Rencontre rare avec Jean-Jacques Goldman
Radio 2000 (Dijon), 3 mars 1986 , 3 mars 1986
Charlie Chevasson : Tu es en tournée depuis combien de temps ?
Jean-Jacques Goldman : On a commencé au mois d’octobre, avec des arrêts. On a commencé à La Réunion et à l’île Maurice. On a continué en province, on a fait une dizaine de dates. Après, on a fait Paris. On s’est arrêtés un mois et demi-deux mois et puis là, on repart jusqu’au mois d’octobre prochain, avec des arrêts de temps en temps.
Charlie Chevasson : Ce n’est pas trop fatigant ? Comment tu te sens ?
Jean-Jacques Goldman : C’est fatigant et puis c’est génial : c’est les deux.
Charlie Chevasson : Chaque soir c’est nouveau de toute façon ?
Jean-Jacques Goldman : Oui, franchement. Pour l’instant, surtout qu’on est en début de tournée, il y a vraiment une grande envie de jouer et vraiment beaucoup de plaisir à être sur scène, quand ça se passe bien.
Charlie Chevasson : Aujourd’hui, j’ai appris quelque chose en regardant Canal+, c’est que le groupe qui a enregistré le disque des Restos du Cœur est passé tout de suite, en entrant, huitième au Top 50.
Jean-Jacques Goldman : Eh bien, je suis bien content.
Charlie Chevasson : Parce que c’est toi qui l’as écrit quand même, ce disque.
Jean-Jacques Goldman : Oui, ça fera du fric pour les Restos du Cœur. Je trouve que c’est bien.
Charlie Chevasson : On t’a demandé de participer ou tu t’es présenté tout seul ?
Jean-Jacques Goldman : Non, c’est Coluche qui m’a agrippé à la sortie d’une télé et comme il est plus costaud que moi, j’ai été obligé de dire oui.
Charlie Chevasson : Maintenant que tu es arrivé en haut du sommet, comment vois-tu la période Taï Phong ?
Jean-Jacques Goldman : Je crois qu’il ne faut pas raisonner dans ces termes. La musique, ce n’est pas comme un championnat de football avec un premier au classement et puis des relégués en seconde division. Quand je faisais Taï Phong, je m’éclatais autant que maintenant. C’était une autre période de ma vie, une période qui était plus groupe, une période où les textes étaient beaucoup moins importants parce que l’on composait en anglais, où la musique, les répétitions étaient plus importantes. On passait beaucoup plus de temps. Donc ce sont deux choses différentes, mais je n’ai pas l’impression de faire quelque chose de mieux maintenant et de moins bien avant. J’ai simplement l’impression d’avoir un peu changé et puis je changerai encore. L’important, c’est de faire ce que j’ai envie de faire.
Charlie Chevasson : Quand Taï Phong s’est arrêté, à un moment tu as pensé à écrire pour les autres. Ça n’a pas marché ou tu as vu une autre optique de la musique ?
Jean-Jacques Goldman : Non, non, ça n’a pas marché du tout. J’ai essayé effectivement. J’en avais un peu marre du groupe et puis je ne me voyais pas du tout en chanteur tout seul, parce que ça faisait 15 ans que j’étais dans des groupes et je n’imaginais pas qu’on puisse faire autrement. Et donc je me suis dit que j’aimerais bien écrire des chansons pour les autres. Je les ai proposées à tout le monde et personne n’en a voulu. Jusqu’à ce qu’une maison de disques dise : ʺQui est-ce qui chante sur les maquettes ?ʺ ʺC’est le mec qui a écrit les chansons.ʺ "Ça nous intéresse.ʺ
Charlie Chevasson : Ils ont dû avoir des regrets ?
Jean-Jacques Goldman : Ceux qui ont eu cette idée ont eu une bonne idée et puis ceux qui n’y ont jamais pensé, effectivement…
Charlie Chevasson : Et pour qui tu avais écrit ?
Jean-Jacques Goldman : Pour tous les interprètes qui existent, il y en a…
Charlie Chevasson : Des noms, des noms ?
Jean-Jacques Goldman : Non, ce n’est pas la peine. Enfin, tous ceux qui me demandent des chansons maintenant…
Charlie Chevasson : Alors avec ta progression, as-tu l’impression d’avoir donné un coup de fouet à la chanson française ? On dit souvent que depuis que Goldman est là, les autres se réveillent un petit peu ?
Jean-Jacques Goldman : Non, je ne crois pas que ce soit dû uniquement à moi. Je crois que je fais partie d’un mouvement, mais qui est illustré par plusieurs autres chanteurs qui sont des gens comme Berger, je pense, au départ et ensuite…
Charlie Chevasson : France Gall ?
Jean-Jacques Goldman : C’est Berger aussi. Et ensuite des gens comme Cabrel, Renaud, Téléphone, Indochine, évidemment, comme Balavoine. Et ce sont des gens qui sont tous auteurs-compositeurs déjà, contrairement à beaucoup d’anciens chanteurs, et qui rivalisent à armes égales avec les Anglo-Saxons. Quand vous allez voir un concert de ces gens-là, on n’a pas à rougir par rapport aux Anglais ou Américains au niveau des lumières, au niveau des chansons, au niveau de tout. Donc moi, j’ai l’impression d’être une pièce de ce mouvement, mais aucune personne ne peut faire évoluer une chose toute seule. C’est un mouvement global.
Charlie Chevasson : Est-ce que ça explique que les chanteurs français se sont plus ouverts à l’extérieur ? Comment ça s’explique pour toi ?
Jean-Jacques Goldman : Plus ouverts à l’extérieur dans quel sens ?
Charlie Chevasson : C’est-à-dire ont plus tendance à regarder ce que l’extérieur a fait au niveau musical, copier un petit peu ?
Jean-Jacques Goldman : C’est sûr que très certainement les gens que je t’ai cités tout à l’heure comme Cabrel, Téléphone et tout ça, ce ne sont pas des gens qui ont été influencés par la chanson française traditionnelle, des Bécaud, des Piaf, des Trénet… C’est certainement une chanson qui est en rupture, et qui est fortement influencée par les Anglos-Saxons. On peut le regretter, mais moi, je crois qu’il n’y avait pas d’autre solution.
Charlie Chevasson : Si on regarde bien, ce sont parmi les anciens, ce ne sont pas des tout jeunes ?
Jean-Jacques Goldman : Je crois que c’est dû à ce qu’on a dit tout à l’heure : ce sont des auteurs-compositeurs. Avant, les Sylvie Vartan, Hallyday, Eddy Mitchell, etc., très souvent il y avait des gens qui leur faisaient des chansons. Donc il suffisait d’avoir une voix et un physique d’une certaine manière, et puis une présence évidemment. Alors que maintenant effectivement, du fait que les gens demandent plus d’authenticité entre les chansons et celui qui les chante, ça demande un peu plus de maturité. C’est pour cela que tous ces chanteurs ont effectivement plus de 30 ans dans la majorité.
Charlie Chevasson : Je me rappelle les premières télévisions de Jean-Jacques Goldman : il était déjà en jean, baskets et puis je ne sais plus combien d’années après, ce soir d’ailleurs, il est toujours en jean-baskets. C’est super cool quand même Goldman. C’est pour cela que les gens t’aiment bien ?
Jean-Jacques Goldman : Je ne sais pas, ce n’est pas un calcul. Mais j’avoue, je crois, que c’est plutôt une incapacité, peut-être un peu grave, maintenant qu’on est à l’ère de l’image. Mais c’est vrai que je ne m’intéresse pas du tout à tout ce qui est visuel, que ce soit même des tableaux, un paysage, ou des choses comme ça. Je ne suis pas du tout sensible à tout ce qui est visuel. Et donc franchement, les fringues et tout ça, ça ne m’intéresse pas du tout, mais je ne m’en vante pas du tout. Je ne crois pas que ce soit bien… Je trouve que c’est bien de voir des gens, comme Jeanne Mas par exemple ou d’autres gens, qui arrivent avec, en plus des notes, des images.
Charlie Chevasson : En faisant un petit peu ce que tu as mis en mode disque, à savoir que les gens seraient peut-être déçus s’ils connaissaient la personne qui chante les très belles chansons ?
Jean-Jacques Goldman : Ça, c’est autre chose. Ce n’est pas uniquement au niveau physique. C’est un tout. Ce que je voulais dire, c’est que très souvent on se fait une image d’un chanteur à travers ce qu’il chante – et ce qu’il chante, c’est souvent un peu arrangé par rapport à la réalité. Ils ne connaissent pas tous ses défauts, tout ce qui fait son quotidien, alors ils ont tendance un petit peu à se faire une image de lui qui est très belle, qui est à l’image des chansons. Et ils sont souvent déçus quand ils le rencontrent.
Charlie Chevasson : Tu as des défauts ?
Jean-Jacques Goldman : Mais j’en ai comme tout le monde : oui, je suis un chieur, invivable, tout ça, enfin comme tout le monde.
Charlie Chevasson : Et dans la vie, tu t’intéresses à quoi d’autre à part écrire des chansons, chanter, une fois que tu es en dehors des tournées et des concerts ?
Jean-Jacques Goldman : Tout et rien, je suis comme tout le monde. Je suis attentif à ce qui se passe dans l’actualité, je suis attentif à tout ce qui arrive, mais pas spécialement, pas de façon originale par rapport à quelqu’un qui travaille dans un boulot.
Charlie Chevasson : Par exemple, le dernier film que tu aies vu, c’est quoi ?
Jean-Jacques Goldman : Alors ça, ça fait longtemps que je ne suis pas allé au cinéma. J’ai revu dernièrement, il n’y a pas longtemps à la télé, "Little Big Man”. Voilà le dernier film que j’ai revu.
Charlie Chevasson : Moi je voudrais savoir une chose : dans quoi Jean-Jacques Goldman a-t-il investi son argent ?
Jean-Jacques Goldman : Alors dans quoi j’ai investi mon argent ? Tu sais qu’il y a 65 % qui vont dans les impôts. Pour le reste, j’en mets de côté car la vie de chanteur, c’est un métier à très haut risque, où il n’y a pas de prime de licenciement, il n’y a pas de chômage, d’Assedic et de sécurité, donc il faut en mettre un petit peu de côté de façon à prévoir les jours qui seront moins bons.
Charlie Chevasson : Tu es un peu comme Michel Berger, samedi soir dans l’émission de Michel Drucker, qui disait que lui ne chanterait pas jusqu’à 40 ans parce que ce genre de chansons, ça s’arrête au bout d’un moment ?
Jean-Jacques Goldman : Je ne crois pas qu’on puisse prendre de décision comme ça parce que, en plus, c’est une décision qui ne nous concerne pas nous tout seuls, il y a aussi le public. Je pense que Michel, s’il y a des gens qui l’attendent dans des villes, et qui veulent qu’il vienne chanter, il ira. Je crois que c’est une espèce d’ensemble et on doit sentir à un moment que le moment est venu de sortir de scène.
Charlie Chevasson : Et toi, tu referais quoi si on te demandait d’arrêter, si ça s’arrêtait d’un jour à l’autre ?
Jean-Jacques Goldman : Moi, ça ne serait pas très important parce que je prends vraiment déjà beaucoup de plaisir à faire du studio, à composer, à arranger et je n’en fais pas suffisamment à mon goût. Donc ça me laisserait beaucoup plus de temps pour faire ces choses-là, la production, du studio, ce sont des trucs qui me passionnent vraiment.
Charlie Chevasson : Quand tu composes, tu écris la musique, tu écris les paroles. Tu trouves la petite phrase qui fera la chanson autour. Exemple, ʺComme toiʺ ou ʺEnvole-moiʺ, la petite phrase qui fait la chanson ?
Jean-Jacques Goldman : Les deux existent, il n’y a pas tellement de système. Parfois, c’est vrai que très souvent la musique implique une phrase. Des fois, enfin ça c’est rare, mais parfois c’est vrai, tu as la musique qui vient dans la tête et puis il y a un mot dedans qu’il est impossible de contourner, qui est inscrit dans les notes. Alors c’est le cas par exemple de ʺQuand la musique est bonneʺ. Je savais que ça s’appelait ʺQuand la musique est bonneʺ, mais je ne savais pas encore de quoi ça allait parler. Mais ça, c’est rare. En général, ce sont des thèmes que j’ai déjà et ensuite des musiques que j’ai à côté et puis j’essaie de réaliser le mariage entre les deux. Mais il est vrai que parfois la musique implique les mots.
Charlie Chevasson : Il y a beaucoup de gens qui font des tubes, qui font un tube, mais qui après ne retrouvent pas justement ce mot. Et toi tu enchaînes tube sur tube donc tu as toujours le bon mot ?
Jean-Jacques Goldman : Ce n’est pas uniquement une question de mots. Tu sais, qu’est-ce que c’est un tube ? C’est une chanson comme les autres, mais qui trouve un écho dans beaucoup de gens. Ça ne prouve pas qu’elle est meilleure que les autres, ni d’ailleurs qu’elle est moins bonne. Moi, je crois qu’il y a une grande part de chance qui joue là-dedans. Parce que je crois qu’il y a des tubes qui sont des tubes en 1985 et si ces chansons étaient parues deux ans avant ou deux ans après, ce ne seraient pas des tubes. Un tube, c’est une chanson comme les autres, mais qui est bizarrement dans l’air du temps. Donc ça, ça ne nous concerne pas, ce n’est pas nous qui sommes à l’origine de ça, c’est la chance, c’est le moment.
Charlie Chevasson : Donc ce ne seront pas de grands moments de la chanson française. Ce ne seront des chansons que temporelles ?
Jean-Jacques Goldman : Je crois que la chanson est temporelle. Je crois que c’est vraiment l’art de l’éphémère. Je crois que c’est vraiment un truc qui est très à la mode. D’un autre côté, ce n’est pas péjoratif ce que je dis, il n’y a pas un art qui reflète plus l’ambiance d’un moment que la chanson. Mais par contre, ce qui est vrai, c’est que c’est éphémère et que quatre, cinq, six mois après, on passe à une autre. Les histoires des chansons éternelles, je ne crois pas trop à ça. C’est vrai qu’il y a de grandes chansons comme ʺAvec le tempsʺ ou des chansons des Beatles comme ʺYesterdayʺ qui resteront, mais ce sont vraiment des cas à part.
Charlie Chevasson : Quand tu enregistres tes disques, tu enregistres en France, tu vas à l’étranger ?
Jean-Jacques Goldman : Le premier je l’avais fait un peu partout entre la France et l’Angleterre et tout ça, et puis depuis, je fais tout en France.
Charlie Chevasson : À Paris ?
Jean-Jacques Goldman : Oui.
Charlie Chevasson : Avec des musiciens français ?
Jean-Jacques Goldman : Oui, sauf Michael Jones. Oui, je prends des musiciens de séance française.
Charlie Chevasson : Tu lui as donné un bon petit coup de pouce à Michael Jones ?
Jean-Jacques Goldman : Non, je ne crois pas. Moi, je le connais depuis très longtemps, donc on a fait beaucoup de choses ensemble. Moi, j’ai eu plus de pot que lui parce que je suis en France et que j’écris en français. Avec ou sans moi, il s’en serait sorti tout simplement parce que c’est un bon compositeur, c’est un bon chanteur, c’est un bon guitariste.
Charlie Chevasson : Et il chante avec toi sur scène ?
Jean-Jacques Goldman : Oui, oui.
Charlie Chevasson : Et j’ai aperçu tout à l’heure que la plupart des musiciens chantent avec toi sur scène, ce qui est assez rare ?
Jean-Jacques Goldman : Oui, il n’y a pas de choristes, il n’y a pas de choristes. Ça, c’est peut-être le passé de groupe qui fait que je n’arrive pas à imaginer de gonzesses sur scène. Dans les petits moments, je n’aime pas trop les choristes alors que les musiciens, je trouve, quand ils chantent, ils sont plus impliqués dans le show. Mais, il y a un moment, c’est moi qui chante derrière lui et c’est lui qui chante sa chanson.
Charlie Chevasson : À part la musique, le sport, ça t’intéresse ?
Jean-Jacques Goldman : Oui beaucoup.
Charlie Chevasson : Samedi, c’était un tiraillement entre toi et Michael ?
Jean-Jacques Goldman : On a regardé la première mi-temps dans la chambre d’hôtel. Et puis la deuxième mi-temps, il est allé la regarder dans sa chambre à lui parce que j’étais un peu trop sardonique. Mais comme il est fair-play, après il a reconnu qu’on a quand même beaucoup mieux joué.
Charlie Chevasson : Quel est le plat préféré de Jean-Jacques Goldman ?
Jean-Jacques Goldman : Je ne sais pas. Alors là… Je ne sais pas, j’aime beaucoup les pâtes, par exemple.
Charlie Chevasson : Très français ?
Jean-Jacques Goldman : Comme quoi, il y a “Rivoire et Carré”, il n’y a pas que “Panzani”.
Charlie Chevasson : Tu parlais tout de suite des hommes qui étaient sur scène. C’est peut-être normal de n’avoir que des hommes sur scène parce qu’il paraît que ce soir, devant le podium, ce ne sont que des filles. Tu fais ton choix quand même pendant que tu chantes, tu regardes “Elle est bien celle-là, elle est bien et tout” ?
Jean-Jacques Goldman : Non, on ne voit pas très bien…
Charlie Chevasson : Devant, tout devant, on doit voir quand même ?
Jean-Jacques Goldman : J’ai vraiment autre chose à penser pendant le concert.
Charlie Chevasson : Parce que c’est la folie. Il y a beaucoup de gens qui disent que Jean-Jacques Goldman a un petit peu pris le créneau qu’avait laissé Claude François au niveau des filles et toutes ces choses-là ?
Jean-Jacques Goldman : Je ne sais pas, je ne vois pas trop le rapport. Parce que Claude François, il venait, il avait quatre danseuses derrière lui, un brushing formidable, il avait de belles vestes qui brillaient.
Charlie Chevasson : Mais dans le cœur des jeunes filles, tu l’as peut-être un petit peu remplacé ?
Jean-Jacques Goldman : Je crois que les jeunes filles, comme tu dis, ont vraiment beaucoup changé aussi.
Charlie Chevasson : Tes enfants, qu’est-ce qu’ils pensent de ta carrière ? Ils te suivent de temps en temps ?
Jean-Jacques Goldman : La grande était là ce week-end. Enfin, bon, c’est difficile de les déplacer parce qu’il y a l’école. Mais ils sont contents. Enfin, celle qui a un an, elle ne dit pas grand-chose. Mais, les autres, ils trouvent ça plutôt sympa.
Charlie Chevasson : C’est vrai que tu as trois enfants ?
Jean-Jacques Goldman : Oui.
Charlie Chevasson : C’est dur de les élever ?
Jean-Jacques Goldman : J’ai eu peur…
Charlie Chevasson : Non, non, on est à l’antenne, il ne faut pas exagérer non plus ?
Jean-Jacques Goldman : Non, c’est comme tout le monde.
Charlie Chevasson : Pas comme tout le monde, de venir, de repartir, il faut quelqu’un qui s’en occupe ?
Jean-Jacques Goldman : C’est pareil pour plein de métiers. J’étais justement dans le train et puis j’ai discuté avec le chauffeur de la loco. Pour lui, son boulot, c’est pareil. Il venait de Chambéry, il était passé par Paris, il retournait à Dijon, il partait la nuit d’après.... Il y a plein de métiers qui sont comme ça, où on ne rentre pas chez soi le soir à 18 h 12. Il y a journaliste, il y a VRP, il y a camionneur, il y a marin, enfin j’en passe…
Charlie Chevasson : Pour terminer, Jean-Jacques Goldman, si on te donne un micro et qu’on te dit, tu peux dire ce que tu veux, vas-y ?
Jean-Jacques Goldman : Eh bien ʺVotez pour…ʺ [rires] Non, non. Je dirais que l’essentiel de ce qu’on a à dire –on a de la chance, nous les chanteurs, parce qu’on passe beaucoup à la radio et à la télé – et l’essentiel de ce qu’on a à dire, c’est dans les chansons.