En pointillé : Jean-Jacques Goldman

En pointillé : Jean-Jacques Goldman

Le Soir Mag en ligne, 7 octobre 2021 , 7 octobre 2021

Il fêtera ses 70 ans ce 11 octobre. Au fil des années, il s’est imposé comme le patron de la chanson française. Mais c’est aussi un homme secret, qui cultive sa part d’ombre.

  1. Personne ne voulait de lui

Chez Barclay, sa première maison de disques, personne ne voulait de lui. Voix “trop aiguë”, absence de charisme, on préférait miser sur un petit jeune jugé nettement plus prometteur, un certain Balavoine. D’ailleurs, l’histoire veut qu’en découvrant l’une de ses cassettes, le responsable de l’époque l’ait jetée à la poubelle en hurlant : “C’est de la merde !”

  1. Il ne souhaitait pas chanter

Chanter, cela n’a jamais été son truc. Ce n’est que parce que, à ses débuts, personne ne voulait interpréter ses chansons qu’il s’est finalement résigné à passer derrière le micro, mais à contrecoeur.

  1. Le drame derrière sa légendaire discrétion

Jean-Jacques Goldman n’est autre que le demi-frère de Pierre Goldman. Un personnage radicalisé et plus que sulfureux qui, en 1976, sera accusé du meurtre de deux pharmaciennes. La famille se convainc de son innocence et fait bloc derrière lui, tandis que l’intelligentsia se mobilise pour sa cause. Sans être innocenté, l’homme sera finalement condamné à une peine absurdement légère, avant de faire l’objet d’un obscur règlement de comptes et d’être abattu d’une balle en plein cœur à quelques mètres de son domicile parisien. Un sujet qui reste tabou aujourd’hui encore.

  1. Son cadeau aux Restos du coeur

En 1985, à l’époque de la création des Restos du cœur, Coluche a besoin d’un hymne fédérateur. Il demande à son pote Balavoine de lui en écrire un mais ce dernier meurt dans un accident d’hélicoptère. Acculé, Coluche se tourne vers Goldman. Ce dernier lui écrit en trois jours une chanson qui, quarante ans après, reste sur toutes les lèvres. Un an plus tard, Coluche s’en va à son tour et Goldman reprend le flambeau. Il restera le “patron” des Enfoirés jusqu’en 2015.

  1. Il gagne deux millions par an, sans rien faire

C’est un excellent homme d’affaires qui, avec l’aide de son frère Robert, a réussi à imposer aux maisons de disques une marge largement supérieure à celle qui se pratique habituellement, jusqu’à 30 % contre 7 à 8 % pour la plupart des autres auteurs, compositeurs et interprètes. C’est ce qui explique que, bon an mal an, la Sacem lui verse près de deux millions d’euros par an. Lesquels s’ajoutent au pactole engrangé par la vente de ses différents albums, écoulés à près de 30 millions d’exemplaires, ainsi qu’aux revenus de son patrimoine immobilier estimé considérable.

  1. Sa femme est une grosse tête

Nathalie Thu Huong-Lagier a longtemps été fan de Goldman avant de devenir, en dépit des trente et quelques années qui les séparent, sa femme et la mère de trois de ses six enfants : Maya, Kimi et Rose. Elle est agrégée de mathématiques pures. Le couple a vécu un temps à Londres mais, à la suite de la crise sanitaire, il semble qu’il soit revenu s’installer à Marseille où il habitait à l’origine.

  1. Il n’en peut plus d’être adulé

Le dernier album sorti sous son nom date de 2001 et pourtant, il continue à occuper une place à part dans le cœur des Français. À de très nombreuses reprises, il a été élu leur “personnalité préférée”. Cela l’exaspère et il aurait demandé à ne plus figurer sur la liste.

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Infos pratiques
  • Auteur : Francesca Caseri
  • Retranscription : Luc Andries
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