Jean-Jacques Goldman 20 ans après - Épisode 5
La Story Nostalgie, Nostalgie Belgique, 30 juin 2023 , 30 juin 2023
[Fond musical : intro de "Sache que je"]
Plus les années passent depuis sa retraite, plus on prend la mesure que si Jean-Jacques Goldman a écrit le texte et la bande-son de notre existence, c'est parce qu'il la partage. Goldman, ce n'est pas Johnny Hallyday avec ses grandes villas et voitures de sport, l'été sur les plages privées de Saint-Tropez ou de Los Angeles.
[Fond musical : "Sister Jane"]
Début des années '80, alors qu'il a pourtant à son actif un tube de l'été quelques saisons plus tôt, c'est lui qui, le matin, ouvre le rideau métallique du magasin de sport qu'il tient dans la plus anonyme des communes de la région parisienne. Il ne vient pas de loin. À pied, quelques centaines de mètres le séparent de l'appartement où il s'est installé avec sa femme, épousée dès la fin du service militaire, et où ils élèvent déjà deux enfants. Durant la journée, il sert un peu les clients ; ce n'est pas trop son truc car il préfère gérer la compta et les fournisseurs. Le magasin marche fort bien. L'appartement est ainsi devenu une maison, un pavillon, ce qui permet à Jean-Jacques de s'aménager un bureau et un petit studio dans la cave.
[Fond musical : "Slow Me Again"]
Nous y voilà : la cave ! C'est son endroit préféré. Jean-jacques n'aime ni la foule, ni les grands espaces et encore moins l'été. C'est dans sa cave, à l'abri de la société et de cette vaste planète, qu'il écrit ses chansons et enregistre les maquettes. Bref, qu'il est vraiment heureux.
[Fond musical : "Slow Me Again"]
On le sait peu mais Jean-Jacques Goldman a un modèle : Michel Berger. Auteur, compositeur, arrangeur, producteur pour lui ou d'autres artistes, cela ne le dérange pas que France Gall ait beaucoup plus de succès que lui. Puis, son côté renfermé agit comme un reflet pour Jean-Jacques. D'ailleurs, lorsqu'un jour ils se croisent chez Warner, leur éditeur commun, même s'ils n'échangent que des banalités, le trouble est perceptible chez Goldman.
[Fond sonore : "C'est pas grave, papa"]
Les trois 45 tours solo qu'il sort dans les années '70, devraient marquer le début de sa carrière mais ils ne marchent pas.
[Fond sonore : "Il est rentré un soir...", "C'est pas grave, papa"]
À qui la faute ? On est en droit de se poser la question, tant on entend déjà bien tout ce qui fera l'énorme succès de Jean-Jacques Goldman dans les années '80.
[Fond sonore : "Mais c'est pas grave, papa...", "C'est pas grave, papa"]
Peut-être n'aurait-il pas dû laisser les arrangements à des professionnels de la variété.
[Fond musical : intro de "Back To The City Again"]
Et puis, il faut le savoir, cela n'a rien arrangé, il y a l'incompréhension voire l'hostilité de la promo chez Warner, qui ne lui pardonne pas d'avoir quitté Taï Phong, dans lequel il a été remplacé, vous le savez peut-être, par un certain Michael Jones. "Quoi ? Parce qu'il a chanté "Sister Jane", il se lance seul ? Comme ça ? Le prétentieux !" Alors, on ne se bouge pas trop et surtout, on le fait savoir en réunion. Comme ce jour où le directeur artistique annonce un nouveau single de Jean-Jacques Goldman, quand la chef promo s'exclame : "Encore un ? Mais arrête avec ce type, il ne fera jamais rien !"
[Fond musical : "Back to the city again...", "Back To The City Again"]
Ça vous fait sourire, hein ? Non, décidément, rien n'est écrit comme le laisserait croire ce qui nous arrive au fil des ans et nous amène un jour à nous dire, parfois, qu'on aurait pu (ou dû) faire autrement. Et de se dire que tout le monde devrait, à 20 ans, apprendre par cœur cette chanson de Jean-Jacques Goldman :
[Diffusion de "Des vies"]
