40 ans de Jean-Jacques Goldman - Épisode 4

40 ans de Jean-Jacques Goldman - Épisode 4

La Story Nostalgie, Nostalgie Belgique, 2 septembre 2021 , 2 septembre 2021

[Fond sonore : "Pas l’indifférence"]

Quand il regarde sa carrière rétrospectivement, Jean-Jacques Goldman se considère comme un artiste privilégié. Oui, malgré cinq années de tentatives infructueuses de singles en solo, puis de mauvaises critiques dans la presse écrite quand les hits arrivent enfin, l’artiste préféré des Français estime n’avoir jamais ramé. Un hit dès le premier album avec son groupe Taï Phong dans les années septante, puis le succès dès le premier album solo en 1981. Vu comme ça…

[Fond sonore : "Sister Jane"]

Oui, cette année-là, alors qu’il a raccroché du métier de chanteur, Jean-Jacques rencontre Marc Lumbroso, un jeune agent qui lui propose de placer ses chansons – dont personne ne veut, il est vrai.

[Fond sonore : "C'est pas grave papa"]

N’empêche, Goldman a raison : quand ça doit passer, ça passe.. Ainsi, sa firme de disques Epic lui demande pourquoi il ne les interprète pas lui-même si personne n’en veut. Et voilà Jean-Jacques, à son grand étonnement, en train d’enregistrer un album qui s’intitulera… "Démodé".

[Fond sonore : "A l'envers"]

— Pourquoi "Démodé" ?

— Ben, parce que ma musique est démodée. Vous avez entendu les Orchestral Manœuvres, les Depeche Mode ?

— Ouais, n’empêche, tu ne peux pas espérer fonctionner avec un titre pareil. Non, on va l’appeler par ton nom. Ah et à propos : faudra en changer, hein ! Jean-Jacques Goldman, ça n’ira jamais, c’est pas un nom de vedette.

— Peut-être mais c’est mon nom, hein, et j’en changerai pas, même pour vendre des disques !

On le voit, si Goldman, du haut de ses 29 ans, sait dire non, il ne se braque pas pour autant sur les conseils qu’on lui donne. C’est un artiste qui sait travailler en équipe. Il connaît, de par ses études, le mécanisme d’une entreprise. Ainsi, il a compris que si son disque sort, il ne sera pas nécessairement une priorité. On va d’abord pousser un Patrick Coutin qui a déjà un tube sur son album.

[Fond sonore : "Il suffira d’un signe"]

Et quand Goldman entend sa chanson "Il suffira d’un signe" raccourcie de deux minutes pour le 45 tours, il se dit que le directeur artistique a mille fois raison. Ce n’est plus la même chanson ! Comment n’en a-t-il pas eu l’idée en l’enregistrant ? Du coup, devant ce gars aussi positif, l’attaché de presse fait du zèle et place le single sur une grande radio périphérique – qui le trouve plutôt pas mal – et surtout auprès d’une kyrielle de radios libres qui poussent de partout et cherchent de nouvelles voix.

Voilà comment un disque que personne n’attendait part en vrille et comment Jean-Jacques se retrouve sans crier gare sur le plateau de Champs-Élysées, annoncé par Michel Drucker, là où tout commence.

— Et voici Jean-Jacques Goldman ! annonce-t-il.

Mais la bande ne démarre pas… Michel doit recommencer son annonce. Serait-ce un signe ? Mais non, Jean-Jacques est lancé… Tellement que chaque titre de son album va devenir un classique que le public reprendra plus tard à chaque concert.

[Diffusion de la chanson "Le rapt"]

crédit Alexis Vassilière, Nostalgie Belgique

Infos pratiques
  • Retranscription : Luc Andries
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