, dans quelle direction on doit aller. Moi, je pense qu'on doit s'intéresser, essentiellement, après expérience... Des choses comme Ethiopie, on s'est rendu compte que ça n'a servi à rien même si ça n'a pas été négatif.
Hmm, hmm
Donc, je me pose d'abord des questions, je dirais, de principe. Et une fois que ces questions sont résolues, ce que j'ai résolu, moi, c'est d'essayer de faire de ce pays-là un exemple. A mon avis, c'est la meilleure chose qu'on puisse faire pour ce pays, ensuite pour les pays autour. C'est tout.
Oui.
Bon... je comprends qu'il y ait d'autres gens qui pensent autrement. Et j'essaye de voir sur quelles opérations et sur quel niveau je peux être le plus efficace. Point. Et je refuse 9 choses sur 10. Voilà.
En tous les cas, ce que tu fais, tu le fais bien et tu t'y investis.
On essaye, oui.
Oui, je te le confirme et c'est bien. Jean-Jacques Goldman est avec nous. Merci pour les petits mots que vous nous laissez au 3615 code Europe 2 qui nous ravissent, n'est-ce-pas Jean-Jacques.
Oui, je les lis. On répond à très peu mais il nous touchent tous.
Merci à vous.
[…]
« Je te donne » à l'instant, Jean-Jacques, puisque c'est une de tes chansons préférées. On lui posait la question tout-à-l'heure, enfin, c'est vous qui lui avez posée par l'intermédiaire du minitel. Et là, justement, il y en a une qui vient d'arriver. « Cher Jean-Jacques, que penses-tu de la reprise de « Je te donne » par les Worlds Aparts ? »
Bah... globalement, je trouve que les chansons sont faites pour être chantées. Voilà. Je pense qu'il n'y a rien de sacré dans une chanson et ça ne me dérange pas du tout qu'ils chantent cette chanson. J'ai tellement chanté les chansons des autres et j'ai tellement aimé ça que pour moi, il n'y a aucun doute là-dessus.
Eh bien voilà une réponse. Jean-Jacques, il y a énormément de questions également et ça tombe bien, puisque tu pars, ça va être l'heure, sur cette chanson « Puisque tu pars ». On a énormément de questions concernant cette chanson. Qui part ? Comment ? Est-ce-que tu peux en dire un mot ?
Les gens se posent la question de savoir si elle s'adresse à quelqu'un en particulier, si elle parle de la mort, si elle parle de... Enfin, les gens, certaines personnes... En fait, c'est une chanson. L'idée du thème m'est venue à la fin des concerts. Les gens chantaient, ils chantaient « Ce n'est qu'un au revoir » que je trouve une chanson absolument épouvantablement laide. Et donc, je me suis dit, il faut absolument que je compose une chanson plutôt que « ce n'est qu'un au-revoir mes... »
Oui, il y avait « Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous » qui avait déjà été faite.
Elle était difficile à chanter a cappella quand il y a une équipe de football. Et donc, je me suis dit que j'allais faire une chanson sur le départ pour montrer que les départs n'étaient pas forcément tristes mais qu'il y avait des côtés positifs au fait de partir. Voilà. Le fait de se séparer. Et donc, simplement, c'est une chanson qui s'adresse, peut-être, comme un des aspects du départ. Mais pas forcément. Ça peut être aussi un enfant qui te quitte parce-qu'il est adulte et tout ça, même la mort, c'est aussi le départ vers, vers... au moins un mystère ou quelque-chose d'autre. Donc, c'était simplement une chanson qui... qui traite de ce phénomène du départ de façon positive. Donc pas forcément triste, pas forcément comme un échec. Quelle que soit cette séparation-là.
Et bah dites donc ! Vous avez été nombreux à nous poser cette question au 3615 code Europe 2. C'est pour ça que Jean-Jacques a dit « Je vais y répondre ». Merci d'avoir été avec nous, Jean-Jacques.
Merci à vous. Je n'aurai que deux mots : Bon Anniversaire.
(rires)
Merci à toi. Alors pour tous ceux qui se posaient la question tout-à-l'heure, l'album ça sera probablement en décembre prochain, c'est ça ?
Je dis pas décembre mais, en tous cas, à la rentrée prochaine, quoi dans... fin de l'année. Voilà.
Fin de l'année, il y aura l'album et une petite tournée 6 mois plus tard, quoi, 6-7 mois plus tard.
Comme d'habitude (rires)
Voilà. Merci beaucoup Jean-Jacques Goldman d'avoir passé ces deux heures en notre compagnie. Merci à toi.
Merci à vous.
Et à bientôt, bonne route.
A bientôt.