Télé 7 jours Magazine
, 5 au 11 décembre 1998
Il y a un an, à la sortie de l'album « D'eux », vous disiez : « on ne peut pas faire mieux ». Pourtant vous avez réédité l'expérience avec Jean-Jacques Goldman ?
L'idée n'était pas de faire mieux, de sortir un « D'eux » bis. On ne peut pas reproduire une première émotion, un premier baiser, une première expérience. Ma mère, qui a eu quatorze enfants, n'a jamais cherché qui de nous était le plus doué, le plus intelligent. « D'eux » est un souvenir unique et « S'il suffisait d'aimer », un autre moment qui m'a permis de vivre de très belles heures avec Jean-Jacques Goldman.
Est-ce celui qui traduit le mieux vos émotions ?
J'ai travaillé aux USA avec plusieurs auteurs proches de moi. En France, Jean-Jacques Goldman, en composant un album de A à Z, peut décliner toutes mes émotions. Je n'écris pas mes chansons. J'ai de la chance de disposer d'un instrument : ma voix. Mais j'ai besoin d'aide.
« On ne change pas », « Une petite fille ingrate et solitaire marche et rêve dans les neiges ». Est-ce vous ?
C'est moi bien sûr. Jean-Jacques me connaît bien. Quand il m'écrit un texte, je me retrouve. Parfois, cela m'émeut. Notamment cette chanson qui parle de l'enfance et de l'adolescence, la période la plus douloureuse pour moi. Je détestais l'école. La petite fille « maigre et inquiète » que j'étais est toujours en moi.