Jean-Jacques Goldman pour remplacer Johnny Hallyday

Jean-Jacques Goldman pour remplacer Johnny Hallyday

Sud Ouest, 28 mai 1986 , 28 mai 1986

Jean-Jacques Goldman pour remplacer Johnny Hallyday

Sud Ouest, 28 mai 1986

Article de Jean-Marc Faubert

Retranscription de Jean-Michel Fontaine

Présentation immédiate des musiciens, hurlement de pygmées au nom de Michael Jones, le guitariste complice de “Je te donne” — chanson boy-scout par excellence. Et c’est parti, devant ce public de fourmis rouges qui aime le rock et les sucreries enfantines. Car Goldman, le petit Juif incompris de Taïn-Phon [sic] et de “Sister Jane” a décidément conquis un public bien particulier.

Celui qui, venant tout juste de renier Chantal Goya, n’est pas encore prêt à saisir Francis Cabrel. Ce creux musical, qui concerne les 7 à 17 ans, J.J.G. l’a comblé, offrant à cette génération en pleine pousse, les décibels, les synthés et les saxos, en même temps qu’un romantisme simple — et non simpliste — qui permet à tout un chacun de taper dans ses mains et de scander en folie le refrain : “Encore un matin”, “Il suffira d’un signe”, “Je marche seul”, etc...

Goldman a certes une voix de fausset, proche parfois de celle des castrats de la chapelle Sixtine, mais sa présence de jean vêtue est sympathique, efficace, violente juste ce qu’il faut. Six musiciens autour de lui. Qui déménagent bien.

À 36 ans, ce personnage intéressant, est en train de voler beaucoup de choses à l’ancêtre Johnny H. Il joue avec les mêmes interrogations démagogiques, quelques attitudes voisines. Sinon qu’il semble plus tendre, plus aseptisé et ne joue en aucun cas le rôle de loubard-cow boy dans lequel se complaisait papy Hallyday. Comme diraient nos chères têtes blondes, tout ça n’est pas si nase…

Gros succès pour le saxo, fort présent : l’instrument actuellement le plus prisé du show bizz. Pour le reste, 7 000 spectateurs en cette patinoire qui en accueillera autant ce soir. Rappelons-nous : il y a deux ans et demi, Goldman avait fait le plein de la… salle des fêtes du Grand-Parc. Un phénomène est né, alléluia ! Et c’est vrai que ce n’est pas si nase…

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