Un petit signe de Jean-Jacques Goldman
Girl Magazine , 1983
La chanson française a repris du punch et les talents fleurissent fort depuis deux ou trois ans. Parmi les jeunes loups, on trouve Jean-Jacques Goldman, un monsieur qui s'est fait les dents en tant que chanteur du groupe Taï-Phong.
Quand as-tu joué tes premières notes ?
J'ai commencé très jeune, sans vraiment aimer cela et puis un jour, après dix années de piano et de violon classiques, j'ai eu une sorte de révélation en écoutant Aretha Franklin. J'ai alors acheté une guitare et commencé à gratter les cordes.
Que jouais-tu à cette époque ?
J'ai commencé par le folk, puis le blues et, le temps passant, les cordes se faisant chatouiller plus facilement, je me suis mis au rock. Le chemin classique, on s'est ensuite réuni pour jouer entre copains, on faisait des petits concerts, des bals, etc...
Bons ou mauvais souvenirs ?
Moyens. La nostalgie aidant, ce sera un bon souvenir peut-être. Mais les galères et les ambiances « Kronenbourg » m'ont un peu dégoûté de la vie de groupe.
Avant Taï-Phong, quelques années ont passé...
Oui, j'ai fait l'EDHEC (Ecole Des Hautes Etudes Commerciales), d'une part, et, d'autre part, je continuais à faire des bals et des discothèques pour gagner un peu d'argent. Taï-Phong s'est formé à la fin de mes études et ce n'est qu'après un an de travail que le premier disque a vu le jour.
Malgré trois albums et plusieurs simples dont "Sister Jane", tu as quitté le groupe. Quelles furent les raisons de ton départ ?
Disons que tout le monde désirais plus ou moins arrêter et puis le groupe voulait tourner. Comme cela ne m'intéressait pas, j'ai décidé de m'en aller.
As-tu repris tout de suite ton activité musicale ?
Oui, presque immédiatement. J'ai beaucoup travaillé et deux 45 tours sont sortis chez WEA. Pour le disque, parfait ; pour la promotion, nada. Alors pour le nouveau disque, je suis chez CBS.
A propos de ton album, comment as-tu conçu les paroles ?
Oh, très simplement. Disons que j'ai fait mes chansons comme un peintre ferait ses tableaux. C'est une histoire, un moment, une ambiance...
Et pour le son ?
Le son est l'œuvre de Patrice Tison pour moitié, la mienne pour le reste.
J'ai l'impression que tu as une vue assez personnelle du métier de chanteur. Est-ce vrai ?
Oui, peut-être. Je fais les maquettes, j'enregistre seul et une fois le disque sorti, j'aimerais ne plus rien avoir à faire, être tranquille.
Que souhaites-tu pour l'avenir ?
Que tout aille bien.
Et pour que tout aille bien ?
« Il suffira d'un rien »...