À propos de la chanson “Il me dit que je suis belle” pour Patricia Kaas
Nos chansons ont une histoire, Vivacité, RTBF radio, 30 avril 2023 , 30 avril 2023
[Diffusion du refrain de la chanson "Il me dit que je suis belle".]
André Torrent : 1993, cette chanson signée Sam Brewski.
Olivier Gilain : Oh ! Tiens, tiens, tiens, il est encore là, lui. Ah, je vous jure...
André Torrent : Mais qui est Sam ? Mais ce bon vieux Sam... Play it again, Sam ! Joue-moi encore cette chanson, Sam... Bon, on va parler de Sam Brewski, bien sûr, et de celui qui est derrière ce pseudo, bien sûr, mais aussi de la découverte de Patricia Kaas en 1984, c'étaient les Fêtes de la Bière à Francfort et elle a vraiment séduit, ce jour-là, par son talent, François Bernheim. Et pourtant, elle interprétait, à l'époque, le répertoire des autres et pas le sien.
Olivier Gilain : Oui...
André Torrent : Qui n'existait pas...
Olivier Gilain : Non. Tout ça, c'est... Mais depuis, il y a des choses à raconter. Ne bougez pas, on revient, d'ailleurs.
[Pause suivie de la diffusion du refrain de la chanson "Il me dit que je suis belle".]
André Torrent : Mais quelle belle histoire que celle de Patricia Kaas ! La chanson "Il me dit que je suis belle", c'était en 1993 mais la découverte de Patricia remonte à 1984, pratiquement dix ans plus tôt, aux Fêtes de la Bière à Francfort. François Bernheim avait fait le déplacement et il l'a trouvée tellement magnifique qu'il en a parlé à Elisabeth Depardieu, et finalement c'est elle qui a financé le premier titre de Patricia. Ça n'a pas été un énorme succès – la chanson s'appelait "Jalouse". Mais après, elle a rencontré Didier Barbelivien qui lui a écrit des chansons. Parce que lui aussi, il a craqué pour le talent de Patricia. Et après, elle a rencontré Jean-Jacques Goldman. Parce que, quand on voit la chanson "Il me dit que je suis belle", les textes sont de Sam Brewski.
Olivier Gilain : Oui, bof, hein...
André Torrent : Mais Sam Brewski, c'est qui ?
Olivier Gilain : Ah ben, c'est Jean-Jacques Goldman !
André Torrent : Bah, bien sûr, c'est Jean-Jacques Goldman !
Olivier Gilain : Évidemment, c'est Jean-Jacques Goldman !
André Torrent : Évidemment et c'est sous ce pseudo, eh oui, c'est sous ce pseudo aussi qu'il avait signé, pour Florent Pagny, "Si tu veux m'essayer". Et il l'avait expliqué après, bien après ; on lui disait “Pourquoi ? Pourquoi t'as pas.. ? T'avais honte d'avoir écrit ça ou quoi..? Qu'est-ce qui s'est passé ?” Mais il n'avait pas honte du tout de ce qu'il avait écrit. Simplement, il ne voulait pas phagocyter le succès encore embryonnaire, ou le succès d'artistes qui avaient besoin d'exister par eux-mêmes et surtout pas à travers Jean-Jacques Goldman. Parce que Jean-Jacques Goldman est quand même le seul chanteur, à ma connaissance, qui a envoyé une lettre très gentille – mais c'était une lettre par recommandé, quand même, et avec accusé de réception... – à tous les rédacteurs en chef des hebdos en France, en disant qu'il ne voulait pas être en couverture de leur magazine, hein ! Donc c'est...
[Rire d’Olivier Gilain.]
André Torrent : Mais non, mais c'est quand même... C'est un personnage. Peut-être que c'est pour ça, alors qu'il ne fait plus rien depuis vingt ans – enfin, il n'est plus sur scène et il n'a pas envie de remonter sur scène, hein, Jean-Jacques Goldman...
Olivier Gilain : Il ne s'y sentait pas spécialement bien, d'ailleurs. C'était pas son...
André Torrent : Non. Et puis bon, quand on voit le look qu'il avait au moment où il avait le plus de fans et aujourd'hui, bon ben, le talent est toujours là mais je comprends qu'il n'ait plus très envie de faire de la scène et qu'il s'occupe de sa famille. Et puis, il a toujours eu envie d'une vie discrète. Et donc voilà. Mais enfin, il est quand même, il est encore le personnage pratiquement préféré des Français, alors qu'il n'est plus sur le devant de la scène. Comme quoi, quelquefois, il faut laisser un bon souvenir. C'est un petit peu ma devise, moi : qu'est-ce que j'ai dans la vie de plus important ? Laisser un bon souvenir !
Olivier Gilain : Ah ouais, ça suffit.
André Torrent : C'est déjà beaucoup.
Olivier Gilain : Oui, c'est déjà pas mal, effectivement.
André Torrent : Et en tous cas, Patricia, avec cette chanson, nous laisse un souvenir magnifique. Avec le clip également, tourné sur une plage de Floride ou des Bahamas. Elle est drôlement sexy dans ce clip. Ça commence avec un garçon très séduisant aussi, parce qu'il fallait aussi, pour illustrer le clip...
Olivier Gilain : Ah ! Il faut être raccord ! Il faut être raccord ! Ah, ben oui !
André Torrent : Alors, il y a quand même deux garçons qui sont aussi très séduisants. Il y en a un qui lit un livre en anglais. Alors, on ne peut pas trop lire ce qu'il lit, on ne sait pas quel est le bouquin en question mais on voit le nom, dans le texte, de Grace Kelly. “Elle ressemble à Grace Kelly” et “Elle a un côté Marilyn Monroe”. C'est tout ce qu'on arrive à lire sur le début du clip et je ne sais pas si c'est un vrai livre ou si c'est un livre qui a été, comme ça, formaté pour le tournage du clip. Voilà. On ne sait pas. Mais il y a des choses comme ça, qu'il vaut peut-être mieux ne pas savoir... Patricia Kaas !
Olivier Gilain : Oui, la voici avec "Il me dit que je suis belle". Et permettez-moi cette petite allusion mais rapide, comme ça : quand la musique est bonne, quand même...
André Torrent : Ha, ha, ha !
[Diffusion intégrale de "Il me dit que je suis belle".]
[image 2023-03-19-Torrent-Gilain-838x558] crédit RTBF Vivacité sur leur site web