Balavoine

Balavoine

Albin Michel , 1995 (réf. ISBN 2-226-08181-X)

Extraits choisis. Jean-Jacques Goldman parle de son copain Daniel Balavoine.

page 17 : "En 70-71, j'avais un groupe qui s'appelait Phalanstère. Daniel était dans Présence. Nous étions managés par le même négrier. Il existait un catalogue où les organisateurs de spectacles trouvaient un groupe vedette, qui était Présence, et un groupe nouveau, Phalanstère. On se croisait dans des festivals de rock. Présence essayait de sortir du rang en faisant un répertoire personnel. C'était un peu un groupe phare qu'on respectait. Daniel, même à dix-huit ou dix-neuf ans, était déjà une vedette. Il avait du charisme, on savait déjà que c'était un bon. On sentait que c'était un type qui avait de l'appétit, qui a toujours cru en lui, un gagneur, un Rastignac !"

page 47 : "A l'époque [1978] , je vendais des après-skis dans mon magasin de Montrouge. Je ne m'intéressais pas trop au texte. Je trouvais que c'était un mec qui avait une rock'n'roll attitude, comme Berger. Je voulais écrire des chansons dans cet esprit-là. Je me sentais de cette famille".

page 48 : [RTL, 16 janvier 1986] : "Il a tout de suite eu un ton à lui et dans cette chanson [Le Chanteur], on trouve tout son côté battant et ambitieux, ce sens de l'humour et cette distance. A quel point qu'il est capable de se moquer de lui-même, sans y croire, tout en y croyant quand même !"

page 108 : "C'est à Wembley qu'on est devenus vraiment potes. On a vécu trois jours ensemble. Puis on s'est revus à la rentrée pour chanter en duo "Je marche seul" au concert sans public des Chanteurs Sans Frontières à la Courneuve".

page 119 : "Ce qui est sûr, c'est que tout ce qu'a fait Daniel restera. C'est une certitude. Mais ça nous fait une belle jambe. Parce que ce qui va nous manquer, c'est lui. Je l'ai appris ce matin, mais je n'y crois pas. Il a pas une tête de mort. Je n'arrive pas à l'imaginer mort". (…) "Pour qu'on continue à se faire encore plus mal, je pense au potentiel de Daniel, qui était énorme. C'est-à-dire que l'histoire la plus importante de sa vie, elle était, malheureusement, à vivre encore. Il avait des projets extrêmement ambitieux, c'était un des chanteurs qui avait le plus l'envie et les capacités de réussir des choses que personne n'avait encore réussies".

page 122 : "Il ne voulait pas avoir du pouvoir pour toutes les mauvaises raisons puisqu'il avait tout : l'argent, les places dans les restaurants et les filles. Il voulait du pouvoir parce qu'il pensait être capable de changer les choses. Je me dis que finalement, tout ce qu'il a dit avant a pris encore plus d'ampleur parce que les gens ont vu qu'il l'avait signé de sa vie, d'une certaine manière. La façon dont il est mort a été la preuve que tout ce qu'il disait était honnête. Qu'il le pensait et le vivait. C'était un type fondamentalement pur".

Infos pratiques
  • Auteur : Gilles Verlant
  • Retranscription : Philippe Calvet
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