La chanson de ma vie : Il y a
Nos chansons ont une histoire, Vivacité, RTBF radio, 2 juin 2024 , 2 juin 2024
[Monique, fidèle auditrice de l'émission, a demandé à écouter "Il y a". Goldmanienne historique, elle évoque également Parler de Sa Vie durant son intervention.]
[Diffusion du début de "Il y a"]
Hugues Hamelynck : Et il y a, à Belœil, un château magnifique ; mais il y a surtout Monique. Bonjour Monique !
Monique : Bonjour.
Hugues Hamelynck : Comment allez-vous ?
Monique : Ça va très bien, merci. Et vous-même ?
Bruno Tummers : Vous ne vivez pas dans le château ?
Monique : Hé non, hélas !
Hugues Hamelynck : Quel dommage ! En tout cas, vous écoutez Vivacité, vous êtes une fidèle de l'émission, et vous avez souhaité écouter ce titre de Jean-Jacques Goldman. Vous venez de faire un heureux...
Bruno Tummers : Ah non mais j'adore cette chanson ! Je vous jure. C'est une chanson qui ne vieillit pas. Parfois, vous avez des artistes que vous adorez et puis, il y a des titres que vous ne savez plus entendre, genre Sardou, "En chantant" : quand il commence, on fait "Oh non !" Mais "Il y a", de Jean-Jacques Goldman, je peux l'écouter tous les jours, dix fois par jour, et je l'aime toujours autant.
Hugues Hamelynck : Eh bien Monique, merci pour ça, déjà, parce que je l'ai rarement vue dans cet état-là... Mais surtout, racontez-nous plutôt pourquoi vous, vous l'aimez. C'est peut-être les mêmes raisons que Bruno, évidemment.
Monique : Mais en fait, je connaissais déjà Jean-Jacques Goldman pour tous les hits qu'il avait eus. Et puis dans les années 90, j'ai découvert cet album qui était sorti quand même déjà en 87. Et j'ai justement trouvé que sur cet album, à côté de tous les hits qu'il y avait, il y avait aussi beaucoup de chansons plus intimes, plus en douceur et plus confidentielles aussi, comme "Doux" ou "Filles Faciles". Et bien sûr, "Il y a". Et ça m'a vraiment donné envie d'apprendre à connaître mieux l’œuvre de Jean-Jacques Goldman. Ça m'a poussée à faire des recherches sur Internet et finalement à chercher des informations, mais qui n'étaient pas people ou fan, mais plutôt dans les échanges, les partages. Et j'avais trouvé une page Internet où on parlait beaucoup de cette chanson, de sa discographie. J'ai participé à ce site pendant quelques années, en retranscrivant beaucoup d'interviews et d'émissions radio et télé. Et c'était vraiment un beau partage et ça allait dans la continuité de l'esprit, je trouvais, de Jean-Jacques Goldman aussi, de ce partage... C'est dans la chanson : il parle de l'appartenance et d'appartenir à ce groupe-là, qui cherchait juste à donner plein d'infos sur lui, de retranscrire toutes les informations qu'on pouvait trouver, autant au Canada qu'en France, en Suisse et autres.
Bruno Tummers : Et ce site dont vous nous parlez, Monique, ce site existe toujours ?
Monique : Il existe toujours, c'est "Parler de sa vie" mais il n'est pas très actif.
Bruno Tummers : Mais c'est quand même LE site de référence sur Jean-Jacques Goldman, où on retrouve plein de choses, les textes de chansons, les différents interprètes tout au long de sa carrière. C'est un site auquel les fans sont quand même très attachés.
Monique : Oui, c'est Jean-Michel Fontaine, qui est toujours un ami, qui l'avait créé. Et on a eu la chance de se regrouper, et c'est aussi ça un peu l'histoire. On s'est regroupés à son mariage, Jean-Michel. Évidemment, le DJ n'avait pas le choix, il fallait mettre des musiques de Jean-Jacques Goldman. La soirée dansante était fort axée Jean-Jacques Goldman, mais c'était un beau moment parce qu'on s'est retrouvés tous dans la même idée et dans la même envie de partager nos... Allez, c'est pas un amour, c'est juste une...
Bruno Tummers : De l'admiration ?
Monique : Une admiration et aussi, je pense, qu'on se retrouve tous dans quelques chansons de Jean-Jacques Goldman.
Hugues Hamelynck : Justement, moi je voulais y revenir. Vous avez choisi "Il y a". Il y en a des dizaines et des dizaines, des tubes de Jean-Jacques. Vous avez choisi celle-là. Alors, la force de Goldman, c'est toujours d'écrire des chansons qui permettent à tout le monde de raconter sa propre histoire au travers des textes. Du coup, vous vous entendez et vous comprenez quoi dans le texte de "Il y a" ?
Monique : Ah, moi, c'est vraiment l'appartenance et les racines qu'on peut avoir. Et j'ai ressenti de nouveau ça quand j'ai décidé, il y a quatre ans, de quitter Bruxelles pour venir à Belœil. Il y a une phrase dans le refrain où il dit "C'est là que tu te sens chez toi". Et c'est vraiment ce que je ressentais en l'écoutant, c'est "Je me sens enfin chez moi".
Hugues Hamelynck : Oui, il le dit, hein : "Et loin de tout, loin de moi, c'est là que tu te sens chez toi".
Monique : Voilà.
Hugues Hamelynck : "De là que tu pars, où tu reviens chaque fois, et où tout finira".
Bruno Tummers : C'est vrai que vous parlez de l'appartenance, qui est un des thèmes essentiels des chansons de Jean-Jacques Goldman, avec son pendant contraire qui est l'exil. Il y a beaucoup de thèmes sur l'exil dans l’œuvre de Goldman, notamment "Là-bas", qui figure aussi sur l'album "Entre gris clair et gris foncé". Et vous nous disiez que vous découvriez les chansons acoustiques de cet album. C'était vraiment un album en deux volets, qui était sorti en vinyle encore à l'époque. Il y avait le premier vinyle avec des chansons plutôt rock - et de mémoire, on y retrouve "Il changeait la vie", "C'est ta chance" etc. - et puis il y avait le deuxième vinyle avec toutes ces chansons acoustiques dont vous nous parliez.
Monique : Oui, oui, c'était vraiment ça et, je pense, dans tous ses albums, il y a toujours eu un peu deux parties parce qu'il y a eu aussi "Serre-moi fort" et toutes des chansons très douces par rapport aux chansons plus connues, qui passent moins à la radio mais qui, en fait, touchent tout autant quand on est vraiment dans l'écoute des textes.
Bruno Tummers : Et ce qui est dingue, c'est que Goldman avait été "assassiné" au début de sa carrière, où les journalistes disaient qu'il écrivait des textes niais pour les adolescentes en pâmoison. Et quand on est 30 ou même 40 années plus tard, on se rend compte de la force de ces textes qui n'ont pas bougé et qui touchent toujours une génération aujourd'hui, génération qui vit en 2024.
Monique : Oui, oui. Et bon, il y avait aussi, je trouve, quand on allait le voir en concert, un grand respect. Ce n'étaient pas des grands shows mais il y avait un énorme respect par rapport à son public. Le son était parfait, les musiques étaient parfaites. Et il y avait une communion entre le public et Jean-Jacques Goldman.
Bruno Tummers : Ah, c'est vrai que Goldman, c'est un artiste à part. Le simple fait, déjà, d'avoir mis sa carrière entre parenthèses alors qu'il était au sommet, prouve qu'il a beaucoup de caractère. Bon, ça ne vous a pas échappé, Monique, j'en suis certain - on en a pas mal parlé dans la presse, ces derniers jours - il y a une chanson que Jean-Jacques Goldman a écrite pour un projet scolaire résistant, suite à un courrier qu'une institutrice lui avait écrit sachant que son père avait été résistant à Vénissieux. Toute l'histoire autour de ce projet est magnifique parce que, de nouveau, il le fait en retrait, dans les coulisses, ne veut pas enregistrer ni commercialiser cette chanson, c'est une très très jolie histoire. Bon, on va écouter celle-ci, déjà, une parmi tant d'autres, grâce à vous, merci Monique. Voici "Il y a" et bon dimanche.
Monique : Merci bon dimanche à vous.
